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lundi 2 mars 2026

Page 256

 



L'oeuvre de mon chat

 

Encre de chine
Ombres chinoises
Le chat a renversé l'encrier
En déferlant
Sur la page blanche
Et en pattes de velours
A disparu, ni vu, ni.........
Sans faire de vague,
Poudre d'estamp'ette !

Encre de chine
Ombres chinoises
Ou jardin japonais
Chat siamois sournois
Je te rebaptise Hokusaï !

En noir Soulages
l'oeuvre de mon patte-pelu
Inestimable !


🌴 💚 🌴

 

L'encre du dormeur 


Il s’était assis dans le jardin pour écouter le silence. 
Les pierres
Les mousses
Les ombres légères lui avaient offert un repos qu’il n’attendait plus. 
Peu à peu 
Son souffle s’était accordé au rythme du lieu
Jusqu’à ce que ses paupières se ferment d’elles‑mêmes.  
Le pinceau glissa de sa main
Mais le papier resta ouvert
Patient.

Dans ce demi‑sommeil où le monde se déplie autrement
L’encre trouva son propre chemin. 
Elle s’étendit sans bruit
Telle une brume qui se pose sur un étang. 
Rien n’était prémédité
Pourtant tout semblait juste.  
Lorsqu'il se réveilla
Il ne reconnut pas les formes. 
Elles venaient d’un endroit où il n’avait pas encore marché.

Sommeil du poète
l’encre rêve à sa place  
jardin immobile


      MARIE SYLVIE
  


 

🌴 💚 🌴


 

Jardin d'hiver


J'observe l'image et son titre m'est énigme. Ce noir si noir sur l'immaculé du blanc brouille mes idées dans le silence des mots. C'est que je n'imagine pas ainsi un jardin japonais.

En fermant les yeux
c'est un jardin enneigé
qui dort sous l'hiver.

Maintenant s'impose à moi un jardinier au bord du précipice. De quelle plante prend-il soin en cette saison de dormance ? Mais l'image se déforme comme un continent avec son chapelet d'îles.

Quelques taches d'encre
faisant paréidolies
mes pensées s'envolent

 



Et comme il se doit, en illustration sonore l'incontournable   
Jardin d'hiver de Henri Salvador, 2000


🌴 💚 🌴


Ce n’est qu’un au revoir :

 


Elle lui offrirait un petit jardin japonais en cadeau d’au revoir, témoignage de leur profonde amitié. Elle y réfléchissait longuement, l’imaginant proche de la nature, simple et gai, à l’égal du lien qui avait su les unir au fil de leurs rencontres et de leurs partages...

Elle le concevait printanier aussi chaleureux et doux que la saison qui s’éveille, mais dans son cœur à elle, elle ne le voyait qu’en noir et blanc, arrosé de perles de rosée, comme les larmes qu’elle n’arrivait pas à étancher et surplombé de soupirs nuageux, comme des messages murmurant combien elle lui manquerait…

Il lui faudrait le temps de laisser passer le choc de la séparation et des kilomètres qui les éloigneraient pendant de longs mois. Elle savait que dans son cœur, le noir s’estomperait et que son jardin intérieur aurait de nouveau la beauté parfumée des cerisiers en fleurs…

Elles s’inventeraient toutes deux des rendez-vous et des échanges différents toujours aussi denses. Leur connivence ne pouvait pas s’éteindre.

La distance ne stoppe pas les amitiés sincères.

 

l’oiseau envolé

son jardin perd ses couleurs –

larmes passagères
 

ABC 


🌴 💚 🌴

 


L'ancêtre

 

    Loin du tumulte des hommes, l'ancêtre cherche le repos de l'esprit au sein de son jardin. Celui-ci est petit, si petit. Mais qu'importe, cela lui suffit. Quelques mètres carrés de pelouse avec, en fond de décor, un érable rouge et un humble groupe de bambous frémissant au moindre souffle d'air. Près de la maison, à droite, un mini cyprès s'érige en garde du corps de trois gros pots contenant des bonsaï. Ils sont sa passion, sa fierté. A gauche, comme lui répondant, se dresse une majestueuse fougère vert tendre, largement épanouie. A la saison, seule note colorée, le délicat bleu parme d'une glycine colonisant, peut-être un peu trop librement, la façade de son habitation.

