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lundi 12 janvier 2026

Page 253 Neige


Dessin Adamante



Une forme sous la neige


   La nuit tombe. L’hiver est déjà là. Le froid passe sous la porte et s’attarde dans la maison. Le parquet garde la morsure du jour. Dehors, la neige tombe de biais. Le ciel est d’un bleu sombre. Les flocons emplissent l’espace et effacent les contours.
   Un bruit sec frappe la vitre du séjour. Du métal, soulevé par le vent. Puis, plus rien. Dans le tumulte blanc, une forme apparaît. Dure, anguleuse, traversée d’éclats brefs. Elle se lève avec la rafale, se défait aussitôt. La neige la coupe, la disperse, la rassemble encore.
   Je reste immobile. La lampe est faible. Le froid gagne la pièce. Je ne sais plus si cette forme se tient dehors, ou si elle naît du silence qui s’installe.


Sous la neige bleue
une forme se défait-
métal ou souffle ?

contre la vitre du soir
mon regard se fait doute.

Claudie Caratini
Le 10/01/2026

 

Autres propositions : 


Tanka 1 -



Pluie de pixels froids
un corps de métal veille seul-
nuit bleue sans étoiles
striée d'éclats métalliques
traces des tourments du temps




Tanka 2 -



Sur la neige bleue
une maison tient debout
malgré la tourmente-
dans l’éclat brisé du ciel
son coeur ne cède jamais


Claudie Caratini  💙 Commentaires sur cette page. 💙



💙💦💙


Ô neige !

 

" Maman, maman, il neige !
Mes mots d'enfant émerveillée par cette avalanche de duvet blanc voletant en silence sur la terre gelée.
C'était la naissance annoncée d'un jour joyeux, contemplatif, inoubliable. 
    Je restais admirative de ce paysage connu, transfiguré par la féérie de l'hiver.
Ce blanc si pur, léger, tourbillonnant tout en délicatesse, parant chaque herbe, chaque pierre, toutes les branches du tilleul d'un amoncellement de douceur.
La terre ensemencée d'une couleur unique, paisible, presque irréelle dans sa pureté.
Son secret dévoilé, la nature ouvre le chemin du pardon, se prépare à la renaissance, à ses futures pulsations de vie.
Il neigeait beaucoup, parfois jusqu'au soir, chaque vie semblant retenir son souffle, le silence envahissait la campagne, les oiseaux volant au hasard, tandis que le tapis blanc s'épaississait au fil des heures.

Magie de l'hiver
la neige nous réunissait
le feu crépitait

Il ajoutait à la beauté ce feu pétillant, celle de peindre un tout autre univers, un cocon protecteur, enveloppant, ouaté, où la gourmandise participait aussi à cette journée si particulière.
Crêpes et marrons grillés, parfums de pelures de mandarine, il me reste les images, les senteurs, le goûter festif de ces instants extraordinaires dans la douce chaleur familiale.

La maison cocon
chapeautée de neige
une fête en hiver

Balaline 09/01/2026


💙💦💙




Une cabane dans la neige


Le bleu intense de la nuit sublime le blanc de neige en un va et vient intime et mystérieux. Tandis que les flocons où se mêlent cailloux de polluants et neutrinos enveloppent d'insolites objets, tels des paquets cadeaux. Si loin dans l'immensité vide, à mille et mille lieues de la première ville humaine.

Du manteau de neige
au bleu intense de la nuit
mystère de l'osmose.

Des linguistes polémiquent sur le nombre plus ou moins grand des mots inuit pour désigner la neige, sa consistance et sa ou plutôt ses couleurs. Ceux de la nuit polaire, sans doute tout aussi précis, ne suscitent guère de débats.

Qui se soucient de la nuit
hors des peuples qui la vivent ?

L'isatis, dans sa quête incertaine de quelque subsistance, s'est arrêté dans sa course, flair au vent d'une odeur humaine. Qu'est-ce là-bas, dans l'immensité de la plaine glacée ? Une cabane au toit de chalet et aux murs de verre ? Un feu dans l'âtre ou un leurre ? Qui dira l'hostilité ou la bienveillance des hôtes et des voyageurs ?

moderne cabane
au milieu de nulle part
abri ou danger

Le petit renard des neige s'y perd dans sa lecture du monde et reprend sa quête à la recherche d'un trésor. Quelques restes de nourriture d'un campement lui suffiraient plutôt que ces briques vides en carton ou ces bouteilles en plastique. Les humains sont décidément des animaux bien étranges !

