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lundi 28 septembre 2026

la page 262



 




La maléfique


Un soir d'ombres chinoises

Le mur s'habille de sorcellerie

Une silhouette dodue se dévoile

En train de mijoter, quelle infecte potion...


Livrée noire et chapeau buse

Doigts crochus

Rien mais rien d'une bonne fée.



Repoussante vieillarde

Aux formules diaboliques

Et autant d'ingrédients

Au chaudron, sa marmite millénaire,

Poudre de momie

Bave de crapaud

Sang de dragon

Jus de serpent

Toile d'araignée...

« Ton âme ou mon sort »

Te marmonnera t-elle une certaine nuit ;

Parente du diable...


Chinoiseries

jeu d'ombre et de lumière

Mon esprit s'envole


jill bill

https://jill-bill.eklablog.com



💫 💫 💫



L’imaginaire de cinq à soixante-quinze et plus… :

 

Comme un cinéma muet mes rêves d’aujourd’hui amalgamant lectures et films d’autrefois recréent d’étranges personnages jaillissant de nulle part. 

Nulle part, vraiment ? 

Je n’ai ni l’art, ni le pouvoir d’interprétation des mystères, des craintes, des fantaisies de mes jeunes années. Il semblerait toute fois que mon imaginaire n’ait rien perdu de ses fantasmes d’hier qui se rappellent, en ombres chinoises, à mon bon souvenir d’aujourd’hui. J’imagine, je rêve, je frissonne, aime me plonger dans ce monde fictif inventé et évoluant au fil des années… 

Ce gnome fantôme, Glissant silencieusement sur le mur, à travers mes somnolences, attire mon regard. Il ne me semble point inconnu, l’ai-je un jour créé de toute pièce ? L’ai-je visualisé dans les contes et légendes qui me bercèrent enfant ? Sort-il de l’empreinte indélébile d’un film d’aventure m’ayant un jour impressionnée ? Peu importe, il est là comme un dessin animé reliant rêveries du passé à celles du présent. 


sur le mur des ans

galope l’imaginaire -

une ombre rode


ABC

https://jardin-des-mots.eklablog.com/



💫 💫 💫

 

Une ombre chinoise


Allez savoir pourquoi, l'image m'a fait penser à une sorcière brandissant un manche à balai, ou pourquoi pas, une grande bougie. Un peu trop dodue peut-être, à moins que ce ne soit un effet d'optique. Ou l'ombre d'une marmotte qui se rêvait sorcière, ou ...

Replète la Sorcière
réclamée lue et relue
étoiles dans les yeux

Qu'est devenu l'exemplaire de ce conte, déposé à la bibliothèque de mon village ? Ici comme en de nombreux endroits, il ne manquait pas de lecteurs. Certes, comme toutes les sorcières des contes, elle avait d'horribles habitudes qui ne manquaient pas de les effrayer, très vite rassurés par la rébellion de son balai.

Une bien belle idée
sauvant l'honneur des balais
apprentis sorciers

des dérives mercantiles
des sociétés avancées.

©Jeanne Fadosi
25 septembre 2026

En illustration sonore, il aurait sans doute été pertinent de choisir L'apprenti sorcier de Paul Dukas, mis en images animées par Walt Disney dans un de ses tout premiers films d'animation

Voici plutôt un extrait d'un ballet trop méconnu du talentueux Sidney Bechet, La nuit est unes sorcière :


💫 💫 💫

Seule dans la nuit.


La nuit était noire et sans lune,

Un silence pesant écrasait la campagne alentours.

Seul le cri d’une chouette, crevait parfois ce silence.

La vieille demeure semblait perdue dans la nuit.

Elle marchait à petits pas dans la maison silencieuse,

Le parquet craquait sous ses pas qui raisonnaient dans la pénombre,

Elle tenait bien haut son bougeoir qui l’éclairait à grand peine.

La flamme vacillait au souffle de la nuit,

Qui s’infiltrait par les fenêtres disjointes.

Son coeur battant la chamade.

Elle avançait toujours à petits pas…

Sans savoir où la mèneraient ses pas,

Dans ce couloir qui n’en finissait pas.


Livia

https://liviaaugustae.over-blog.com/



💫 💫 💫

   L’ombre sorcière


    Le monde est rempli de mystères. Je rêvassais sans aucune idée particulière, le genre qui sautille d’une pensée sans intérêt à une autre tout aussi futile, un son qui vous capte un quart de seconde, l’éclat d’une demi lune qui vous fait un clin d’œil au travers d’un carreau à nettoyer, le ronronnement d’un moteur, vite passé, déjà oublié… Bref, une flottille de petits riens peu captivants, une foultitude primesautière et débridée qui ponctue le train-train de la vie courante sans laisser grande trace.