    Sa tasse de thé parfumé à la bergamote à la main, le vieil homme laisse vagabonder ses pensées, tout en observant l'avancée méfiante d'un rouge-gorge.

    La course du monde s'emballe. Pourtant, ici, au cœur de son univers miniature, le patriarche de la ressent pas. 


Au cadran solaire-

il court le temps, il court, mais

le rêveur s'en moque

 


🌴 💚 🌴

 Le jardin japonais

 

    Le jardin ne s’offre pas d’un seul regard. Il se découvre à pas lents. Je ne vois d’abord que des formes noires, aux contours qui semblent tracés à l’encre, précis et paisibles. Le blanc les entoure sans les toucher. Il ne les adoucit pas : il les révèle. Chaque contour tranche, affirme, retient.
    Ces​ formes noires reposent comme des îles dans une mer immobile. La pierre en est l'élément principal.
    Ensemble, elles créent un paysage miniature sur une surface restreinte qui invite à la contemplation. 
    À droite, une masse dense, abrupte, presque verticale, comme une montagne arrêtée dans son élan. 
    À gauche, une forme plus découpée. Selon l’angle du regard, elle devient île — ou oiseau posé, ailes repliées.
    Entre les roches, un espace soigneusement lissé. Rien n’y pousse.  Pourtant le regard y circule comme sur une mer silencieuse. Plus je regarde, plus le vide devient présence.

 

deux formes sombres-
la montagne
devient oiseau

 

Claudie Caratini - Le 27/02/2026 
-Pas de blog - commentaires sur cette page.

🌴 💚 🌴

日本庭園



au sommet du mont
le pin courbé par le vent
ne se plaint jamais

au bord du trou j'ai appris
à faire un pas de côté


Mais en premier temps l'Herbierr a reçu un poème avec rime (rhooo lalala!) mais on va faire comme si...   Shut : J'adore faire comme si ! Alors voici :

 

日本庭園

 

 

色は

消えてしまうように思える

 

けれど

少しの愛を与えれば

また戻ってくる

 

 

On croit que les couleurs s’en vont

quand elles nous laissent au bord du jour

 

Mais elles reviennent à pas lents

si on leur donne un peu d’amour


🌴 💚 🌴 



La fin d’un monde



Le soleil a disparu et le ciel pleure sans fin.

La terre toute noire est morte.

La mer toute blanche écume, bouillonne,

Et noie insidieusement la terre.

L’homme a disparu, emporté par sa folie.


Livia



🌴 💚 🌴



De nuit, de jour


Flaques ou tâches, ombres, reflets, des arbres nuages jouent dans le petit bassin.

En noir, en couleurs qui choisira ? La nuit tous les chats sont gris, mais le jour venu, c’est autre chose.

J’ai rêvé d’un pont japonais en bois rouge se mirant dans l’eau ainsi que des érables aux couleurs éclatantes sous la lumière qui nous donne la vie.


Le soribashi

donne au jardin japonais

tout son éclat


Le rouge est la couleur sacrée au Pays des célébrations, il est important de marquer le passage entre la vie des hommes et les dieux.

La nuit perfide succède aux éclats que le jour exalte. Il faut choisir si on va rêver en noir ou en couleurs.


28/2/2026 Marine Dussarrat

 

🌴 💚 🌴

La femme au bonsaï



    Je la vis agenouillée devant un arbre miniature, comme en adoration. Je sais combien de patience il faut pour contraindre un arbre au nanisme, combien de soins, de précision pour couper ses racines et éviter sa mort. Cela confine au grand art ! C’est bien là la prétention humaine, tout formater, tout maîtriser, imposer, obliger, réduire.

    Se tenir à genoux devant sa création n’exprime pas l’humilité. Dans ce tableau, tracé à l’encre du défi, c’est l’ombre de la vanité que j’ai vue s’inscrire sur le rideau du ciel, tout en haut de la montagne d’où s’élevaient d’inquiétants nuages noirs.

    L’artiste en pensant sublimer, pris au piège de son utopie, serait-il toujours celui qui contraint la matière au nom de son imagination fertile ?

