lundi 29 mars 2021

La page 175

 



Nos vies froissées...



Matin sachet de pain

Pain sur la planche

Planche à découper

Chacun sa tranche

Son pot de confiture....


Sachet vide,

Pots de peinture, une idée, en faire une « croûte »...


Covid19

Nos vies froissées

 Se prendre la tête...

 Mur sombre, bleu canard

Chacun son coin, nu, socialement...

Julie la rousse, la cantatrice chauve,

Privées de planches

A quand les trois coups !?


Il court il court le virus, fichtre, dame,

Sans peur du gendarme.


« Sachet de pain peint

je te gonfle, tu exploses

Eclats de rire »




jill bill








À mi-parcours :


Perplexité, doute, jovialité, indifférence, déception, amertume, partage, bien-être, tous les masques de sa vie défilent devant elle, comme un pêle-mêle de photos éparpillées au hasard, sur le reflet d’un ciel presque sans nuage.


Sourire ou grise mine

ses diverses facettes  s’exposent-

masques après masques


Des nuages il y en eut, des bobos aussi, tâches en touches, ombres rouges et idées noires à repousser hors cadre.


Dans l’intimité

se la jouer baba-cool -

simple mise à nu


Elle, pas elle, pas tout à fait elle, morceau par morceau, elle reconstitue le puzzle de son enfance jusqu’à ce jour. Son sourire énigmatique ne dit pas ce qu’elle en pense.


Chaque pièce

pour se construire

sa vie se bâtit


Non ce n’est pas un rêve, c’est elle en sa vision du jour. Perplexité, doute, jovialité, indifférence, déception, amertume, partage, bien-être, sans oublier l’humour qu’elle associe à la joie. Son baluchon est prêt pour continuer son propre jeu de piste. 


Fin de la pause

reprise après la mi-temps -

boussole en tête


ABC







NUES


Ensemble

Elles disent oui

Quand elles veulent

 Elles disent non quand c'est non

Nues sur la plage

A l'ombre d'un parasol

Dans le jardin sous un pommier

Sur la balancelle

Des chats, un chien, un oiseau

Pour toute compagnie

Nues

Elles écoutent de la musique

Un moment de langueur

Sous les feux de l'été

Sans équivoque

Ensemble

Sans besoin de mots



                                                        Marine Dussarrat

                                                










Ce que le Tout Paris comptait de plus chic, de plus artiste, de plus  tout Ci, de plus Tout ça, se pressait aux portes du Théâtre.

 

                             Sûr on m’y verra

                             Car j’ai mon mot à dire

                             Et je le dirai


Pas sûr qu’on l’entendît, car ce fut un tel brouhaha, qu’il termina en pugilat. 

Mais quel était ce musicien qui enfreignait aussi allègrement les règles ? 

Mais quel était ce chorégraphe qui faisait sauter les danseurs au plus haut qu’ils pouvaient jusqu’à toucher le ciel ?

 

                             Fureur d’un moment

                              À vouer aux gémonies

                              Un pur chef d’œuvre 


Et de nos jours encore, les plus Grands des Artistes s’y mesurent. 

Rien ne s’invente, tout se crée quand on laisse jaillir la Vie du profond de soi-même. 

Faite d’archaïsmes, de mythologie, de rites.


Françoise , 21 mars 2021


 

P.S. 

Outre le Tableau d’Adamante qui m’a fait immédiatement penser au Sacre du Printemps , le texte ci-dessus s’inspire de la vidéo.  https://youtu.be/FLzgLwPIy20              

Et pour ceux qui aiment la danse, là,  https://youtu.be/0VqaGkKQRCU   un extrait de la chorégraphie de Pina Bausch.








En apesanteur



Tout ce bleu profond

à la fois mer et ciel

berceuse et mélopée

pareilles à un chant d'allégresse

Toute cette fougue d'azur

un régal de réjouissances

de liberté retrouvée

où les naïades délivrées

voguent en apesanteur

dans ces flots devenus solaires

Adieu masques et entraves

voici la béatitude printanière

celle qui câline rayonne 

sacre

le voyage vers l'été insouciant


Balaline

26 mars 2021





Fenêtre sur un hypothétique possible

au pays de la liberté




Les masques sont de sortie

La nudité sautille

sans voile et sans remords


Oyez ! Oyez ! 