    Et puis… Et puis, soudain, sur le mur blanc que la nuit n’avait pas commencé à digérer, je l’ai vue apparaître, s’accrocher à ses aspérités. Oh, ce n’était qu’une ombre, un petit fait qui s’exprimait au hasard d’un reflet lumineux dont la source m’était inconnue et indifférente. Cette apparition n’était sans doute que transitoire. Transitoire mais pas sans intérêt, d’où mon attention à décrypter rapidement le phénomène.

    Cette ombre-là, faisait partie de celles qui captivent le regard et effacent tous les indices que le Petit Poucet de la vie sème sur notre chemin pour nous dissiper l’esprit.

    Je portais donc toute mon attention et mon intérêt à ce personnage, tout droit issu du monde occulte, qui tremblotait devant moi, affairé à tricoter quelqu’inquiétant sort.

    Sa tête était affublée d’un haut de forme, un chapeau vraiment très haut de forme, ressemblant à une bougie sans flamme et aussi grande que le personnage lui-même. Au risque de paraître triviale, je peux dire qu’il était coiffé ! Les lèvres légèrement en avant il semblait siffloter tout en s’affairant, non sans désinvolture, au maillage de son sortilège.

    À sa robe volumineuse terminée par une traîne, je subodorais que ce devait être une sorcière. Un sorcier peut-être ou encore un chaman en villégiature sur le mur de ma maison de campagne. Au domaine vestimentaire quelque peu excentrique des jeteurs de sorts on ne peut savoir avec certitude à quel genre nous sommes confrontés. Cela n’a d’ailleurs aucune importance, ces gens ne sont déjà plus vraiment de notre espèce et je n’envisageais aucunement de l’inviter à ma table pour partager, vue l’heure, ne serait-ce qu’une tisane.

    Je l’observais. Je cédais à ma curiosité sans l’ombre d’un remord et, je l’avoue, avec un certain intérêt. Cela ne semblait pas le déranger, il traficotait de ses mains son ouvrage funeste sans prêter attention à quoi que ce soit d’autre. J’étais admirative.

    Tissait-il une vie qu’il interromprait soudain en sectionnant un fil, à la manière des Parques ?

    À peine avais-je envisagé cette possibilité que la Lune, libérée par un nuage qui en occultait jusque là la lumière, chassa le personnage, emportant avec Elle tout son mystère.

    Ainsi mit-elle fin à mes élucubrations.

murmures de mur
quelques brins d’ésotérisme-
le rire du hibou 

Donsimoni Adamante -112037052867


 

 

vendredi 18 septembre 2026

Pour la page 262

 Reprise de l'herbier, parution 

lundi 28 septembre



Remise des textes avant le 26 

À envoyer dans le corps du mail à l'adresse de l'herbier

Sans rien oublier de l'habituel (lien, nom, titre en minuscules...)

💫

Vous avez envie de rejoindre notre groupe ?

soyez les bienvenues et les bienvenus.

💫

Ici pas de jugement, pas de correction

vous pouvez toujours poser des questions, solliciter un éclairage... 

💫

Nous progressons par l'envie, la curiosité

La lecture des auteurs connus ;

Celle des autres participantes et participants ;

Animés par le désir de se parfaire, de se dépasser, 

Tout en se faisant plaisir. 

💫



lundi 13 juillet 2026

Page 261 (suite à la 136)


MarHak






Le monstre


On l'appelle
Le monstre du Loch Ness
Si tu vas en Ecosse
N'oublie pas de monter là-haut
Légende ou réalité
Le touriste friand en redemande.


Certains soirs d'été
Dit-on, il peut surgir
D'entre les algues et l'écume
Tel un diable hors de sa boîte
Et replonger pour, une éternité...


Mais on dit tant de choses
Qui nous détournent des autres
Ca occupe les esprits
Ca meuble les conversations
Le vrai monstre est à nos portes
Avec son parfum de fin du monde...


jill bill




💛💚💛




Un vent venu de l'Est


Un vent est passé
Un vent d’Est
Un vent mauvais
Il a cassé les branches,
Ployé les roseaux
Epouvanté les tourterelles
En mer, il malmène les bateaux
J’entends son mauvais esprit
Qui ricane dans le bois
Fait son ramdam, fait son malin
Sa rancoeur vissée à sa carcasse
Qui se tord et veut du mal.
Les arbres et les herbes
Patientent, font le dos rond…
Quelque chose me dit
Qu’au fond de l’océan
Au delà des nuées
Epuisé et vaincu
Il finira sa course folle.