    Non loin de la femme, tout en s’éloignant, un oiseau, voyageur de l’immensité, la regardait. Il semblait se moquer. Peut-être fuyait-il, et pressé lui abandonnait une plume. Piètre vengeance d’un volatile pour la mise en esclavage de la nature car il se pourrait bien qu’il lui laissa ainsi, à dessein, la frustration de ne pas l’avoir mis en cage.

    Comme il semble lourd celui qui n’a pas d’ailes à celui qui connaît les ivresses du ciel.

    L’oiseau, la femme au bonsaï, avec le vent du froid, en haut de cette montagne à n’en plus finir, je contemplais la solitude des âmes.


miracle illusoire
sous la main enchanteresse -
l’ombre d’un éclair

 

Adamante Donsimoni - Le 28 février 2026 

  


🌴 💚 🌴


 



vendredi 27 février 2026

L’anti poésie







Coucou les Brins,

 

    L’IA n’a pas d’âme mais elle est rapide et bluffante, toutefois y faire appel pour qu’elle rédige à notre place ne peut que déboucher sur le vide et les images sans fond (comme « encre dans le vent* premier haïku ci-dessous).

     Seuls survivront les vrais poètes, les vrais amateurs de poésie, ceux qui partent à l’aventure pour se parfaire, et dans la forme et dans le fond, en puisant dans leurs émotions, leurs aspirations, leurs blessures, leurs états d’âme et leurs faiblesses car il n’est pas de beauté sans imperfection. Le reste, comme pour le mauvais théâtre, ne sera jamais que singerie et mensonge.


Pour tester, j’ai demandé à l’IA d’écrire un haïku et un tanka à partir de ces occurences :
oiseau - jardin japonais - encre de chine

Résultat :


Haïku

Oiseau immobile-
jardin de pierre et de mousse,
encre dans le vent*


Tanka

Sous le pin courbé
un oiseau frôle l’étang
silence d’encre

le jardin boit son ombre
dans la brume du matin


Ce tanka n’est pas vraiment bon parce qu’un tanka, dans ses deux derniers vers, ne doit pas donner de réponse ni être démonstratif. 
On attend mieux d’une IA.
À noter que la tradition veut que l’on ne mette pas de majuscule dans le haïku et le tanka.


Par curiosité, j’ai poursuivi en demandant à l’IA :

 

- Un Haïku sur un moulin à café
Là le résultat est excellent, mais quel véritable amateur de poésie osera le signer ?



Moulin à café-
dans le matin silencieux
gronde l’arôme noir



- Un Haïku sur une clef à molette
Là encore le résultat est excellent, mais quel véritable amateur de poésie osera le signer ?




Clef à molette-
dans l’atelier du matin
un boulon cède.


- Un haïku sur une vieille voiture
Pas mal


Vieille carrosserie-
sous la rouille dort encore
un été lointain.


Enfin, pourquoi se retenir ? j’ai demandé à l’IA de rédiger un haïbun à partir de la description d’une image représentant :

une femme – un bonsaï – un oiseau – un montagne – encre de chine (vous l’avez reconnue).


Le résultat est intéressant, mais ne serait-il pas possible de faire mieux ? Et d’ailleurs, le jeu en vaut-il la chandelle ?

Voici le haïbun de l’IA :


    Dans la lumière pâle du matin, elle s’assied près de la fenêtre ouverte. Sur la table basse, le bonsaï incline son tronc noueux comme un vieil homme patient. La femme trempe son pinceau dans l’encre de chine. Une lente respiration. Dehors, un oiseau traverse le jardin d’un battement vif, puis se pose- minuscule éclat vivant dans l’immobilité.

    Elle trace une première ligne. Le noir s’étire, fragile, irrévocable. Le bonsaï devient montagne, l’oiseau devient silence, et son cœur apprend la retenue.

    Le monde tient dans un geste.

Sur le papier blanc
un oiseau d’encre s’envole-
le bonsaï veille.

 

Signé : Chat GPT 


Nous voilà, les amies, rendues dans ce monde où plus aucune image, plus aucune vidéo et plus aucun texte ne peut présenter une vérité humaine et cela est à la fois extraordinaire, déroutant et désolant.

Il y a là matière à penser. Si toute nouveauté inquiète elle peut toujours avoir un aspect positif.

