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dimanche 18 octobre 2026

Page 263 LA ROUILLE

 Photo de Adamante de Belle Ile en mer, représentant un reste d'épave rouillée face à la mer, sur une plage déserte

"Mille amitiés à tous les brins." de la part de Marine qui ne peut être avec nous pour le moment. Une pensée amicale pour Elle. Tu nous manques, Chère Marine. 


Rempart ajouré

 

Un reste d'aventurier des mers
Sans capitaine, sans nom, agonise, avec lenteur,
Un Titanic, à ciel ouvert,
Sapé de rouille
Un drap de sable, pour linceul,
Adossé sur coussins de pierre
Tel un rempart ajouré
Fenêtres avec vue
Marée haute, marée basse
Sous cieux pâles ou foncés
Et le cri des oiseaux marins
Qui couvrent ses pauvres soupirs
Le bruit du vent, des vagues, complices.

L'homme et la mer, non
La mer et l'homme
Elle le porte sur ses flots
L'emporte, au fond, parfois,
Oublié
Sauf de la veuve...

 

Il n'en reste 
Qu'un rempart ajouré
Et j'imagine ses pêches miraculeuses,
Les jours de paie,
La douce ivresse au port
En parlant haut et fort de la prochaine...


Objet inanimé, avez-vous donc une âme !?

Etre un beau jour
et n'être plus rien un autre
Nos mêmes destins


☯☯☯


Les sentinelles

Jadis j'ai vogué sur les flots, vigies au mat de Misaine guettant les écueils et les ennemis ou une terre au milieu de nulle part. J'ai eu ma part de modernité avant de ne plus tenir face aux navires usine. J'ai navigué vaille que vaille jusqu'à l'âge bien trop avancé du capitaine. Nul n'aurait voulu me reprendre. Est-ce pour cela qu'il m'a échoué sur un récif ? Si près de la côte que nu ne sait s'il s'en est sorti vivant ou s'il a péri. Si près que les basses mers des grandes marées me découvrent tel une rangée de guetteurs des temps mauvais,

rongé par la rouille
je me suis fait sentinelles
des rives océanes.

Avançant à petits pas
la mer monte, inexorable.

©Jeanne Fadosi, dimanche 11 octobre 2026

 

         ☯ Pastille musicale : Adieu cher camarade par Marc Ogeret, ☯

 Chants de marins, 1996 


☯☯☯


Dernier au revoir :

 

Du vent et le fracas des vagues,

entre sable et mer

le navire s’échoue sur la plage.

exposé en secret d’épave,

son épitaphe de rouille,

vestige d’un ultime voyage.

 

 

ABC



☯☯☯


Bord de mer

Le fer sur le quai
Un vieux port dort sous le sable
Île dans la brume


Mona

 

☯☯☯

 

 Une épave humaine sur la plage

  
   Je suis le squelette hagard et rouillé d’un vieux chalutier qui se dévoile à marée basse aux marcheurs de la plage. Ma carcasse, rongée par le sel et le temps, s’enfonce doucement dans le sable humide. Les vagues ont arraché mes flancs, et le vent s’est engouffré dans ma coque comme un dernier soupir de nostalgie. 
   J’offre aux promeneurs un contraste saisissant avec le ciel bleu-gris et la douceur de la mer qui se dessinent à travers mes membrures. J’ai pourtant tant bourlingué, ma proue hardie dressée contre tous les temps. À présent, seuls quelques goélands et mouettes rient à tue-tête, indifférents à mon histoire de géant déchu, puis se posent sur ma carcasse.
   Aussi, ai-je le vif sentiment d’être abandonné.

Fer rouillé sur grève
la mer me lèche en vieux débris
sous un ciel tout pâle
le temps efface mes traces
le vent garde le silence


Claudie Caratini  (laissez vos commentaires sur cette page)


☯☯☯


 Debout contre la mer
 
Sur la plage l’épave ne se contente plus de survivre : 
Elle proteste.  
Elle dresse ses arêtes rouillées tel un étendard contre l’océan qui la ronge 
Mais aussi contre tout ce qui ronge le monde. 
Elle est là 
Cabossée
Trouée  
Mais debout 
Et dans cette posture il y a un refus. 
Un refus de céder
Un refus de disparaître sans témoigner.