L'humain calfeutré
est un animal étrange
cherchant la tangente

Tel une autruche dans le sable
l'ermite en sa tour d'ivoire.

©Jeanne Fadosi, samedi 10 janvier 2026
Fadosi continue

Et non, je ne te ferai pas le coup de ma cabane au Canada en illustration sonore, plutôt Mon pays c'est l'hiver de Gilles Vigneault 



et aussi



💙💦💙



Il neige


Passent les jours et les saisons… Voici l’hiver bien installé sur le pays sauvage des Fougères Cendrées. Tout le monde se terre dans son trou, son terrier, sa fermette ou son château aux murs épais. La bise règne en maîtresse gelant l’eau des fontaines et des ruisseaux.


Sous un ciel mercure-
chênes verts, buis, sapins noirs...
et les feux du houx


Plus personne dans les près et les champs. Sur les labours pétrifiés quelques corneilles tentent vainement de piquer le sol. Pas un chat dans les rues de Villerouge-Termenès. Tout est silence et frissons. Seul le vent donne de la voix.

Au plus près de l’âtre ronflant, la princesse Aenor tend ses jolies mains fines à la chaleur bienfaisante des flammes.

— Brrr ! J’ai moult froid ! Et ce que je m’ennuie ! Se plaint-elle.

Sa dame de compagnie lève les yeux de sa broderie, soupire tout en jetant un coup d’œil vers la fenêtre.

— Je ne serais pas surprise qu’il neige, votre Majesté.

— Vous croyez ? Réagit Aenor, l’espoir chevillé au cœur.

— Voyez vous-même, votre Majesté, sourit Dame Yseult.

Suivant son conseil, Aenor se précipite à la croisée.

- Ooooh ! C’est vérité ma bonne Yseult.! Des flocons commencent à tourbillonner !


Fin d’après-midi-
aux premiers flocons de neige
tempête de joie


       Martine Madelaine-Richard



💙💦💙



Chaperon Bleu



Le petit Chaperon Bleu
Arriva chez sa mère-grand, souffrante,
Les bras chargés,
Par un soir très neigeux ;
Le loup bien au fond de sa tanière. Peur bleue évitée !
Il a failli se perdre en chemin
Tout blanc de neige blanche.


Survêtement blanc de flocons
Le voilà en bonhomme de neige ;
Le nez rouge carotte !


Marie Blizzard, ouvre, c'est moi, Chaperon Bleu... Blanc !

Tire la chevillette et la bobinette cherra !


Pas facile, chargé comme une mule...
Et, bleu de froid !


Que m'apportes-tu gamin........ !?


Ta liqueur préférée, de la gaufrette.
Et, la chanson de circonstance,
Vive le vent, vive le vent
Vive le vent d'hiver, et bonne année grand-mère...



Conte revisité
un soir de janvier neigeux
Une autre planète




💙💦💙



Au fond du lac



on peut douter, bien sûr
on peut dire « on n'est pas sûr »
mais au fond, on le sait


ce n'est pas un engin égaré
ce n'est pas un déchet
ce n'est pas une carcasse

c'est une maison tombée du ciel


Mona 
saisons


💙💦💙




Rêve ou fiction :


Instants de magie
nuit bleue – flocons colorés
L’hiver l’ensorcelle

sa chaumière navigue
dans un décor futuriste


simple vision
d’une fête irréelle
ici ou ailleurs

petit robot d’aujourd’hui
rêve -se voit déjà géant


💙💦💙


Le Guet de l'Ombre


Je marchais depuis des heures
Sans savoir vraiment pourquoi.
La neige recouvrait tout
Même les raisons.
Chaque pas enfonçait le silence un peu plus profondément.
Le vent ne hurlait pas
Il murmurait
Comme s'il voulait me confier quelque chose que je n'étais pas encore prête à entendre.