Nous ouvrirons les fenêtres
Sur des couleurs nouvelles
Et nous respirerons

Marine Dussarrat




💛💚💛


Lisière

Il y a une minute, elle n'y était pas.
C’était elle qui attendait d’être vue.
Ce n'est pas moi qui cherchais une pie.
À présent, elle est là, et tout le reste paraît presque anodin.
Je ne regarde plus ce tableau de la même manière.
Noire et blanche, la queue effilée d’une pie.
Le plus beau, c'est que le paysage finit par lui ressembler.
Le pré, les fourrés, les reflets pâles :
tout est devenu le décor nécessaire à sa présence.
Mon regard n’est plus libre.
D'ailleurs, je me demande si ce n'est pas elle qui a peint le tableau.


Mona



💛💚💛


Au fil de l'eau


Le ruisseau emporte nos rêve d'antan,
Assise sur la rive je les regarde flotter,
Ils sont tous là en technicolor,
Dentelles éparpillées dans le tumulte de l'eau
Ils glissent un à un sur les galets ronds,
Et me font signe en passant.

Ils chuchotent des mots,
Les mots que nous disions,
Lorsque nous nous aimions sur la mousse de la rive,
Le printemps était jeune encore.

Livia




💛💚💛



Pour se souvenir

J'avais oublié
ce que m'avait inspirée
la page de l'Herbier.

Amnésie pour m'alléger
de trop pesants souvenirs

Incapacité
à aider, à secourir
sentiment d'échec,

tragédie du choix cruel
d'abandonner pour survivre.

L'image m'évoquait
un voilier dans la tempête
échoué dans les algues

les dérives de notre monde
les océans menacés.

Mes mots murmuraient
une détresse indicible
et mon impuissance,

sa vie fracassant nos vies
sur les blancs de sa mémoire.

©Jeanne Fadosi, dimanche 5 juillet 2026
pour se souvenir de la page 136 de l'Herbier de poésies


Et puis doucement l'idée a fait son chemin de rapprocher cette image 
de celle de la page 260 que je n'avais pas pu faire.


Cascades

Sous un regard neuf
inspiré par la cascade
et son cheval blanc

Y aurais-je deviné
dans son sillage l'écume ?

et un autre destrier
robe blanche, tête de feu
surgissant des flots

ou un surfeur tout en noir
raccommodant la grand 'voile ?

©Jeanne Fadosi, lundi 6 juillet 2026
pour se souvenir des pages 136 et 260 de l'Herbier de poésies


En illustration sonore :
Barbara, album Pantin 1981



💛💚💛

 

D’hier à aujourd’hui :

 

Imperceptiblement, tout a changé,

La cascade d’or s’est tue,

Je doute, parfois, qu’elle ne coule encore,

Si ce n’est dans un fracas d’orage

Charriant quelques branches mortes.

Aujourd’hui, tout est figé

Rien n’est pareil.

 

Sous les caprices,

D’un vent qui souffle fort,

Les couleurs même s’estompent et changent,

Le jaune devient sécheresse,

Le rouge s’enflamme,

Bleu et vert se raréfient.

Tout est silence.

 

S’accordant à la violence du temps,

Notre terre mère s’emporte

Malgré tout j’espère !

 

Demain sera tout autre…

 

ABC  Commentaires ici.

 


💛💚💛


Les couleurs du voyage


Les couleurs se mêlent, s'enlacent
Elles crient la vie, l'apaisement, la joie, la renaissance
Elles vibrent de soleil, de paysages, d'îles et de voyages, de rencontres
Une palette de bleus: l'appel de l'océan, de l'infiniment grand, de l'inconnu
Sur le drap blanc des nuits, le déroulé de rêves à profusion
Des heures entières à peindre un nouveau monde
Il est grand temps ami, de lever l'ancre, d'avancer encore, encore

Toi, tu marches sous le soleil ardent en quête d'autres images
Du désir de chasser les ombres, de panser la blessure
Sur ce chemin d'épines où tant de noir te hante
Laisse place à l'oiseau, à la fleur, à l'abeille, au sourire passant
A la couleur du ciel, de la mousse, du couchant, des lucioles
De chaque instant drapé dans la douceur des choses
Pour que l'automne enfin revenu te soit plus doux

 

Balaline 09/07/2026 
https://mado.eklablog.net/

 

 

💛💚💛



La terre a rompu le silence


Elle a rompu le silence
battu en brèche les certitudes
bouleversé l’insouciance
rappelé l’heure de la sève
aux assècheurs de rêves

aux myopes de la spiritualité

aux avides, aux tyrans, aux immobiles
à tous ceux qui se pensent justes

et qui ne le sont pas.

