La maléfique
Un soir d'ombres chinoises
Le mur s'habille de sorcellerie
Une silhouette dodue se dévoile
En train de mijoter, quelle infecte potion...
Livrée noire et chapeau buse
Doigts crochus
Rien mais rien d'une bonne fée.
« Ton âme ou mon sort »
Te marmonnera t-elle une certaine nuit ;
Parente du diable...
Chinoiseries
jeu d'ombre et de lumière
Mon esprit s'envole
jill bill
https://jill-bill.eklablog.com
L’imaginaire de cinq à soixante-quinze et plus… :
Comme un cinéma muet mes rêves d’aujourd’hui amalgamant lectures et films d’autrefois recréent d’étranges personnages jaillissant de nulle part.
Nulle part, vraiment ?
Je n’ai ni l’art, ni le pouvoir d’interprétation des mystères, des craintes, des fantaisies de mes jeunes années. Il semblerait toute fois que mon imaginaire n’ait rien perdu de ses fantasmes d’hier qui se rappellent, en ombres chinoises, à mon bon souvenir d’aujourd’hui. J’imagine, je rêve, je frissonne, aime me plonger dans ce monde fictif inventé et évoluant au fil des années…
Ce gnome fantôme, Glissant silencieusement sur le mur, à travers mes somnolences, attire mon regard. Il ne me semble point inconnu, l’ai-je un jour créé de toute pièce ? L’ai-je visualisé dans les contes et légendes qui me bercèrent enfant ? Sort-il de l’empreinte indélébile d’un film d’aventure m’ayant un jour impressionnée ? Peu importe, il est là comme un dessin animé reliant rêveries du passé à celles du présent.
💫 💫 💫
Une ombre chinoise
Allez savoir pourquoi, l'image m'a fait penser à une sorcière brandissant un manche à balai, ou pourquoi pas, une grande bougie. Un peu trop dodue peut-être, à moins que ce ne soit un effet d'optique. Ou l'ombre d'une marmotte qui se rêvait sorcière, ou ...
Replète la Sorcièreréclamée lue et relueétoiles dans les yeux
Qu'est devenu l'exemplaire de ce conte, déposé à la bibliothèque de mon village ? Ici comme en de nombreux endroits, il ne manquait pas de lecteurs. Certes, comme toutes les sorcières des contes, elle avait d'horribles habitudes qui ne manquaient pas de les effrayer, très vite rassurés par la rébellion de son balai.
Une bien belle idéesauvant l'honneur des balaisapprentis sorciers
des dérives mercantilesdes sociétés avancées.
©Jeanne Fadosi25 septembre 2026
En illustration sonore, il aurait sans doute été pertinent de choisir L'apprenti sorcier de Paul Dukas, mis en images animées par Walt Disney dans un de ses tout premiers films d'animation
Voici plutôt un extrait d'un ballet trop méconnu du talentueux Sidney Bechet, La nuit est unes sorcière :
Seule dans la nuit.
La nuit était noire et sans lune,
Un silence pesant écrasait la campagne alentours.
Seul le cri d’une chouette, crevait parfois ce silence.
La vieille demeure semblait perdue dans la nuit.
Elle marchait à petits pas dans la maison silencieuse,
Le parquet craquait sous ses pas qui raisonnaient dans la pénombre,
Elle tenait bien haut son bougeoir qui l’éclairait à grand peine.
La flamme vacillait au souffle de la nuit,
Qui s’infiltrait par les fenêtres disjointes.
Son coeur battant la chamade.
Elle avançait toujours à petits pas…
Sans savoir où la mèneraient ses pas,
Dans ce couloir qui n’en finissait pas.
Livia
L’ombre sorcière
Le monde est rempli de mystères. Je rêvassais sans aucune idée particulière, le genre qui sautille d’une pensée sans intérêt à une autre tout aussi futile, un son qui vous capte un quart de seconde, l’éclat d’une demi lune qui vous fait un clin d’œil au travers d’un carreau à nettoyer, le ronronnement d’un moteur, vite passé, déjà oublié… Bref, une flottille de petits riens peu captivants, une foultitude primesautière et débridée qui ponctue le train-train de la vie courante sans laisser grande trace.
Et puis… Et puis, soudain, sur le mur blanc que la nuit n’avait pas commencé à digérer, je l’ai vue apparaître, s’accrocher à ses aspérités. Oh, ce n’était qu’une ombre, un petit fait qui s’exprimait au hasard d’un reflet lumineux dont la source m’était inconnue et indifférente. Cette apparition n’était sans doute que transitoire. Transitoire mais pas sans intérêt, d’où mon attention à décrypter rapidement le phénomène.
Cette ombre-là, faisait partie de celles qui captivent le regard et effacent tous les indices que le Petit Poucet de la vie sème sur notre chemin pour nous dissiper l’esprit.
Je portais donc toute mon attention et mon intérêt à ce personnage, tout droit issu du monde occulte, qui tremblotait devant moi, affairé à tricoter quelqu’inquiétant sort.
Sa tête était affublée d’un haut de forme, un chapeau vraiment très haut de forme, ressemblant à une bougie sans flamme et aussi grande que le personnage lui-même. Au risque de paraître triviale, je peux dire qu’il était coiffé ! Les lèvres légèrement en avant il semblait siffloter tout en s’affairant, non sans désinvolture, au maillage de son sortilège.
À sa robe volumineuse terminée par une traîne, je subodorais que ce devait être une sorcière. Un sorcier peut-être ou encore un chaman en villégiature sur le mur de ma maison de campagne. Au domaine vestimentaire quelque peu excentrique des jeteurs de sorts on ne peut savoir avec certitude à quel genre nous sommes confrontés. Cela n’a d’ailleurs aucune importance, ces gens ne sont déjà plus vraiment de notre espèce et je n’envisageais aucunement de l’inviter à ma table pour partager, vue l’heure, ne serait-ce qu’une tisane.
Je l’observais. Je cédais à ma curiosité sans l’ombre d’un remord et, je l’avoue, avec un certain intérêt. Cela ne semblait pas le déranger, il traficotait de ses mains son ouvrage funeste sans prêter attention à quoi que ce soit d’autre. J’étais admirative.
Tissait-il une vie qu’il interromprait soudain en sectionnant un fil, à la manière des Parques ?
À peine avais-je envisagé cette possibilité que la Lune, libérée par un nuage qui en occultait jusque là la lumière, chassa le personnage, emportant avec Elle tout son mystère.
Ainsi mit-elle fin à mes élucubrations.
murmures de murquelques brins d’ésotérisme-le rire du hibou