Puis je l'ai vue.
Une maison minuscule
Posée là telle une veilleuse oubliée dans l'immensité.
Sa fenêtre brillait d'un feu doux
Orange telle une promesse.

Mais ce n'était pas elle qui m'a arrêté.
C'est la forme dressée à ses côtés
Haute
Anguleuse
Presque métallique.
Ni arbre
Ni homme
Ni bête.
Une présence.
Elle ne bougeait pas
Mais je sentais son regard.

Je n'ai pas osé m'approcher.
Pas encore.
Il fallait d'abord que je comprenne ce que j'étais venue chercher.
Le froid me tenait
Mais la lumière m'appelait.
Et entre les deux
Une sentinelle étrange
Gardienne d'un seuil que je n'avais pas encore franchi.


Sous la neige
une forme garde le feu
Je n'ai pas froid.




💙💦💙

 

 

Rêve d’un enfant


sous un élan de neige
sur la vieille masur
des cadeaux et des bougies
une once de bonheur


Il en faut peu parfois
pour allumer le monde
remercier l’infini





💙💦💙



Chaumière



J’entends crisser le sol gelé.

Est-ce l’ogre qui s’invite par la tourmente et la poudreuse, dans cet univers virevoltant où un arbre ensorcelé de blanc semble danser ?

Le bleu, la nuit, cet arbre aux branches lourdes, les étoiles masquées de ce ciel bien trop bas, au-dessus du toit d’une chaumière toute tassée de neige, m’évoquent les légendes.

Je frisonne, et ce n’est pas de froid.

Une lueur fusant de la fenêtre m’indique la vie, la réclusion volontaire, le repli indispensable autour d’un feu pour échapper à la tempête.


Entre glace et neige
entre flocons et le vent-
une soupe chaude


Donsimoni Adamante - 9 janvier 2026



💙💦💙

SOUVENIRS de l'HERBIER 

Abonnez-vous au blog si vous souhaitez connaître les prochains.

💙💦💙


 


mardi 21 octobre 2025

Pour la page 249

Bonjour à vous qui passez par ici, qui aimez la poésie de l'instant, celle qui touche au cœur et se révèle dans la simplicité du moment présent.


Voici l'image en proposition, Page  249 pour écrire un haïbun ou tanka prose (ou encore haïkus, tankas...). 



Parution  le lundi 27 octobre 2025


N'hésitez pas à participer en envoyant vos textes dans le corps du mail à l'adresse de l'Herbier de poésies, avant le vendredi 25 au soir, (samedi midi si vous ne pouvez faire autrement).


Sans oublier de noter :

- votre nom 

- le lien sur votre blog 

- le numéro de la page

- le titre de votre poème

Ne faites surtout pas de mise en page.

 

    Merci et à bientôt. AD

samedi 27 janvier 2024

Pour la page 228

 

Une image de Françoise pour le 5 février. 


À traiter en haïbun ou tanka prose.  
Je vous rappelle que vous pouvez toujours consulter la page qui en parle.  
HAIKU,TANKA, HAIBUN, TANKA-PROSE

Bien entendu  Haïku, tanka sont prisés, surtout si vous en écrivez plusieurs, (gourmandise !)  
N'oublions pas non plus la poésie de l'instant à la façon des poètes chinois. 
En voici un court exemple ci-dessous, mais vous pouvez développer plus si le cœur vous en dit. 
Vous constaterez que nous ne sommes pas loin de la chronique poétique de Basho, mais là pas de haïku ni de tanka. Juste l'observation, le ressenti, la réflexion, la profondeur, aussi l'humour. 
Si cela vous tente, je peux vous partager de temps à autres des textes de ces grands poètes. 
Exprimez-vous, dîtes-moi ce que vous ressentez, ce que vous en pensez. Belle semaine les Brins, et belle plume. AD

 













dimanche 19 mars 2023

La page 222

 