Le vent passe dans ses cavités tel un souffle de colère.  
On dirait qu’il porte les voix de ceux qui alertent
Qui veillent
Qui refusent l’indifférence. 
La mer quant à elle continue son travail patient 
Mais l’épave oppose son inertie
Sa lenteur
Sa résistance. 
Elle dit : 
《 Je ne suis pas morte. 》
Elle dit : 
《 Regardez ce que vous laissez faire. 》
Elle dit : 
《 Le monde ne s’effondrera pas sans que nous ayons lutté.》

Je la regarde comme on regarde une barricade.  
Une barricade étrange
Faite de métal et de sel 
Mais qui porte en elle la même énergie
Celle de ceux qui se dressent
Même seuls
Même tard
Même usés.  
Et soudain cette ruine devient un symbole.  
Un rappel que l’écologie n’est pas une douceur mais une bataille.  
Une bataille où chaque geste compte 
Où chaque résistance même rouillée 
A sa place.

   Je suis la preuve 
   que céder est un choix 
   et que résister en est un autre.
    

☯☯☯

 


De silence et de rouille 


Échouée là sur une grève blonde
Où respire l'océan à l'écume vaporeuse 
Sur chaque battement sauvage ou étale
Elle s'impatiente 
Du silence des hommes 
De l'oubli qui la ronge
Où la rouille peu à peu 
Comme un être dévorant 
La détruit, la modèle 
L'enveloppe d'étranges résonances 
Comme ces voix perdues qu'on ne peut oublier .....

De silence et de rouille 
La poésie du temps émerveille nos regards 
Abolissant l'irréparable 
Pour magnifier la métamorphose 

Balaline   15/10/2026


☯☯☯


La fin du voyage


C’était autrefois un élégant voilier,
Voguant sur toutes les mers,
Son étrave fendant fièrement les vagues.
Une nuit sans lune,
Un ouragan arriva du fond de l’horizon,
Des vent très violents,
Soulevaient des vagues énormes,
Elles s’abattaient avec force sur le bateau,
Fracassant la mâture, déchirant les voiles.
Une lame encore plus forte que les autres,
Retourna la coque, il coula corps et biens.
Mais d’autres vagues, un jour,
Ramenèrent sur cette plage,
Les restes de sa coque rouillée.
Et depuis, enlisé dans le sable blanc,
Il dort aux pieds des rochers !
Et rêve de voyages…





☯☯☯


Face à la mer


   Brinztap le musicien est un rêveur, un poète. Un rien suffit pour que son imagination démarre telle une biche apeurée. Fatigué de taper comme un forcené sur son bizarre instrument  d'où il tire des sons épouvantablement discordants, "l'artiste" fait une pause. Le nez en l'air, le regard perdu au cœur des frondaisons où nul oiseau ne chante ( Et pour cause!  Ses compositions mélodiques ont provoqué leur fuite éperdue.), il cherche l'inspiration.

Chaleur estivale-

plus aucun bruit à l'entour

même le vent est coi

   Las! Brinztap ne trouve rien.  Il décide alors d'aller se promener. Peut-être qu'en changeant de décor, la Muse lui soufflera de nouvelles idées ? Il marche d'un bon pas vers un paysage qu'il apprécie énormément, car éternellement changeant: celui de l'océan. Ce n'est qu'à une grosse demi-heure de son village.

   Arrivé sur place, il dévale joyeusement la dune.  Mais, arrivé en bas, Brinzrap se fige en découvrant quelque chose d'étrange .  Il s'en approche, curieux mais prudent. Cela est plat, rouillé, immobile , planté dans le sable, face à la mer.  "Qu'est-ce que c'est?" se demande-t-il.  Notre artiste attrape un bout de bois usé par le jeu des vagues et tapote ici et là sur le "truc". Dong!  Clang!  Un sourire étire lentement sa large bouche d'une oreille à l’autre. Il a trouvé un nouvel instrument musical!

L'océan ronronne-

sur la plage aux crustacés

délire musical


☯☯☯


Une patience de rouille


    Sur l'île de Pâques, ce sont les Moai, ses gardiens qui, côte à côte, dressés en haut de la falaise, face à la mer, surveillent l’horizon de leurs yeux éteints. Il semble qu’à l’époque de leur création, ces yeux-là étaient fait de corail blanc avec un iris rouge ou noir, ils exprimaient l’âme et le pouvoir des ancêtres. Comme ce devait être impressionnant pour les marins apercevant la côte, de jour comme de nuit.

    Ici*, au bord de cette plage désertée par le soleil, ce sont de curieux félins qui contemplent la ligne d’horizon. Elle s’étire entre le bleu du ciel et le gris-vert de l’eau.

