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lundi 13 juillet 2026

Page 261 (suite à la 136)


MarHak






Le monstre


On l'appelle
Le monstre du Loch Ness
Si tu vas en Ecosse
N'oublie pas de monter là-haut
Légende ou réalité
Le touriste friand en redemande.


Certains soirs d'été
Dit-on, il peut surgir
D'entre les algues et l'écume
Tel un diable hors de sa boîte
Et replonger pour, une éternité...


Mais on dit tant de choses
Qui nous détournent des autres
Ca occupe les esprits
Ca meuble les conversations
Le vrai monstre est à nos portes
Avec son parfum de fin du monde...


jill bill




💛💚💛




Un vent venu de l'Est


Un vent est passé
Un vent d’Est
Un vent mauvais
Il a cassé les branches,
Ployé les roseaux
Epouvanté les tourterelles
En mer, il malmène les bateaux
J’entends son mauvais esprit
Qui ricane dans le bois
Fait son ramdam, fait son malin
Sa rancoeur vissée à sa carcasse
Qui se tord et veut du mal.
Les arbres et les herbes
Patientent, font le dos rond…
Quelque chose me dit
Qu’au fond de l’océan
Au delà des nuées
Epuisé et vaincu
Il finira sa course folle.

Nous ouvrirons les fenêtres
Sur des couleurs nouvelles
Et nous respirerons

Marine Dussarrat




💛💚💛


Lisière

Il y a une minute, elle n'y était pas.
C’était elle qui attendait d’être vue.
Ce n'est pas moi qui cherchais une pie.
À présent, elle est là, et tout le reste paraît presque anodin.
Je ne regarde plus ce tableau de la même manière.
Noire et blanche, la queue effilée d’une pie.
Le plus beau, c'est que le paysage finit par lui ressembler.
Le pré, les fourrés, les reflets pâles :
tout est devenu le décor nécessaire à sa présence.
Mon regard n’est plus libre.
D'ailleurs, je me demande si ce n'est pas elle qui a peint le tableau.


Mona



💛💚💛


Au fil de l'eau


Le ruisseau emporte nos rêve d'antan,
Assise sur la rive je les regarde flotter,
Ils sont tous là en technicolor,
Dentelles éparpillées dans le tumulte de l'eau
Ils glissent un à un sur les galets ronds,
Et me font signe en passant.

Ils chuchotent des mots,
Les mots que nous disions,
Lorsque nous nous aimions sur la mousse de la rive,
Le printemps était jeune encore.

Livia




💛💚💛



Pour se souvenir

J'avais oublié
ce que m'avait inspirée
la page de l'Herbier.

Amnésie pour m'alléger
de trop pesants souvenirs

Incapacité
à aider, à secourir
sentiment d'échec,

tragédie du choix cruel
d'abandonner pour survivre.

L'image m'évoquait
un voilier dans la tempête
échoué dans les algues

les dérives de notre monde
les océans menacés.

Mes mots murmuraient
une détresse indicible
et mon impuissance,

sa vie fracassant nos vies
sur les blancs de sa mémoire.

©Jeanne Fadosi, dimanche 5 juillet 2026
pour se souvenir de la page 136 de l'Herbier de poésies


Et puis doucement l'idée a fait son chemin de rapprocher cette image 
de celle de la page 260 que je n'avais pas pu faire.


Cascades

Sous un regard neuf
inspiré par la cascade
et son cheval blanc

Y aurais-je deviné
dans son sillage l'écume ?

et un autre destrier
robe blanche, tête de feu
surgissant des flots

ou un surfeur tout en noir
raccommodant la grand 'voile ?

©Jeanne Fadosi, lundi 6 juillet 2026
pour se souvenir des pages 136 et 260 de l'Herbier de poésies


En illustration sonore :
Barbara, album Pantin 1981



💛💚💛

 

D’hier à aujourd’hui :

 

Imperceptiblement, tout a changé,

La cascade d’or s’est tue,

Je doute, parfois, qu’elle ne coule encore,

Si ce n’est dans un fracas d’orage

Charriant quelques branches mortes.

Aujourd’hui, tout est figé

Rien n’est pareil.

 

Sous les caprices,

D’un vent qui souffle fort,

Les couleurs même s’estompent et changent,

Le jaune devient sécheresse,

Le rouge s’enflamme,

Bleu et vert se raréfient.

Tout est silence.

 

S’accordant à la violence du temps,

Notre terre mère s’emporte

Malgré tout j’espère !

 

Demain sera tout autre…

 

ABC  Commentaires ici.