Toutefois, en poésie, je pense que le travail intellectuel, mêlé à celui du cœur, est le chemin solide pour progresser.

L'IA peut-elle être un « maître » en la matière ? Il est sans doute trop tôt pour le dire, j’ai quelques craintes car notre monde est entré dans l’univers de la consommation lié à l'absence de questionnement, et aussi beaucoup d’espoir.


Adamante





lundi 16 février 2026

Page 255 - le cavalier -Chagall-


Esquisse pour "Le Cavalier" Gouache, encre et tissus imprimés peints sur papier Marc Chagall




Une pensée particulière pour ceux et celles qui ont souffert de la tempête.


💖💘💖


Souvenir tendresse


Cette image du Cavalier de Chagall que j'ai regardée l'autre jour avec ma petite fille nous a fait sourire toutes les deux car elle évoque aussitôt une histoire merveilleuse de mon adolescence, et j'ai lu dans ses yeux de l'émotion et une pointe d'envie devant tant de romanesque.

A seize ans, nous étions amoureux, romantiques, avides de liberté mais nos parents étaient bien trop sévères alors quant à nos fréquentations, nos permissions de sorties. C'était donc souvent quelques moments dérobés, des rendez-vous manqués et des désillusions.

C'est dur à vivre d'habiter à l'autre bout du village et de compter les heures en attendant de se retrouver. Pas de portable, pas d'internet pour communiquer, juste une boite à secrets bien cachée dans un trou de muraille, relayée par les copains qui y glissaient nos petits mots voyageurs. 

Et puis un matin ordinaire, ce petit message : " pourras-tu me rejoindre vers 11 h sur le chemin de C ?"

J'avais toujours le coeur battant avant un rendez-vous, viendra -t-il, peut-être, pas du tout ?

Peu importe son moyen de locomotion ou même un retard !

J'attendais donc sous le grand chêne quant un bruit de galop a fait battre mon coeur un peu plus fort.

Sa mèche blonde au vent, monté à cru sur la jument gentiment prêtée par un voisin complice et comme bien souvent un bouquet de fleurs des champs dans la main, voilà mon beau cavalier tout sourire et les yeux pétillants .

Quelques instants de grâce, presque irréels, une photo gravée dans la mémoire, un souvenir impérissable ! 

Cette belle image ne s'est pas envolée au vent,et tant d'années après fait remonter avec nostalgie tout le fougueux, l'imprévu, l'impatience de la jeunesse, les instants que l'on a cru perdus et aussi ceux vécus précieusement/


Cette belle image ne s'est pas envolée au vent, et tant d'années après fait remonter avec nostalgie tout le fougueux, l'imprévu, l'impatience de la jeunesse, les instants que l'on a cru perdus et aussi ceux vécus précieusement/


Un moment volé
enrobé de tendresse
à l'autorité

magie d'un matin bonheur
nos belles pages ravivées


Balaline   13/02/2026

https://mado.eklablog.net







💖💘💖




 

Le galant

 


J'ai rendez-vous avec vous
Valentina
Je ne ménagerai ma monture
Qui se cabre
Dans les ruelles intriguées.
J'accours
J'ai le sang chaud !
J'ai quitté Don Quichotte
Qui se bat contre les moulins à vent,
Ce n'est que de la folie furieuse.

J'ai rendez-vous avec vous
Valentina
Je vous imagine, je vous espère
Comme l'Eve du paradis
Chevelure brune déployée.
Je couvrirai votre sein
D'un bouquet de fleurs des champs
J'ai quitté Don Quichotte
Vous seule faites tourner
Les moulins de mon coeur...

Bien endimanché
à cheval sur son mulet
Une autre conquête

 

jill bill


https://jill-bill.eklablog.com








💖💘💖







Sous le regard de la lune 

 


 

Couleurs, mouvement, fantaisie, rêve, pensées, imaginaire, en un tableau tout est là, dans la fantaisie magique du peintre, offrant sa vision chaleureuse de la vie. Liens et connivence entre homme, animal, nature et sentiments…. 

-       Galope petit cheval, ne te retourne pas, galope, ma mie m’attend…

C’est le jour d’offrir un bouquet de tendresse à celle qui souhaite ardemment un signe de son bien-aimé.