La grande pantomime

en sourires débridés

s'ébat ce soir dans la clairière


Venez applaudir

la femme zébulon

la femme tronc

la reine Guenièvre

le bébé charmeur

le lièvre et la tortue

le clown à trois têtes

les sœurs siamoises

le fantôme de l'Opéra

Le grand matou équilibriste

la créature d'Allien

rouge  flammes 

sang de braises

le feu

et


ceux qui se cachent encore

dans le grand chaudron magique de la création



Adamante Donsimoni







jeudi 25 mars 2021

"Un choc de lumière !"

 

Quand l'âme s'exprime et qu'un artiste est révèlé dans son humanité. Une découverte matinale à vous partager, les larmes aux yeux et le cœur comblé. "Un choc de lumière !"

À lundi pour la page. 

Adamante

 


 

Nadia a quitté ce monde deux mois après ce témoignage. 

 


 

samedi 20 mars 2021

Pour la page 175

 

Coucou les Brins,

Pas de problème de droit d'auteur, je vous propose une de mes dernières œuvres. J'espère qu'elle vous inspirera. 

Pour quand vous voulez, publication lundi  dans 15 jours.


Faites d'heureux jours, et n'invitez pas la peur à rentrer chez vous.


Adamante Donsimoni - acrylique 2020



lundi 15 mars 2021

La page 174 "Les deux fauves"

 Le Fauvisme : cinq choses à savoir

Et encore



La joie de Vivre" de Henri Matisse

Huile sur toile 174 X 238 cm -  exposée à la fondation Barnes, près de Philadelphie.




« Deux fauves »



1 Mattisse


Un Eden

Sans retenue, librement nus,

Amoureux enlacés,

Jeunes Eve se prélassant

Quand d'autres cueillent,

Jouent du pipeau, entrent dans la ronde.

 

Scène de joie de vivre insouciante.


Eté jaune soufre

 qu'une jeunesse se partage

Vie en rose bonbon



jill bill



André Derain, L’Estaque, route tournante, 1906, Museum of Fine Arts Houston




2 Derain


 Un marchand

En carriole à cheval

Sur la route tournante

  Et tournent les jours, semblables,

Sous la chaleur écrasante

Comme celle du four à tuiles...

Corvée de farine, d'eau en jarre

A pied, pour les sans mule

Quant un peu de repos s'impose

Pour d'autres.


Une contrée cuivrée

qui martèle les corps pareils

  Ombre bienvenue



jill bill




Georges Kars, Portrait de Berthe Weill, 1933, huile sur toile, 56 × 46 cm,
 collection privée (source Artips)




Les dessous des Fauves



Il flottait dans l’air comme un parfum de femme. Ne t’y méprends pas lubrique lectrice.teur.

Nous sommes au lendemain de cette journée récurrente annuelle où l’on réclame l’égalité des droits des hommes et des femmes. Eh oui, nous sommes en l’an de grâce 2021 et l’on n’a toujours pas compris que les hommes et les femmes sont égales, gaux, en matière de DROITS. Que dire du Droit des Fauves ?

Je veux donc te parler aujourd’hui de la première  femme galériste parisienne qui, en 1901, propose à la vente, des artistes contemporains . La première à acheter et à vendre les œuvres de ce Picasso récemment arrivé en France. La première à exposer pour la première  fois Matisse . Et à la veille du Salon de 1905,

 

Veille merveille

la petite mère Weill

       sur les Fauves veille  

 

Cette femme intrépide  qui ne fait que ce qui lui plaît organise en 1907 la seule exposition Modigliani réalisée du vivant de l’artiste.                                


sa vie consacrée 

peu lui importe l’argent

les qu’en dire-t-on


Peu lui chaut.

Seul le bonheur lui importe et elle avoue l’avoir connu.

 


Françoise jeudi 11 mars 2021.


 Pour en savoir plus sur Berthe Weil (source Artips)

 


La joie de Vivre" de Henri Matisse

Huile sur toile 174 X 238 cm -  exposée à la fondation Barnes, près de Philadelphie.