Renaissance



Feu hiver s'enterre,

Il est né le divin printemps

Revoici le jour lumineux

Comme la jeunesse

Jaune tels l'ajonc, le bouton d'or


Feu hiver s'enterre

L'oiseau refait son nid

Les fontaines se rallument

L'agneau nouveau tète

Au pré et ses marguerites


Feu hiver s'enterre

Le bourgeon craque son corset

Revoici le vert tendre sur la branche

Et le magnolia en fleurs

Tout comme le forsythia, le genêt


Feu hiver s'enterre

Ainsi soit-il

Coiffée d'une couronne d'ajonc

Maïa la déesse du printemps

Lui succède, bienfaitrice



Au souffle marin

se balance un épineux

Papillons safran



jill bill







D'un ajonc à l'autre


Le soleil, cet or brûlant les yeux à l’imprudent qui le fixe. Cette belle couleur jaune a la puissance de la passion flamboyante. Une teinte que l’on rencontre partout. On en  use, on en abuse avec une prodigalité vorace. Laissons de côté la négativité ( car hélas elle existe aussi) pour ne raconter que la positive: des rideaux velours moutarde dans ma salle de séjour, en passant par mon gros pull safran si confortable, en continuant avec un plat au curry indien dont la chaude nuance  suffit à me faire saliver. Il existe une infinie variétés de cette couleur autour de nous. Avec le printemps, les premiers pissenlits s’épanouissent alors que les mimosas vont bientôt tirer leur révérence. Hier, la pluie s’était invitée dans mon coin du sud.

.

Mars-

Il fait un temps merveilleux

Plusieurs fois par jour



Pour les incas, l’or, c’était « la sueur du soleil ».  Pour moi, l’or de certaines fleurs a le don de me faire voyager au pays des souvenirs. L’algelàs, ou ajonc de Provence,( nommé argeras en pays d’Aix)  me ramène à mes belles balades sur les flancs de la sainte Victoire. Mais son cousin l’ajonc d’Europe , qui m’a plus d’un fois piquée de ses dards, éclaire le chemin de maintes promenades familiales en forêt landaise. Ou, pour la plus récente, en solitaire, sur la presqu’île du Cap-Ferret*

Hélichryses, genêts, ajoncs… Sous le feu de Phébus, leurs parfums entêtants se mêlent à celui de la térébenthine exhalée par les pins.



 Voyage-

Du printemps à l’automne

Mon nez pour gouvernail



Martine MADELAINE-RICHARD


* balade racontée précédemment sur mon blog à l'aller:  ICI  et le retour: ICI












Genêts :

 

Quelques genêts, fenêtre ouverte sur un paysage vert tendre agrémenté de jaune.

Les moutons paissent Les routes étroites serpentent entre les murets de pierres. 

Guinness, soirée chants et danses dans les pubs villageois, rencontres et partages, au bonheur de leur fidélité. Comme autant de cadeaux sur la route des ans, leurs enfants se sont joints au voyage…

L’Irlande en atout cœur pour noces d’argent. Ils fredonnent, avec le Grand Jacques, « Au printemps, les amants vont prier Notre Dame du bon temps… », bien loin des « bergères peu sages » ils fêtent le bonheur d’aimer…

Vingt-cinq ans de plus, à l’orée d’un nouveau printemps, des noces d’or à célébrer. Des petits enfants en prime chantant en chœur la tendresse, ils ont les larmes aux yeux…

 

genêts sur prairies

célébrant l’amour –

ses yeux sont d’azur

 

cinquante ans de bague au doigt

belle aventure quotidienne

 

ABC










Écrit en écho à Fadosi continue : 

Vois ce Monde comme il vient


Mars 22 dans la neige et la tourmente

La vie debout fuyant la mitraille

La guerre transgresse les frontières

détestée, éphémère.


L'été brûlant s'est invité en mai.

Sur la lande des cendres fumantes

Genêts et ajoncs calcinés

Et la tourbe ardente.


Des gravats en lambeaux

Dans la plaie béante de la crevasse

Février 2023, insurrection de la Terre

Les villes toujours crient et craquent.


Depuis les profondeurs enracinées

dans la neige, les cendres, les ruines,

La sève, la sève, impérieuse

Et toujours l'impossible espoir.


©Jeanne Fadosi, jeudi 16 mars 2023










Tisseuse de beauté 


L' attente porte la voix silencieuse de la terre, celle de la main de l'homme en espérance de renouveau. 

La longue solitude hivernale patiente sous la grisaille, le froid, le gel où les couleurs et les parfums se taisent. 


Mais voilà qu'un matin, le jaune éclos dans toute sa splendeur semble sauver le monde de toute sa noirceur. 