-       Galope, petit cheval, ne te retourne pas, ma mie m’espère…

Cette gerbe fleurie a bien été cueillie pour elle, et non pour un équidé gourmand.

-       Galope, petit cheval, le jour ne tardera plus à s’éteindre. Je me dois d’être ponctuel la nuit s’installe déjà. 

Au crépuscule, un rendez-vous galant sous le croissant de lune, c’est son futur qui en dépend. Son cœur bât, il est impatient.

-       Galope, petit cheval, ne te retourne pas, ma mie m’attend, ma mie m’espère, la vie va de l’avant…

 

son bouquet de fleurs
pour déclarer son amour

la lune en témoin

 

ABC


https://jardin-des-mots.







💖💘💖







Lorsque le rouge s'ouvre enfin


 

Je marche dans ce rouge
Comme on traverse une ancienne saison.
Il m’enveloppe encore
Mais il ne me dévore plus.

Longtemps il a été une bête tapie dans ma poitrine
Un souffle trop chaud
Trop proche.
Aujourd’hui il s’effiloche
Il se défait
Il devient un paysage que je peux regarder sans trembler.
Je sens que je n’y habite plus.

Dans cette étendue rouge
Je vois un cavalier passer.
Il ne me parle pas.
Il avance telle une ombre qui ne sait plus à qui elle appartient.
Je le reconnais sans l’appeler.
Il fait partie de mon hier
Mais il n’a plus de prise sur mon maintenant.
Je le laisse traverser ma mémoire
Comme on laisse filer un cheval fou dans un champ trop vaste pour lui.
Il s’éloigne
Et je n’ai plus besoin de me retourner.

À côté de lui un cheval apparaît étrange
Presque irréel
Comme peint dans les couleurs de mes anciennes échappées.
Je me souviens de mes envies de fuite
De ces élans silencieux vers un air plus respirable
Vers un parfum de vie meilleur.
Ce cheval-là je l’ai monté mille fois en pensée.
Il m’a portée loin
Très loin
Jusqu’aux premières clairières où je pouvais enfin reprendre souffle.
Il n’était pas une fuite finalement.
Il était une direction.

Et puis dans la lumière qui se dépose
Une femme se tient là
Les seins nus
Sans honte
Sans voile.
Je m’approche d’elle comme on s’approche d’une vérité longtemps attendue.
Elle ne baisse pas les yeux.
Elle respire pour deux
Pour toutes mes années muettes
Pour toutes mes peaux abandonnées.
Je comprends soudain qu’elle est ma renaissance.
Elle est ce que je deviens lorsque le rouge cesse de brûler.
Elle est l’avenir que je me donne
Lentement
Patiemment
Avec une douceur que je ne croyais plus possible.

Alors la toile entière se met à bouger autour de moi.
Les couleurs se réorganisent
Les formes se délient
Les ombres se dissipent.
Je ne suis plus spectatrice.
Je suis celle qui traverse
Celle qui relit
Celle qui respire autrement.
Le rouge devient un seuil.
Le cavalier un passé refermé.
Le cheval un souffle d’élan.
La femme une promesse tenue.

Et moi au centre
Je me tiens debout.
Je ne cherche pas à prédire ce qui vient.
Je marche simplement dans ce qui s’ouvre.
Je ne veux pas oublier.
Je veux vivre avec une lumière nouvelle.

Sous le rouge qui se défait,
je recommence à naître.
     
J'avance
non pour oublier
mais pour naître encore.


Marie Sylvie
https://mariesylvie.blogspot.com/

 


💖💘💖






Esquisse



Il est de cette race légère,
à la robe chamarrée.

Il a du ciel dans l’œil,
le bleu tendre des champs de lin,
la turquoise polie par le temps,
un lac qui miroite au printemps.

On n'imagine pas tout ce qu'il y a
dans l’œil du petit cheval
signé Chagall.