Elle a tonitrué son chaos
avec ses eaux

avec ses vagues déchaînées
avec son ciel de nuages
avec son souffle dévastateur
avec le feu de ses profondeurs

alors...

Avec son impartialité

avec ses soubresauts

ses gémissements
ses cris

ses douleurs

elle a cinglé sans aménité
la poignée humaine qui désacralise
et la multitude qui la laisse faire


Elle lance enfin ses derniers assauts
pour tenter de sauver ce qui reste
de l’espérance
de la vie
de la tendresse
et de
l’amour.

La Terre.


Donsimoni Adamante-La terre a rompu le silence-ISWC T-341.766.383-9

   26 juin 2026 





💛💚💛










samedi 27 juin 2026

Souvenir de la page 136

 


À tous les brins laissés errants dans le vent du silence

pour interrompre, l'espace d'un instant, cette pause qui s'éternise, 

et parce que l'Herbier me manque un peu, voire plus. 


Si vous n'étiez pas encore de la famille des Brins de l'Herbier

ou si le cœur vous en dit de réitérer la performance

Petit flashback (du précédent blog alors non différencié du mien propre) 


Si l'image vous tente ou re-tente

Si vous avez encore envie d'écrire dans ces pages

N'hésitez pas à m'envoyer vos textes jusqu'au 10 juillet

Ils seront les bienvenus.


Je vous espère en pleine forme malgré tous les aléas qui jonchent notre Terre.


🙏Adamante🙏




MarHak



Cascade d’or :

Au fil de la vie, chaque paysage emplit sa garde-robe de nos souvenirs et s’habille de la richesse de nos regards.

Sans mot, sans voix
j’écoute la cascade d’or
son chant d’eau

Verrais-tu seulement ce que j’y vois ? Te souviendrais-tu de nos escapades ?

A fleur d’enfance
renaissent les souvenirs -
notre torrent alpin

Là-haut, tout là-haut le glacier recule lentement, en bas la cascade nous enchante.
Entre pont et barrages d’un jour, se bousculent nos jeux d’alors, fous rires et inconscience…

Aux couleurs chaudes
se mêlent bleu et vert tendre
l’été s’installe

Tant de saisons depuis ont défilé, parsemées des multiples nuances de la vie. Couleurs et nuances se coordonnent. Les unes faisant échos aux autres, du printemps à l’hiver, oscillant d’hier vers aujourd’hui et réciproquement… Goutte à goutte, la clepsydre s’écoule. Les années passent…
Seule, je contemple le paysage, en remontant l’horloge des ans…

Un tableau
m’y voilà, nous y sommes
c’était hier

sans toi l’absence s’y incruste
aujourd’hui




💛💚💛


Naître, voguer et disparaître


Comme le tableau de MarHak
Naître, voguer et disparaître
La vie, n'est point banal cadeau
Élixir ou poison
A la veine ou déveine
Selon que nous soyons
Puissant ou misérable
Noir ou blanc...
Je ne suis ni pauvre, ni pleine aux as,
Ni sombre, ni claire
J'aime à dire colorée
Comme ce monde, cette peinture 
Où une coquille de noix
Cingle vers l'horizon
Tantôt chahutée, tantôt paisible...
Sans jeter l'ancre
sans jamais abandonner
J'arrime mes jours
Voile gonflée
Front face à la tempête
Faiseuse d'avaries
Elle arrive à me trouer, je recouds
Elle me troue encore
Je re'recouds, et tiens bon,
   La mer s'en finit toujours par tomber...
Corne de brume
  Pour les matins
A couper au sabre,
 Chanson aux lèvres
Pour les soirs heureux
 A sabrer une bouteille 
   Douce ivresse du contentement...
 D'un soleil à l'autre
 embarquer dans l'aube nouvelle
d'un hisse et haut