    À la contemplation des grands espaces tant espérés que l’on doute pourtant pouvoir jamais atteindre, elle suscite en nous un sentiment particulier de solitude teintée de nostalgie.

    Les vagues abandonnent leurs histoires de naufrages, d’abysses et d’infini aux rouleaux têtus s’évertuant à vouloir grignoter toujours plus le sable de la plage.

    Cette monotonie plonge l’observateur dans un état second, hypnotique, où il s’oublie. Quand ainsi le rythme se ralentit, que l’esprit n’a plus aucun repère, ni de début ni de fin, il s’anéantit dans cette sorte d’hébétement que peut provoquer un mouvement perpétuel.

    L’éternité... Cette muraille percée de trous, que l’air salé d’embruns a transformé en rouille, que pourrait-elle en dire ?

    Ce drôle de mur de ferraille, sculpté avec talent par les éléments et le temps, provoque la notion de durée. L’éternité est un concept d’humain limité par la conscience de sa brièveté, une dimension impalpable qu’il ne peut concevoir que par le rêve, et s’y perdre.

    Ce vestige, peut-être d’une coque de navire échoué sur la plage, me fait penser à un paravent de dentelle. Un ouvrage soucieux de ne point trop occulter la vue afin de bien marquer l’idée de cet inaccessible infini que tout ici honore.


Jeu de la durée
une patience de rouille-
chuchotis de vent


Adamante Donsimoni - 9 octobre 2026


☯☯☯







vendredi 3 avril 2020

La page 161b Voyage, voyages



Quatre textes écrits à partir d'une relaxation 
"voyage dans l'imaginaire" en mp3
deux, sur autres sujets


Tout d’abord, le point de départ. Puis ....
                   De là où j’habite
                   Je donnerais cher
                   Le prix d’un voyage en Chine
en avion oui (oh oh, mauvais pour la planète ça Mémé),
Ou jusqu’en Égypte en bateau, jusqu’au Nil pour retourner dans la campagne de mes 
quatr’ou dix ans ....... j’en rêvais viRus l’a fait.

Cueillir un bouquet de fleurs des champs au milieu du béton dans un jardin des villes où d’ordinaire le vrombissement de la tondeuse électrique les massacre net dans l’élan de leur jeune vie.
                   Pourquoi dis moi pour
                   Quoi ?
Je sens que je vais faire Amie-Amie avec ce gros méchant petit tout petit petit vil (Ain) Rus ...
Un point de départ,
imaginaire réel et virtuel tour à tour, ressemblant fichtrement au point de non retour pour beaucoup ..... et
Le jardin de mes quatre ans.
La vieille porte rouillée 
mystérieusement 
grince
À pas de velours, légèrement courbée l’œil aux aguets de tous côtés, la petite fille dans sa robe blanche d’un dimanche pascal avance tout doucement. 
Qui peut donc se cacher dans le massif des roses ourlées d’orange ?
Ce jardin si petit
Immense autant que le Père 
Si plein d’inconnu effrayant
Est le jardin abandonné 
Depuis huit ans, c’est bien la première année ......


Françoise Fin mars 2020




Au jardin des Essentiels



Corps lourd et chemin du vide
Chemin du plein qui s’en va
D’un au-delà qui s’ouvre
Chemin d’une voix qui me guide
Lente et tranquille,
 Qui conduit jusqu’à l’étrange porte de pierre.
Arche lourde au détour du chemin,
Obstacle de vie, entouré de prometteuse quiétude.

Quand je la franchis :
Devant moi, une ronde dalle.
D’un granit blond, lisse, chaud comme une chair
Où se tient une mère et sensible
Et emplie de douceurs
Qui porte en ses bras un enfant, nouveau-né :
Une merveille d’innocence, mystère de silence.
Image de l’incréé, du naissant.
Libre de l’existence, de toute condition.
Et il tête l’enfant au sein de sa mère
Et n’a besoin de rien.
Il vit -sans manque- au téton de sa mère.
Il rayonne cette paix où il se trouve
Transpire la Vie, lumière qui l’habite.
Le jardin y nourrit sa profusion,
Y enracine sa croissance.

Non loin, cet homme, humble jardinier
Qui m’offre des mots où écrire à jamais ma vision.
Qui m’indique, aussi, où creuser la terre,
Où poser ma graine d’émeraude :
Nouvelle semence, amorce de vie nouvelle.

Et la fleur d’émeraude grandit
Au milieu de milliers d’essences diverses, 
Au jardin -écrin, au jardin de la Vie.
Bouture, Bouture où enraciner un nouveau départ
Oh ! jardin d’une enfance retrouvée,
D’une réalité soudain, nouvelle vive.