 


💛💚💛


Les couleurs du voyage


Les couleurs se mêlent, s'enlacent
Elles crient la vie, l'apaisement, la joie, la renaissance
Elles vibrent de soleil, de paysages, d'îles et de voyages, de rencontres
Une palette de bleus: l'appel de l'océan, de l'infiniment grand, de l'inconnu
Sur le drap blanc des nuits, le déroulé de rêves à profusion
Des heures entières à peindre un nouveau monde
Il est grand temps ami, de lever l'ancre, d'avancer encore, encore

Toi, tu marches sous le soleil ardent en quête d'autres images
Du désir de chasser les ombres, de panser la blessure
Sur ce chemin d'épines où tant de noir te hante
Laisse place à l'oiseau, à la fleur, à l'abeille, au sourire passant
A la couleur du ciel, de la mousse, du couchant, des lucioles
De chaque instant drapé dans la douceur des choses
Pour que l'automne enfin revenu te soit plus doux

 

Balaline 09/07/2026 
https://mado.eklablog.net/

 

 

💛💚💛



La terre a rompu le silence


Elle a rompu le silence
battu en brèche les certitudes
bouleversé l’insouciance
rappelé l’heure de la sève
aux assècheurs de rêves

aux myopes de la spiritualité

aux avides, aux tyrans, aux immobiles
à tous ceux qui se pensent justes

et qui ne le sont pas.

Elle a tonitrué son chaos
avec ses eaux

avec ses vagues déchaînées
avec son ciel de nuages
avec son souffle dévastateur
avec le feu de ses profondeurs

alors...

Avec son impartialité

avec ses soubressauts

ses gémissements
ses cris

ses douleurs

elle a cinglé sans aménité
la poignée humaine qui désacralise
et la multitude qui la laisse faire


Elle lance enfin ses derniers assauts
pour tenter de sauver ce qui reste
de l’espérance
de la vie
de la tendresse
et de
l’amour.

La Terre.


Donsimoni Adamante - 26 juin 2026
http://le-champ-du-souffle.blogspot.fr/




💛💚💛










samedi 27 juin 2026

Souvenir de la page 136

 


À tous les brins laissés errants dans le vent du silence

pour interrompre, l'espace d'un instant, cette pause qui s'éternise, 

et parce que l'Herbier me manque un peu, voire plus. 


Si vous n'étiez pas encore de la famille des Brins de l'Herbier

ou si le cœur vous en dit de réitérer la performance

Petit flashback (du précédent blog alors non différencié du mien propre


Si l'image vous tente ou re-tente

Si vous avez encore envie d'écrire dans ces pages

N'hésitez pas à m'envoyer vos textes jusqu'au 10 juillet

Ils seront les bienvenus.


Je vous espère en pleine forme malgré tous les aléas qui jonchent notre Terre.


🙏Adamante🙏




MarHak



Cascade d’or :

Au fil de la vie, chaque paysage emplit sa garde-robe de nos souvenirs et s’habille de la richesse de nos regards.

Sans mot, sans voix
j’écoute la cascade d’or
son chant d’eau

Verrais-tu seulement ce que j’y vois ? Te souviendrais-tu de nos escapades ?

A fleur d’enfance
renaissent les souvenirs -
notre torrent alpin

Là-haut, tout là-haut le glacier recule lentement, en bas la cascade nous enchante.
Entre pont et barrages d’un jour, se bousculent nos jeux d’alors, fous rires et inconscience…

Aux couleurs chaudes
se mêlent bleu et vert tendre
l’été s’installe

Tant de saisons depuis ont défilé, parsemées des multiples nuances de la vie. Couleurs et nuances se coordonnent. Les unes faisant échos aux autres, du printemps à l’hiver, oscillant d’hier vers aujourd’hui et réciproquement… Goutte à goutte, la clepsydre s’écoule. Les années passent…
Seule, je contemple le paysage, en remontant l’horloge des ans…

Un tableau
m’y voilà, nous y sommes
c’était hier

sans toi l’absence s’y incruste
aujourd’hui




💛💚💛


Naître, voguer et disparaître


Comme le tableau de MarHak
Naître, voguer et disparaître
La vie, n'est point banal cadeau
Élixir ou poison
A la veine ou déveine
Selon que nous soyons
Puissant ou misérable
Noir ou blanc...
Je ne suis ni pauvre, ni pleine aux as,
Ni sombre, ni claire
J'aime à dire colorée
Comme ce monde, cette peinture 
Où une coquille de noix
Cingle vers l'horizon
Tantôt chahutée, tantôt paisible...
Sans jeter l'ancre
sans jamais abandonner
J'arrime mes jours
Voile gonflée
Front face à la tempête
Faiseuse d'avaries
Elle arrive à me trouer, je recouds
Elle me troue encore
Je re'recouds, et tiens bon,
   La mer s'en finit toujours par tomber...
Corne de brume
  Pour les matins
A couper au sabre,
 Chanson aux lèvres
Pour les soirs heureux
 A sabrer une bouteille 
   Douce ivresse du contentement...
 D'un soleil à l'autre
 embarquer dans l'aube nouvelle
d'un hisse et haut