 

À la recherche de la Joie


 

2020. La Joie nous a quittés avec l'an neuf, balayant l'espérance, les couleurs, l'insouciance et nos libertés. Un nuage bien plus noir que l'orage dévalant sur la terre dans un fracas de peurs éclatant sur nos jours.

 

Le monde sombre

L'angoisse étreint les hommes

La joie se délite 

 

Suivront ainsi des jours, des mois, dans l'attente d'une éclaircie, de quelques bouffées délicieuses pour nous redonner sourires, gaieté, bonheur de vivre .

 

Soleil mer sable

La vie en demie teinte

Un été en panne

 

2021. Le printemps en chemin fleurit quelques espoirs et pourtant...

Chaque matin, chaque réveil, partir à la recherche de la Joie, un rendez-vous salutaire pour continuer debout. S'arrêter quelques instants pour écouter la respiration du vivant.

L'enchantement cueilli au coeur du bouton d'or,dans le chant du pinson, un rayon de lumière, dans les pulsations qui nous entourent.

Saisir chaque petit rien, du ciel à la terre, du jardin à la forêt, de la mer à la campagne, les sourires qui passent, les messages amicaux, des retrouvailles inespérées, des projets pour après-demain...

 

Plus près du regard

Les secrets de nature

La révélation

 

Une éclosion de soleil et de rose, chaleureuse et douce, une berceuse tendre, maternante, consolante, où l'insignifiant se révèle dans la beauté de l'heure.

Alors, ouvrir les yeux en grand et aller de l'avant, juste pour un sourire, la vie soudain ensoleillée dans le bonheur d'aimer !

 

Balaline      11 mars 2021


 





André Derain, L’Estaque, route tournante, 1906, Museum of Fine Arts Houston


 





Feu solaire


C'est dimanche. Le temps est merveilleux. Trois jeunes filles, trois collègues de travail , cheveux au vent, sourire éclatant, filent vers la Méditerranée au train laborieux d'une vieille 4L. Qu'importe le rythme poussif de cette pauvre voiture, le moral est au beau fixe.

  

Matin radieux- 

Rafales de rires  et

la chanson des cigales

 

Les paysages se succèdent comme autant de cartes postales. Bleu, rouge, vert, ocre...  La journée est comme peinte par un artiste fou de couleurs.  Des noms affluent et se bousculent dans ma tête: Georges Braque, Charles Camoin, Maurice de Vlaminck, Henri Matisse, André Derain...

  

Éclaboussures-

Sur la toile des pensées

Tableaux de Maîtres

 

Parties à l'aventure, à moment donné, une décision doit être prise. Quelle direction prendre? La première propose: "Le lavandou?" Huum! Depuis Aix en Provence? Trop loin!  La seconde lance: "Lestaque?" Moues dubitatives. La troisième prend les choses en mains: "c'est moi qui conduis? Alors c'est moi qui décide!"

 

Sur la route des vacances

Flotte

Un petit air guilleret

 

Allez! Fouette cocher! Vaille que vaille nous avançons vers une... surprise. La route semble onduler sous la chaleur. Pins, oliviers, vignes, pins encore... Parfois, rompant la monotonie,  un cyprès dresse son pinceau vers l'azur. Veut-il, peintre fauve, barbouiller le ciel en vert?  Les contours tremblent dans l'air de plus en plus brûlant. Vivement que l'on arrive! Comme pour me répondre,  voici un panneau indicateur: Cassis. Aaaah ! Enfin! Trouver une place à l'ombre pour la voiture. Prendre sacs et serviettes et zou! A nous le farniente en monokini sur Les Roches Plates. Sous les assauts de la lumière, le temps est aboli.

 

Feu solaire-

Plus un mot. Juste

le soupir du vent

 

Martine Madelaine-Richard





 
La joie de Vivre" de Henri Matisse

          Huile sur toile 174 X 238 cm -  exposée à la fondation Barnes, près de Philadelphie.