💛💚💛




Voiles déployées


Voiles déployées
Comme un grand bateau blanc
Sous un ciel turbulent
Qui se laisse emporter
Bousculer vaillamment
Toutes voiles dehors
Fanions qui claquent au vent
La vie est diablement fascinante
Pleine de peps, de folie
De dangers, de couleurs
Sans prévenir
 L'eau assaille, ruisselle
Gronde, clame à tue-tête
Le voilier tangue et rebondit
Il rit dans sa cape
Il aime l'aventure
La course, le combat, les défis
Les rencontres incertaines
Qui mènent aux iles d'or
Paradis des vainqueurs




💛💚💛




Dans le silence des mots tus


Dans le silence des mots tus, je me noie dans la contemplation de la peinture. Peu à peu l'eau et les algues. Peu à peu le sable et la tache.
Épave sur la plage
dans le clapotis d'écume
flaque rouge sang
Les traits de l'outil, pinceau ou couteau, ont fait vivre la peinture. Les coraux se meurent. Le bois flotté fait sculpture et remplace les vivants.
Quand tout fait mirage
pour crier mon désarroi
je n'ai plus de mots.
Alchimie étrange que ce mélange de rage et de douceur, la prairie sous-marine, désertée par la faune, fait linceul. Repos éternel, bercé par la houle.
Quand tout fait naufrage,
je n'ai même plus de colère
sans résignation.



Illustration musicale
Debussy, La cathédrale engloutie





💛💚💛




Floïde, fils de Cahout, petit fils de Cahout


Au fond, tout au fond de la grande forêt aux arbres vertigineux,  le soleil n’atteint jamais le sol.
Mousses et lichens-
Elle se promène sans peur
La grande limace
Sous le couvert des branches tissant une toile vert bouteille ,  Floïde, fils de Cahout, et petit fils de Cahout, s’ennuie à mourir.
Une… deux… trois fourmis…
Noires comme le jour
Sans ami et sans joie
Floïde  se morfond en soupirant très fort. « Qui souffle ainsi  à m’assécher le dos? »  se plaint la grenouille verte. « C’est moi Floïde, fils de Cahout et petit fils de Cahout ».  « Cahout? Jamais entendu parlé. Pourquoi ce vent sur mon teint satiné? ».  « Parce que je ne sais pas quoi faire. C’est casse-pieds! ».   « Ah bon? A ce point là? Allez, suis-moi petit Floïde! »
Nappe d’eau dormante-
Feu d’artifice
Des libellules
« Alors Floïde? Un bon bain, ça te dit? » . »C’est que… » hésite le petit Cahout.  « Quoi? Cela ne te fait pas envie avec ce temps sec? ». Floïde avoue, piteux « Je ne me suis jamais baigné. C’est défendu ». « Défendu? Pourquoi? » s’étonne la grenouille. « Je ne sais pas. C’est interdit, c’est tout ».  « Bah, sûrement des bêtises d’adultes qui ne veulent pas que tu te baignes tout seul. Mais je suis là pour te surveiller. Allez viens! » Et hop!  Le batracien saute à l’eau et,  hilare, asperge le petit Cahout.
Aux reflets de l’eau
En ricochets
Moult éclats de rires
Floïde ivre de bonheur plonge et remonte couvert de feuilles et d’algues. Il barbote, frappe le liquide, fait des bulles. Tout à son allégresse ne s’aperçoit pas qu’il se délave à vue d’œil. Le voici jaune comme un citron.  Qu’importe. Il n’en a cure. C’est si bon la vie quand on a un copain!



Galerie de tableaux:



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L’eau et le bois mort

 

De l’eau, le soleil, comme de la mère et père tout à la fois, l’enfant.
Du milieu aquatique, le bleu reflet de ciel, le vert. L’air nourricier indispensable aux racines joue d’échanges gazeux à la surface du magma.

Une fougère
quelques algues alanguies
et le bois mort

Il flotte dans le courant
un grand désir d’ascendre

Le monde balbutie, expérimente formes et mouvements, couleurs et parfums. Déjà il est en partance pour sa fin. L’or du printemps est éphémère.

Vivre c’est s’user
aux frottements incessants
du temps qui passe

Le rouge n’a qu’un temps, il brûle puis doit laisser place. La cendre succède au feu, c’est la loi.

Tenir n’est pas vivre
vivre n’est pas soumettre
vivre c’est être

Vivre, c’est comprendre la nécessité de composer à chaque instant avec le chemin, de s’arrimer, racine bien en Terre, afin d’accueillir le ciel. Demeurer tout à la fois souple et droit, c’est cela la maîtrise.

L’homme déterré
déboussolé, titube
au final, noyé.




💛💚💛