Plantes et allées sont ici, toutes en ordre
Et pourtant n’ont rien de figé,
Eprises et pleines de souplesse.
Qu’y a-t-il donc encore à craindre ? 
La peur n’est réservée qu’aux apparences :
Ici l’agneau embrasse le tigre,
Ici le Blanc et le Noir sont unis
Ici se riment d’eux-mêmes, les contraires,
Ils se croisent sans se détruire :
Et même la vie et même la mort
Qui trouvent à être,
Qui trouvent paisible à grandir.

J’ai mis en terre ce qui devait l’Etre,
Ma quête peut aller plus loin, repartir.
J’emporte avec moi ce relent d’ailleurs,
Cette instant d’Eternel. Et je sais
Que m’importent les circonstances,
L’essentiel est toujours possible !

         Serge De La Torre 

















Voyage intérieur



Je me suis calée dans mon fauteuil, les jambes légèrement surélevées, le plaid sur les genoux. J'ai fermé les yeux. Douces sont la voix et la musique accompagnant le relâchement du corps. Un tututut, tututut aigu et monocorde, trille d'oiseau chanteur, traverse la fenêtre. Les vitres vibrent au passage d'un engin agricole ou de chantier dans la rue. Le grésillement du support s'oublie dans le décor du paysage sonore.

Ici tout est calme.
Rumeurs du monde en sourdine,
parenthèse heureuse.

Est-il indécent de savourer des instants de plénitude en ces temps confinés ? Dans cet exercice, j'ai quelques années d'avance. Non seulement ce n'est pas incongru, mais je sais combien ils sont nécessaires et salvateurs. Le téléphone a sonné. Je l'avais oublié à côté de moi. J'ouvre les yeux sans hâte. Qui est-ce ? L'appel peut attendre et d'un geste je balaie doucement l'écran pour le différer. Quelques secondes et je retourne à la légèreté.

Cueillir une fleur,
en respirer son parfum.
Rêver son odeur ?

J'ai franchi la porte vers mon voyage intérieur. Elle m'emmène dans nulle part. Aucune image. Le chat feule sans écho dans la pièce d'à côté. Au pied du piano la chienne rythme son sommeil d'une respiration régulière. Pendant quelques secondes elle émet des drôles de petits gloussements. Rêve-t-elle dans son jardin intérieur ?

Aucune évasion
vers un avant, un après.
Je suis dans l'instant.




















Voyage au jardin de la découverte


Le paysage s’offre à la découverte, tout est invitation à la curiosité.

L’enfant de l’intérieur se réveille et ouvre grands les yeux. Il y a tant de choses à ne pas manquer de découvrir. Les formes, les couleurs sont autant d’appels au voyage.

Bonheur de mes pieds qui foulent une herbe tellement enthousiaste que mon esprit se met à gazouiller, le poids a disparu, c’est mon âme qui chante. Je ne marche plus, je vole au-dessus de l’allée, car au loin, la porte d’un jardin m’appelle. Quand je la touche, je perçois la fraîcheur de ses volutes de fer forgé parcourues de lierre sous mes mains. Elle est vivante. Je comprends son invitation à pénétrer le domaine dont elle garde l’issue.

À peine un frémissement de sève accompagne son ouverture, une liane vient alors fouetter mon visage, et je crois entendre des rires. Je comprends que cette pluie de notes cristallines un peu moqueuses me souhaite la bienvenue. Loin de s’en offusquer mon cœur en ressent de la  joie, et mon rire accompagne les rires, et ma joie accompagne la joie. Ce monde est vrai qui ne se prend pas au sérieux.

J’entre. Quel fouillis, quel foisonnement de formes et de couleurs !  Ce délire végétal est une symphonie sans autre chef d’orchestre qu’une liberté sans limites. Et pourtant, s’exprime ici un équilibre, une harmonie qu’aucun autre jardin, fut-il le plus british, ne pourrait égaler.

Comme je me sens bien dans cette folie confinant au génie, j’ai l’impression d’abandonner cette vieille peau humaine incapable d’une telle dilatation.
C’est alors qu’un drôle de personnage à l’aspect fluctuant, tenant à la fois de la vague en mouvement, du Gin et de Jérémy Criquet, s’approche de moi, me tend une motte de terre coiffée d’une sorte d’espoir vert sans forme, et par une pantomime burlesque, m’invite à la planter. Décidément, ici, rien n’est comme dans le monde d’où je viens, tout est à la fois déroutant et fascinant.