💛💚💛




Voiles déployées


Voiles déployées
Comme un grand bateau blanc
Sous un ciel turbulent
Qui se laisse emporter
Bousculer vaillamment
Toutes voiles dehors
Fanions qui claquent au vent
La vie est diablement fascinante
Pleine de peps, de folie
De dangers, de couleurs
Sans prévenir
 L'eau assaille, ruisselle
Gronde, clame à tue-tête
Le voilier tangue et rebondit
Il rit dans sa cape
Il aime l'aventure
La course, le combat, les défis
Les rencontres incertaines
Qui mènent aux iles d'or
Paradis des vainqueurs




💛💚💛




Dans le silence des mots tus


Dans le silence des mots tus, je me noie dans la contemplation de la peinture. Peu à peu l'eau et les algues. Peu à peu le sable et la tache.
Épave sur la plage
dans le clapotis d'écume
flaque rouge sang
Les traits de l'outil, pinceau ou couteau, ont fait vivre la peinture. Les coraux se meurent. Le bois flotté fait sculpture et remplace les vivants.
Quand tout fait mirage
pour crier mon désarroi
je n'ai plus de mots.
Alchimie étrange que ce mélange de rage et de douceur, la prairie sous-marine, désertée par la faune, fait linceul. Repos éternel, bercé par la houle.
Quand tout fait naufrage,
je n'ai même plus de colère
sans résignation.



Illustration musicale
Debussy, La cathédrale engloutie





💛💚💛




Floïde, fils de Cahout, petit fils de Cahout


Au fond, tout au fond de la grande forêt aux arbres vertigineux,  le soleil n’atteint jamais le sol.
Mousses et lichens-
Elle se promène sans peur
La grande limace
Sous le couvert des branches tissant une toile vert bouteille ,  Floïde, fils de Cahout, et petit fils de Cahout, s’ennuie à mourir.
Une… deux… trois fourmis…
Noires comme le jour
Sans ami et sans joie
Floïde  se morfond en soupirant très fort. « Qui souffle ainsi  à m’assécher le dos? »  se plaint la grenouille verte. « C’est moi Floïde, fils de Cahout et petit fils de Cahout ».  « Cahout? Jamais entendu parlé. Pourquoi ce vent sur mon teint satiné? ».  « Parce que je ne sais pas quoi faire. C’est casse-pieds! ».   « Ah bon? A ce point là? Allez, suis-moi petit Floïde! »
Nappe d’eau dormante-
Feu d’artifice
Des libellules
« Alors Floïde? Un bon bain, ça te dit? » . »C’est que… » hésite le petit Cahout.  « Quoi? Cela ne te fait pas envie avec ce temps sec? ». Floïde avoue, piteux « Je ne me suis jamais baigné. C’est défendu ». « Défendu? Pourquoi? » s’étonne la grenouille. « Je ne sais pas. C’est interdit, c’est tout ».  « Bah, sûrement des bêtises d’adultes qui ne veulent pas que tu te baignes tout seul. Mais je suis là pour te surveiller. Allez viens! » Et hop!  Le batracien saute à l’eau et,  hilare, asperge le petit Cahout.
Aux reflets de l’eau
En ricochets
Moult éclats de rires
Floïde ivre de bonheur plonge et remonte couvert de feuilles et d’algues. Il barbote, frappe le liquide, fait des bulles. Tout à son allégresse ne s’aperçoit pas qu’il se délave à vue d’œil. Le voici jaune comme un citron.  Qu’importe. Il n’en a cure. C’est si bon la vie quand on a un copain!



Galerie de tableaux:



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L’eau et le bois mort

 

De l’eau, le soleil, comme de la mère et père tout à la fois, l’enfant.
Du milieu aquatique, le bleu reflet de ciel, le vert. L’air nourricier indispensable aux racines joue d’échanges gazeux à la surface du magma.

Une fougère
quelques algues alanguies
et le bois mort

Il flotte dans le courant
un grand désir d’ascendre

Le monde balbutie, expérimente formes et mouvements, couleurs et parfums. Déjà il est en partance pour sa fin. L’or du printemps est éphémère.

Vivre c’est s’user
aux frottements incessants
du temps qui passe

Le rouge n’a qu’un temps, il brûle puis doit laisser place. La cendre succède au feu, c’est la loi.

Tenir n’est pas vivre
vivre n’est pas soumettre
vivre c’est être

Vivre, c’est comprendre la nécessité de composer à chaque instant avec le chemin, de s’arrimer, racine bien en Terre, afin d’accueillir le ciel. Demeurer tout à la fois souple et droit, c’est cela la maîtrise.

L’homme déterré
déboussolé, titube
au final, noyé.




💛💚💛