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vendredi 3 avril 2020

La page 161b Voyage, voyages



Quatre textes écrits à partir d'une relaxation 
"voyage dans l'imaginaire" en mp3
deux, sur autres sujets


Tout d’abord, le point de départ. Puis ....
                   De là où j’habite
                   Je donnerais cher
                   Le prix d’un voyage en Chine
en avion oui (oh oh, mauvais pour la planète ça Mémé),
Ou jusqu’en Égypte en bateau, jusqu’au Nil pour retourner dans la campagne de mes 
quatr’ou dix ans ....... j’en rêvais viRus l’a fait.

Cueillir un bouquet de fleurs des champs au milieu du béton dans un jardin des villes où d’ordinaire le vrombissement de la tondeuse électrique les massacre net dans l’élan de leur jeune vie.
                   Pourquoi dis moi pour
                   Quoi ?
Je sens que je vais faire Amie-Amie avec ce gros méchant petit tout petit petit vil (Ain) Rus ...
Un point de départ,
imaginaire réel et virtuel tour à tour, ressemblant fichtrement au point de non retour pour beaucoup ..... et
Le jardin de mes quatre ans.
La vieille porte rouillée 
mystérieusement 
grince
À pas de velours, légèrement courbée l’œil aux aguets de tous côtés, la petite fille dans sa robe blanche d’un dimanche pascal avance tout doucement. 
Qui peut donc se cacher dans le massif des roses ourlées d’orange ?
Ce jardin si petit
Immense autant que le Père 
Si plein d’inconnu effrayant
Est le jardin abandonné 
Depuis huit ans, c’est bien la première année ......


Françoise Fin mars 2020




Au jardin des Essentiels



Corps lourd et chemin du vide
Chemin du plein qui s’en va
D’un au-delà qui s’ouvre
Chemin d’une voix qui me guide
Lente et tranquille,
 Qui conduit jusqu’à l’étrange porte de pierre.
Arche lourde au détour du chemin,
Obstacle de vie, entouré de prometteuse quiétude.

Quand je la franchis :
Devant moi, une ronde dalle.
D’un granit blond, lisse, chaud comme une chair
Où se tient une mère et sensible
Et emplie de douceurs
Qui porte en ses bras un enfant, nouveau-né :
Une merveille d’innocence, mystère de silence.
Image de l’incréé, du naissant.
Libre de l’existence, de toute condition.
Et il tête l’enfant au sein de sa mère
Et n’a besoin de rien.
Il vit -sans manque- au téton de sa mère.
Il rayonne cette paix où il se trouve
Transpire la Vie, lumière qui l’habite.
Le jardin y nourrit sa profusion,
Y enracine sa croissance.

Non loin, cet homme, humble jardinier
Qui m’offre des mots où écrire à jamais ma vision.
Qui m’indique, aussi, où creuser la terre,
Où poser ma graine d’émeraude :
Nouvelle semence, amorce de vie nouvelle.

Et la fleur d’émeraude grandit
Au milieu de milliers d’essences diverses, 
Au jardin -écrin, au jardin de la Vie.
Bouture, Bouture où enraciner un nouveau départ
Oh ! jardin d’une enfance retrouvée,
D’une réalité soudain, nouvelle vive.

Plantes et allées sont ici, toutes en ordre
Et pourtant n’ont rien de figé,
Eprises et pleines de souplesse.
Qu’y a-t-il donc encore à craindre ? 
La peur n’est réservée qu’aux apparences :
Ici l’agneau embrasse le tigre,
Ici le Blanc et le Noir sont unis
Ici se riment d’eux-mêmes, les contraires,
Ils se croisent sans se détruire :
Et même la vie et même la mort
Qui trouvent à être,
Qui trouvent paisible à grandir.

J’ai mis en terre ce qui devait l’Etre,
Ma quête peut aller plus loin, repartir.
J’emporte avec moi ce relent d’ailleurs,
Cette instant d’Eternel. Et je sais
Que m’importent les circonstances,
L’essentiel est toujours possible !

         Serge De La Torre 

















Voyage intérieur



Je me suis calée dans mon fauteuil, les jambes légèrement surélevées, le plaid sur les genoux. J'ai fermé les yeux. Douces sont la voix et la musique accompagnant le relâchement du corps. Un tututut, tututut aigu et monocorde, trille d'oiseau chanteur, traverse la fenêtre. Les vitres vibrent au passage d'un engin agricole ou de chantier dans la rue. Le grésillement du support s'oublie dans le décor du paysage sonore.

