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dimanche 18 octobre 2026

Page 263 LA ROUILLE

 Photo de Adamante de Belle Ile en mer, représentant un reste d'épave rouillée face à la mer, sur une plage déserte

"Mille amitiés à tous les brins." de la part de Marine qui ne peut être avec nous pour le moment. Une pensée amicale pour Elle. Tu nous manques, Chère Marine. 


Rempart ajouré

 

Un reste d'aventurier des mers
Sans capitaine, sans nom, agonise, avec lenteur,
Un Titanic, à ciel ouvert,
Sapé de rouille
Un drap de sable, pour linceul,
Adossé sur coussins de pierre
Tel un rempart ajouré
Fenêtres avec vue
Marée haute, marée basse
Sous cieux pâles ou foncés
Et le cri des oiseaux marins
Qui couvrent ses pauvres soupirs
Le bruit du vent, des vagues, complices.

L'homme et la mer, non
La mer et l'homme
Elle le porte sur ses flots
L'emporte, au fond, parfois,
Oublié
Sauf de la veuve...

 

Il n'en reste 
Qu'un rempart ajouré
Et j'imagine ses pêches miraculeuses,
Les jours de paie,
La douce ivresse au port
En parlant haut et fort de la prochaine...


Objet inanimé, avez-vous donc une âme !?

Etre un beau jour
et n'être plus rien un autre
Nos mêmes destins


☯☯☯


Les sentinelles

Jadis j'ai vogué sur les flots, vigies au mat de Misaine guettant les écueils et les ennemis ou une terre au milieu de nulle part. J'ai eu ma part de modernité avant de ne plus tenir face aux navires usine. J'ai navigué vaille que vaille jusqu'à l'âge bien trop avancé du capitaine. Nul n'aurait voulu me reprendre. Est-ce pour cela qu'il m'a échoué sur un récif ? Si près de la côte que nu ne sait s'il s'en est sorti vivant ou s'il a péri. Si près que les basses mers des grandes marées me découvrent tel une rangée de guetteurs des temps mauvais,

rongé par la rouille
je me suis fait sentinelles
des rives océanes.

Avançant à petits pas
la mer monte, inexorable.

©Jeanne Fadosi, dimanche 11 octobre 2026

 

         ☯ Pastille musicale : Adieu cher camarade par Marc Ogeret, ☯

 Chants de marins, 1996 


☯☯☯


Dernier au revoir :

 

Du vent et le fracas des vagues,

entre sable et mer

le navire s’échoue sur la plage.

exposé en secret d’épave,

son épitaphe de rouille,

vestige d’un ultime voyage.

 

 

ABC



☯☯☯


Bord de mer

Le fer sur le quai
Un vieux port dort sous le sable
Île dans la brume


Mona

 

☯☯☯

 

 Une épave humaine sur la plage

  
   Je suis le squelette hagard et rouillé d’un vieux chalutier qui se dévoile à marée basse aux marcheurs de la plage. Ma carcasse, rongée par le sel et le temps, s’enfonce doucement dans le sable humide. Les vagues ont arraché mes flancs, et le vent s’est engouffré dans ma coque comme un dernier soupir de nostalgie. 
   J’offre aux promeneurs un contraste saisissant avec le ciel bleu-gris et la douceur de la mer qui se dessinent à travers mes membrures. J’ai pourtant tant bourlingué, ma proue hardie dressée contre tous les temps. À présent, seuls quelques goélands et mouettes rient à tue-tête, indifférents à mon histoire de géant déchu, puis se posent sur ma carcasse.
   Aussi, ai-je le vif sentiment d’être abandonné.

Fer rouillé sur grève
la mer me lèche en vieux débris
sous un ciel tout pâle
le temps efface mes traces
le vent garde le silence


Claudie Caratini  (laissez vos commentaires sur cette page)


☯☯☯


 Debout contre la mer
 
Sur la plage l’épave ne se contente plus de survivre : 
Elle proteste.  
Elle dresse ses arêtes rouillées tel un étendard contre l’océan qui la ronge 
Mais aussi contre tout ce qui ronge le monde. 
Elle est là 
Cabossée
Trouée  
Mais debout 
Et dans cette posture il y a un refus. 
Un refus de céder
Un refus de disparaître sans témoigner.

Le vent passe dans ses cavités tel un souffle de colère.  
On dirait qu’il porte les voix de ceux qui alertent
Qui veillent
Qui refusent l’indifférence. 
La mer quant à elle continue son travail patient 
Mais l’épave oppose son inertie
Sa lenteur
Sa résistance. 
Elle dit : 
《 Je ne suis pas morte. 》
Elle dit : 
《 Regardez ce que vous laissez faire. 》
Elle dit : 
《 Le monde ne s’effondrera pas sans que nous ayons lutté.》

Je la regarde comme on regarde une barricade.  
Une barricade étrange
Faite de métal et de sel 
Mais qui porte en elle la même énergie
Celle de ceux qui se dressent
Même seuls
Même tard
Même usés.  
Et soudain cette ruine devient un symbole.  
Un rappel que l’écologie n’est pas une douceur mais une bataille.  
Une bataille où chaque geste compte 
Où chaque résistance même rouillée 
A sa place.

   Je suis la preuve 
   que céder est un choix 
   et que résister en est un autre.
    

☯☯☯

 


De silence et de rouille 


Échouée là sur une grève blonde
Où respire l'océan à l'écume vaporeuse 
Sur chaque battement sauvage ou étale
Elle s'impatiente 
Du silence des hommes 
De l'oubli qui la ronge
Où la rouille peu à peu 
Comme un être dévorant 
La détruit, la modèle 
L'enveloppe d'étranges résonances 
Comme ces voix perdues qu'on ne peut oublier .....