 


La Vie se la coule douce dans cette clairière tout d'ocre baignée, il flotte comme un parfum de bien-être et d'oisiveté, de joie de vivre. Un paysage idyllique s'offre à nous où les personnages s'adonnent aux plaisirs sensuels, aux joies de la volupté et au plaisir de la danse.


Voltige des sens

ivresse de la danse-

une ronde bachique


Des femmes dénudées, lascives se prélassent, offertes au plaisir de l'amour : plusieurs scénettes dévoilent des corps nus évoluant dans la plus grande liberté, d'autres se laissent à contempler où l'amour se vit au grand jour dans un extrême libertinage.


Au centre deux vénus alanguies dans une posture libérée. Les corps nus sont célébrés dans la plus grande simplicité.


Muses enlacées-

un désir de jouissance-

sensualité


Sur la droite du tableau, un berger joue de la flûte debout. Cette vision concourt à donner beaucoup de fraîcheur et de sérénité à ce tableau.


Mais, le plus significatif dans cette toile est l'exacerbation des couleurs vives qui la magnifient et l'électrisent. Les couleurs contrastent fortement les unes par rapport aux autres. Il n’y a pas de nuance, ni de recherche de dégradés. Matisse libère la couleur pure, peignant par aplats. Il n’y a pas de lumière naturelle, ce sont les couleurs vives qui éclairent le tableau.


L'or, l'orange et le rouge
dynamisent la toile-
la palette fauve.


Cette exubérance des couleurs annonce ce nouveau mouvement artistique, le fauvisme dont Matisse est le chef de file.


Le vers de Charles Baudelaire "Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe calme et volupté" pourrait s'appliquer à cette toile qui nous fait partager la douceur et la volupté de l'instant.


et comme Louis Aragon, on pourrait dire que "l'optimisme de Matisse, c'est le cadeau qu'il fait à notre monde malade". Il va sans dire que cette phrase s'applique ô combien à la situation actuelle de pandémie que nous vivons.


Plénitude et
douceur de vivre-
L'art salvateur


Claudie Caratini


    La joie de Vivre" de Henri Matisse

               Huile sur toile 174 X 238 cm -  exposée à la fondation Barnes, près de Philadelphie. 

 

Marcher dans la joie de vivre



Marcher dans la joie de vivre, comme au premier jour. Goûter la vie, à même la peau, nue ; respirer par le souffle du vent


bonheur d’une ronde
comme des enfants heureux
rien qu’une utopie ?


Je marche dans une toile, emportée par la magie de formes et de couleurs délivrées du mensonge. Je respire la liberté, le regard ébloui. J’entends le message de la vibration primordiale tracée à la brosse sur une toile de maître


tout est simple et vrai

il n’y a que la beauté

qui s’exprime ici


Dogmes et religions ont confisqué la vraie nature des corps, ont confisqué l’idée même du bonheur originel, celui de la pureté enfantine, sans masque ni mensonge


pour le Paradis

on nous dit que c’est après,

qu’il nous faut souffrir


mais le Paradis en nous

vit au plus profond du cœur


Quelle miracle, un tableau qui offre de contempler la beauté et la vérité de corps parfumés d’ailleurs, que rien ne peut avilir. Ici le Paradis c’est maintenant, dans la joie de l’âme créatrice, enfin libre de danser nue, et sans reproche. 


chemin de l’amour

-mensonge que la laideur-

la vie est merveille


le temple sacré de l’âme

se situe au cœur du corps.



Adamante Donsimoni - 14 mars 2021

sur « la joie de vivre » de Henri Matisse



Les retardataires, parfois laissés en commentaires 



Au bonheur du jour
sur la page d'un herbier
mariage mots-tableaux

 

Sans phare
âmes et corps à nus

 





UN FAUVE



« Route tournante »

C'est une palette de couleurs

Chaudes et vibrantes

qu'André Derain nous délivre

Un moment explosif

De réalité modifiée

Il nous baigne dans une scène

Où les ocres, les feux, les jaunes

les verts crus, les violets, les bleus bruts,

Se répondent et s'accordent

Ondulent et s'élèvent

Avec force et netteté

Simplicité et vigueur

Alliant le labeur des personnages

Au foisonnement de la nature





Marine Dussarrat