Ici tout est calme.
Rumeurs du monde en sourdine,
parenthèse heureuse.

Est-il indécent de savourer des instants de plénitude en ces temps confinés ? Dans cet exercice, j'ai quelques années d'avance. Non seulement ce n'est pas incongru, mais je sais combien ils sont nécessaires et salvateurs. Le téléphone a sonné. Je l'avais oublié à côté de moi. J'ouvre les yeux sans hâte. Qui est-ce ? L'appel peut attendre et d'un geste je balaie doucement l'écran pour le différer. Quelques secondes et je retourne à la légèreté.

Cueillir une fleur,
en respirer son parfum.
Rêver son odeur ?

J'ai franchi la porte vers mon voyage intérieur. Elle m'emmène dans nulle part. Aucune image. Le chat feule sans écho dans la pièce d'à côté. Au pied du piano la chienne rythme son sommeil d'une respiration régulière. Pendant quelques secondes elle émet des drôles de petits gloussements. Rêve-t-elle dans son jardin intérieur ?

Aucune évasion
vers un avant, un après.
Je suis dans l'instant.




















Voyage au jardin de la découverte


Le paysage s’offre à la découverte, tout est invitation à la curiosité.

L’enfant de l’intérieur se réveille et ouvre grands les yeux. Il y a tant de choses à ne pas manquer de découvrir. Les formes, les couleurs sont autant d’appels au voyage.

Bonheur de mes pieds qui foulent une herbe tellement enthousiaste que mon esprit se met à gazouiller, le poids a disparu, c’est mon âme qui chante. Je ne marche plus, je vole au-dessus de l’allée, car au loin, la porte d’un jardin m’appelle. Quand je la touche, je perçois la fraîcheur de ses volutes de fer forgé parcourues de lierre sous mes mains. Elle est vivante. Je comprends son invitation à pénétrer le domaine dont elle garde l’issue.

À peine un frémissement de sève accompagne son ouverture, une liane vient alors fouetter mon visage, et je crois entendre des rires. Je comprends que cette pluie de notes cristallines un peu moqueuses me souhaite la bienvenue. Loin de s’en offusquer mon cœur en ressent de la  joie, et mon rire accompagne les rires, et ma joie accompagne la joie. Ce monde est vrai qui ne se prend pas au sérieux.

J’entre. Quel fouillis, quel foisonnement de formes et de couleurs !  Ce délire végétal est une symphonie sans autre chef d’orchestre qu’une liberté sans limites. Et pourtant, s’exprime ici un équilibre, une harmonie qu’aucun autre jardin, fut-il le plus british, ne pourrait égaler.

Comme je me sens bien dans cette folie confinant au génie, j’ai l’impression d’abandonner cette vieille peau humaine incapable d’une telle dilatation.
C’est alors qu’un drôle de personnage à l’aspect fluctuant, tenant à la fois de la vague en mouvement, du Gin et de Jérémy Criquet, s’approche de moi, me tend une motte de terre coiffée d’une sorte d’espoir vert sans forme, et par une pantomime burlesque, m’invite à la planter. Décidément, ici, rien n’est comme dans le monde d’où je viens, tout est à la fois déroutant et fascinant.

Un peu dubitative, je prends la chose entre mes mains. Le personnage m’explique alors, par un chant rauque ponctué de clics et de sons très aigus, qu’elle deviendra ce que j’ai envie qu’elle devienne, si je décide de la planter ici.
Je comprends à présent la raison ou la déraison de l’aspect du jardin. Je comprends que la chose sera, sous la forme d’un végétal, la représentation symbolique de quelque chose qui me tient à cœur.
Son chant terminé, le personnage s’est éloigné afin de me laisser le temps de réfléchir.