Mona

saisons







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Le cavalier de la lune

 

Où va-t-il, ce cavalier, rêvant à sa belle un peu sirène ? Il a fait un bouquet de ses couleurs dérobées à sa palette.  Pierrot au manteau d'arlequin à quelle ballerine a-t-il emprunté le cheval de cirque ? Où sont les ailes de Pégase pour gagner le paradis ? Naguère une belle l'y aurait attendu. L'amante, séduite et délaissée, regarde loin devant tandis que le cheval retient le temps, la tête tournée vers le cavalier, comme murmurant à l'oreille de l'humain. A moins que son regard ne porte plus loin vers le passé. Est-ce là-bas une mère lestée d'enfants ?

Va le cavalier
chevauchant dans les enfers
au clair de la lune

©Jeanne Fadosi, jeudi 12 février 2026






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Nuit de demi-lune

 

Un monde flottant s'ouvre dans le silence.

Un cavalier traverse le temps dans une errance exaltée. Un feu intérieur le porte, le rouge flamboyant l'embrase. Son cheval impétueux fend l'air comme si la route n'existait plus. Ivresse du coeur- il avance sans détour vers ce qui l'attend.

Dans le ciel, la musique d'un violoncelle plane et l'enveloppe. Les notes vibrent comme une flamme invisible.


Dans ses mains, un bouquet de fleurs tremble, espoir silencieux d'une bien-aimée.




bouquet palpitant
sous le pas du cheval-
le temps vacille.


 

Claudie Caratini     -déposer les commentaires sur cette page-   








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Sur la piste






Un cavalier rouge
Monté sur un cheval blanc
Fait des caracoles
Sur une piste rougeoyante
Devant un joyeux public

Mais tout ce rouge et ces cris, énervent la bête qui se cabre !
Le cavalier pourra-t-il rester en selle ?
Ouf ! il réussit à calmer sa bête et reprend ses caracoles,
Sur la piste rougeoyante.

Livia


https://liviaaugustae.over-blog.com/







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Il rêve 



Dans sa petite chambre de l’appartement parental, au dernier étage d'une tour de cinquante étages, il rêve l'enfant, il rêve... d'une autre vie.

Celle, si lumineuse et colorée, enrubannée de musiques gaies et entrainantes, qu'il a découverte en compagnie de ses parents. C'était son cadeau pour avoir ramené un excellent carnet de notes: assister à une représentation au Cirque  Pinder. Il en est revenu ébloui.

Soirée festive-

la lueur des becs de gaz

plus pâle que celle de ses yeux


Martine Madelaine-Richard

https://martinemrichard.fr/blog


 



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Le cavalier rose



    Il chemine dans la ville son bouquet à la main. Sa monture aux grands yeux bleus, attirée par le parfum envoûtant des fleurs, semble vouloir goûter au succulent repas que le fringant écuyer protège de son mieux.

    Un bouquet pour l’amour, pas du foin pour un cheval !

    Avec qui a-t-il rendez-vous ? Avec la Belle Calendula que l’on aperçoit, alanguie au travers d’une fenêtre de son esprit, là sous la patte du destrier torturé par le désir ? Elle tourne pudiquement la tête, mais sa poitrine, sans retenue ni provocation, s’offre à son souvenir. L’amour se fait rose quand l’espoir se fait vert et que la nuit enveloppe la ville de son manteau de songes colorés.

    Cavalier rose pour rêve bleu sous un croissant de lune prometteur. Prend garde chevalier servant, l’amour est un diamant qui tranche et illumine.

    Un homme et une femme plus âgés, situés de chaque côté de la rue, un couple ? l’observent. Plus d’impatience, plus de regards brûlants, plus de galops dans leurs poitrines. La fougue s’érode au contact des ans. Happés par leurs souvenirs au passage de cet amant fébrile, se revoient-ils avant ? Vivent-ils la nostalgie de leur jeunesse ?

    Dans bien des carcasses vieillissantes bat toujours un cœur de vingt ans, et l’enfant qui n’est jamais loin se demande ce qui lui est arrivé face au mensonge du miroir. L’âme n’a aucun pli mais elle reste invisible.

un simple bouquet

un cœur qui bat la chamade-

l’éternel chemin.



Adamante Donsimoni12 février 202 - le cavalier rose Code œuvre :  430718 

        Le champ du souffle 


D’après « Esquisse pour Le Cavalier » Gouache, encre et tissus imprimés peints sur papier Marc Chagall- Photo adamante prise à Beaubourg.




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