Des milliers de soleils ont attendu leur heure pour fleurir landes et chemins. 

La terre devient si belle, poudrée 7 de l'or du réveil, des senteurs de l'été. 


Une aube veloutée

L'atmosphère scintillante 

Des êtres en joie 


Chères demoiselles, le jaune vous va si bien, il invite la lumière, insuffle la gaieté, rayonne de ses petites flammes, engendre émerveillement et gratitude puisque la vie court encore dans ses battements de coeur et de sève. 


Il faut garder de ce premier jour en fleurs sous le bleu du ciel, ce regard d'invite et de supplique de la nature entière qui veut continuer à vivre en habitant la terre.

16 mars 2023 


Balaline - 16 mars 2023 











ALLEGRESSE



Au fil de l'eau il y a des péniches, des vélos et des gens qui déambulent, une foule allègre,

les quais revivent, la ville se réchauffe, le fond de l'air s'anime, il y a un air de printemps


Grands parents fébriles

les enfants joyeux piaillent

on sent la fin de l'hiver



On connaît plein de petits chemins qui sinuent dans la campagne, circulent de bois en prairies,

ni sages ni encombrés, qui divaguent, dans les rayons obliques. Quelques courageux les parcourent.

Ils ne connaissent pas de frontières.



Dans la forêt aquitaine

les genêts infusent leur clarté

bardés de piquants

  


Marine Dussarrat

13 mars 2023











L'éveil du printemps en Provence



Je savoure cet instant magique et merveilleux qui annonce le Printemps dans la garrigue provençale où j'ai pu balader pour une pause détente

 


HAIKU


dans les collines

des genêts papillons

- envol du printemps


explosion de boules d'or

feu d'artifice en jaune vif

-magie du printemps

 


TANKA


balancées par la brise

Les rangées de genêts

nous enivrent-


touffes rondes éblouissantes

diffusant senteurs suaves



enfin, Printemps rit

sous les rayons d'or éclatants

les genêts embaument-


j'entends frémir les abeilles

notes aux délices miellées



exubérance-

dans les charmilles, ça papote

les nids pépient-


le Printemps en allégresse

et frémit  Dame Nature




Quelques citations sur le printemps

 


Matin de printemps -

Mon ombre aussi

déborde de vie !  Kobayashi Issa


 

Le printemps est revenu de ses lointains voyages

Il nous apporte la paix du coeur."

poème d'Oscar Milosz - Cantique du printemps



Claudie Caratini

Le 19/03/2023












Les genêts


    Les genêts ! Ils habillent toutes mes campagnes et quelques souvenirs d’enfant. Les anciens du terroir, les « mangeux d’terre » comme les nommait Gaston Coûté, les appelaient les balais. L’utile me paraît ici ignorer l’agréable car, mis à part un sorcier de Poudlard, nul ne rêve devant un balai. Mais soyons pragmatique, le pratique avant tout pour faire feu de tout bois. 

    Si les tiges ligneuses pouvaient, liées au bout d’un manche, chasser la poussière du sol de leurs maisons, les anciens rêvaient-ils devant cette explosion de fleurs d’or au printemps, venue chasser le vieil hiver et accueillir la saison des amours ? 

    Apportait-on un bouquet de balais à sa belle pour lui faire la cour, sans qu’elle puisse penser qu’après la fleur viendrait la corvée du ménage ? Une élégante façon détournée de mettre la servitude dans un vase. 

    Je me demande si ces petits becs jaunes, vibrant de joie et de soleil, ne sont pas l’exacte représentation du déroulé de la vie humaine. 

    En premier lieu, dès la fin des frimas, la pousse des verts tendres puis l’illumination des jaunes bourdonnant d’abeilles. Enfin la rigueur plus sombre des tiges, encore souples mais dénudées, vouées à œuvrer jusqu’à l’usure finale, mais encore bonnes à allumer le feu. 

    Voilà donc une modeste plante qui nous fait passer du rêve à la désillusion, de l’élan à la courbature.


une vie bien remplie

au-delà de toute attente –

poussière du beau


un amour qui vous attache

aux ornières du chemin



Adamante Donsimoni – 17 mars 2023