En communion avec cette expression indistincte, susceptible de se transformer en une de mes envies, qui frémissait d’impatience entre mes mains, je lui ai confié mon souhait, mon désir qu’elle fut arbre, puis je l’ai plantée.
Et mon arbre a poussé, et mon arbre a fleuri en des centaines de bouches parfumées venues me délivrer un message  :

« Au jardin de ton âme pousse un arbre de lumière, ne l’oublie pas. Il est en toi, grimpe dans ses branches, comme tu le faisais enfant dans les pommiers. Assieds-toi sur une branche, observe, écoute, et dit à ceux qui passent la beauté de sa lumière, car en chaque être pousse un arbre où leur âme se perche et attend. »















Deux autres sujets d'inspiration :





(en écoutant DreamTeam d’Abdullah Ibrahim)


Promesses de l’aube 




Aube naissante
bonne marraine du point du jour –
caresse ensoleillée

L’aube riche de tant d’espoir, naît chaque jour porteuse de cadeaux, comme une bonne fée marraine penchée sur le berceau de l’enfant. Elle est grâce, sourire, projet, tendresse, voyage, lumière aussi. Elle est tout cela et bien plus encore. Elle est la joie qui s’épanouit au petit matin de nos parcours.
Voile sombre
en brumes maléfiques –
ennemi invisible

Mais voici qu’elle doit se faire force et violence pour repousser quelques sorcières, celle du vent avec ses tempêtes et ses ouragans, celle du temps avec ses nuages et ses flots de larmes, celle de l’obscurité avec ses brumes et ses brouillards…

Baguette magique
d’un renouveau quotidien -
rayons d’espoir

L’aube, riche de sa douceur et de sa candeur s’affronte à l’humeur du jour, tentant de déposer ses présents dans la corbeille de nos vies qui n’ont qu’un désir, celui d’accueillir sa chaleur à bras ouverts.

Avancer pas à pas
au rythme de son métronome -
les heures s’égrainent

La journée a pris sa lancée. Dans sa vague d’habitudes, chaque instant est unique. Elle vogue sur le sillon mouvementé de sa courte existence, vingt-quatre heures sont si vite écoulées.

Dernières ardeurs
avant le voile nocturne –
extinction des feux

Déjà la nuit chasse la lumière, l’aube parait bien lointaine. Qu’avons-nous perçu de ses présents ? Espoir et doute s’affrontent et se métamorphosent. Rêves ou cauchemars s’entremêlent, grand ménage de nos esprits assoupis. En filigrane, virgule ou apostrophe, juste un croissant de lune…
Aux antipodes, le soleil brille toujours. Demain il nous enverra ses rayons pareils et différents.
L’aube s’espère
 généreuse offrande des jours
tendue vers l’ailleurs

Lent cheminement de l’avenir quand les ruisseaux de nos vies, en un fleuve majestueux, se perdront dans l’immensité de l’océan…










D'après Henri Gaston Darien ( Peintre français, 1864-1926)
« Enfants au jardin contemplant le tableau du père)



Retour dans le passé...


J'ai tout le temps
Le temps de me laisser aller
Aller dans le passé
Hier, l'enfance bienheureuse
Heureuse de cette insouciance
Insouciance du jeune animal...

Pousser la barrière
 simplement par la pensée
 Un jour à ombrelle

L'heure est à la framboise
Père à son chevalet
Peint un morceau du jardin
Ses rosiers, « cuisse de Nymphe émue »
Coeur dragée et bord de lait
Je m'en rappelle le nom poétique...

Fruits oubliés
 un arrêt sur image 
Fascination

Pinceaux et tubes de couleurs
Autant qu'on contient ce lieu
L'été est le premier artiste peintre
Père n'en est qu'un copiste,
 Mais, au retour de l'automne
Nous avons de la gelée au pot
Et de la cuisse de Nymphe émue au mur....








5 commentaires:

  1. Bonsoir L'Herbier… Avec l'arrêt de la vie en ces moments pénibles que nous vivons tous, confinés chez soi, plus de vie sociale stressante, à courir du matin au soir, rendement et cadence obligent, un abandon est bienvenu, à chacun son jardin intérieur… merci les brins et bravo… JB

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  2. merci Adamante, merci les brins d'être là et merci pour tous ces voyages autour de votre chambre ou de votre salon.

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  3. J'ai adoré retrouver les textes que j'ai déjà lus, et découvrir ceux qui me restent à lire.
    Merci à tous pour ces moments partagés.
    Passe une douce journée. Bises.

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  4. De voyage en jardin, quelques escapades en partage,des instants de sérénité qui embellissent la période actuelle... J'ai lu avec plaisir et vous en remercie.

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  5. Bonjour Adamante ainsi qu'à tous les brins,

    Quelle merveilleuse page. C'est zen à souhait. Les mots, les idées, les images.... merci pour ce régal
    Amitiés

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Merci de vos commentaires, ici et sur nos blogs respectifs. Adamante