Un peu dubitative, je prends la chose entre mes mains. Le personnage m’explique alors, par un chant rauque ponctué de clics et de sons très aigus, qu’elle deviendra ce que j’ai envie qu’elle devienne, si je décide de la planter ici.
Je comprends à présent la raison ou la déraison de l’aspect du jardin. Je comprends que la chose sera, sous la forme d’un végétal, la représentation symbolique de quelque chose qui me tient à cœur.
Son chant terminé, le personnage s’est éloigné afin de me laisser le temps de réfléchir.

En communion avec cette expression indistincte, susceptible de se transformer en une de mes envies, qui frémissait d’impatience entre mes mains, je lui ai confié mon souhait, mon désir qu’elle fut arbre, puis je l’ai plantée.
Et mon arbre a poussé, et mon arbre a fleuri en des centaines de bouches parfumées venues me délivrer un message  :

« Au jardin de ton âme pousse un arbre de lumière, ne l’oublie pas. Il est en toi, grimpe dans ses branches, comme tu le faisais enfant dans les pommiers. Assieds-toi sur une branche, observe, écoute, et dit à ceux qui passent la beauté de sa lumière, car en chaque être pousse un arbre où leur âme se perche et attend. »















Deux autres sujets d'inspiration :





(en écoutant DreamTeam d’Abdullah Ibrahim)


Promesses de l’aube 




Aube naissante
bonne marraine du point du jour –
caresse ensoleillée

L’aube riche de tant d’espoir, naît chaque jour porteuse de cadeaux, comme une bonne fée marraine penchée sur le berceau de l’enfant. Elle est grâce, sourire, projet, tendresse, voyage, lumière aussi. Elle est tout cela et bien plus encore. Elle est la joie qui s’épanouit au petit matin de nos parcours.
Voile sombre
en brumes maléfiques –
ennemi invisible

Mais voici qu’elle doit se faire force et violence pour repousser quelques sorcières, celle du vent avec ses tempêtes et ses ouragans, celle du temps avec ses nuages et ses flots de larmes, celle de l’obscurité avec ses brumes et ses brouillards…

Baguette magique
d’un renouveau quotidien -
rayons d’espoir

L’aube, riche de sa douceur et de sa candeur s’affronte à l’humeur du jour, tentant de déposer ses présents dans la corbeille de nos vies qui n’ont qu’un désir, celui d’accueillir sa chaleur à bras ouverts.

Avancer pas à pas
au rythme de son métronome -
les heures s’égrainent

La journée a pris sa lancée. Dans sa vague d’habitudes, chaque instant est unique. Elle vogue sur le sillon mouvementé de sa courte existence, vingt-quatre heures sont si vite écoulées.

Dernières ardeurs
avant le voile nocturne –
extinction des feux

Déjà la nuit chasse la lumière, l’aube parait bien lointaine. Qu’avons-nous perçu de ses présents ? Espoir et doute s’affrontent et se métamorphosent. Rêves ou cauchemars s’entremêlent, grand ménage de nos esprits assoupis. En filigrane, virgule ou apostrophe, juste un croissant de lune…
Aux antipodes, le soleil brille toujours. Demain il nous enverra ses rayons pareils et différents.
L’aube s’espère
 généreuse offrande des jours
tendue vers l’ailleurs

Lent cheminement de l’avenir quand les ruisseaux de nos vies, en un fleuve majestueux, se perdront dans l’immensité de l’océan…










D'après Henri Gaston Darien ( Peintre français, 1864-1926)
« Enfants au jardin contemplant le tableau du père)



Retour dans le passé...


J'ai tout le temps
Le temps de me laisser aller
Aller dans le passé
Hier, l'enfance bienheureuse
Heureuse de cette insouciance
Insouciance du jeune animal...

Pousser la barrière
 simplement par la pensée
 Un jour à ombrelle

L'heure est à la framboise
Père à son chevalet
Peint un morceau du jardin
Ses rosiers, « cuisse de Nymphe émue »
Coeur dragée et bord de lait
Je m'en rappelle le nom poétique...

Fruits oubliés
 un arrêt sur image 
Fascination

Pinceaux et tubes de couleurs
Autant qu'on contient ce lieu
L'été est le premier artiste peintre
Père n'en est qu'un copiste,
 Mais, au retour de l'automne
Nous avons de la gelée au pot
Et de la cuisse de Nymphe émue au mur....