De silence et de rouille 
La poésie du temps émerveille nos regards 
Abolissant l'irréparable 
Pour magnifier la métamorphose 

Balaline   15/10/2026


☯☯☯


La fin du voyage


C’était autrefois un élégant voilier,
Voguant sur toutes les mers,
Son étrave fendant fièrement les vagues.
Une nuit sans lune,
Un ouragan arriva du fond de l’horizon,
Des vent très violents,
Soulevaient des vagues énormes,
Elles s’abattaient avec force sur le bateau,
Fracassant la mâture, déchirant les voiles.
Une lame encore plus forte que les autres,
Retourna la coque, il coula corps et biens.
Mais d’autres vagues, un jour,
Ramenèrent sur cette plage,
Les restes de sa coque rouillée.
Et depuis, enlisé dans le sable blanc,
Il dort aux pieds des rochers !
Et rêve de voyages…





☯☯☯


Face à la mer


   Brinztap le musicien est un rêveur, un poète. Un rien suffit pour que son imagination démarre telle une biche apeurée. Fatigué de taper comme un forcené sur son bizarre instrument  d'où il tire des sons épouvantablement discordants, "l'artiste" fait une pause. Le nez en l'air, le regard perdu au cœur des frondaisons où nul oiseau ne chante ( Et pour cause!  Ses compositions mélodiques ont provoqué leur fuite éperdue.), il cherche l'inspiration.

Chaleur estivale-

plus aucun bruit à l'entour

même le vent est coi

   Las! Brinztap ne trouve rien.  Il décide alors d'aller se promener. Peut-être qu'en changeant de décor, la Muse lui soufflera de nouvelles idées ? Il marche d'un bon pas vers un paysage qu'il apprécie énormément, car éternellement changeant: celui de l'océan. Ce n'est qu'à une grosse demi-heure de son village.

   Arrivé sur place, il dévale joyeusement la dune.  Mais, arrivé en bas, Brinzrap se fige en découvrant quelque chose d'étrange .  Il s'en approche, curieux mais prudent. Cela est plat, rouillé, immobile , planté dans le sable, face à la mer.  "Qu'est-ce que c'est?" se demande-t-il.  Notre artiste attrape un bout de bois usé par le jeu des vagues et tapote ici et là sur le "truc". Dong!  Clang!  Un sourire étire lentement sa large bouche d'une oreille à l’autre. Il a trouvé un nouvel instrument musical!

L'océan ronronne-

sur la plage aux crustacés

délire musical


☯☯☯


Une patience de rouille


    Sur l'île de Pâques, ce sont les Moai, ses gardiens qui, côte à côte, dressés en haut de la falaise, face à la mer, surveillent l’horizon de leurs yeux éteints. Il semble qu’à l’époque de leur création, ces yeux-là étaient fait de corail blanc avec un iris rouge ou noir, ils exprimaient l’âme et le pouvoir des ancêtres. Comme ce devait être impressionnant pour les marins apercevant la côte, de jour comme de nuit.

    Ici*, au bord de cette plage désertée par le soleil, ce sont de curieux félins qui contemplent la ligne d’horizon. Elle s’étire entre le bleu du ciel et le gris-vert de l’eau.

    À la contemplation des grands espaces tant espérés que l’on doute pourtant pouvoir jamais atteindre, elle suscite en nous un sentiment particulier de solitude teintée de nostalgie.

    Les vagues abandonnent leurs histoires de naufrages, d’abysses et d’infini aux rouleaux têtus s’évertuant à vouloir grignoter toujours plus le sable de la plage.

    Cette monotonie plonge l’observateur dans un état second, hypnotique, où il s’oublie. Quand ainsi le rythme se ralentit, que l’esprit n’a plus aucun repère, ni de début ni de fin, il s’anéantit dans cette sorte d’hébétement que peut provoquer un mouvement perpétuel.

    L’éternité... Cette muraille percée de trous, que l’air salé d’embruns a transformé en rouille, que pourrait-elle en dire ?

    Ce drôle de mur de ferraille, sculpté avec talent par les éléments et le temps, provoque la notion de durée. L’éternité est un concept d’humain limité par la conscience de sa brièveté, une dimension impalpable qu’il ne peut concevoir que par le rêve, et s’y perdre.

    Ce vestige, peut-être d’une coque de navire échoué sur la plage, me fait penser à un paravent de dentelle. Un ouvrage soucieux de ne point trop occulter la vue afin de bien marquer l’idée de cet inaccessible infini que tout ici honore.


Jeu de la durée
une patience de rouille-
chuchotis de vent


Adamante Donsimoni - 9 octobre 2026


☯☯☯







mercredi 7 octobre 2026

Pour la page 263



Une nouvelle image pour la page du 

lundi 19 Octobre 2026.

☯

Remise des textes :

De maintenant jusqu'au 

vendredi 16 octobre dernier délai

☯

Comme d'habitude en Haibun ou Tanka prose,

Haïku - tanka (au pluriel)

Ou à la manière des poètes chinois, en prose poétique.



Pour cela je vous invite à suivre le chemin de deux immenses poètes chinois 

Li Po et Wang Wei

☯

En voici deux exemples :


Le premier texte est de Li Po (ou Li Baï) 701 ou 702 - 762

Buvant seul sous la lune - L'immortel  banni -


Source IA & wikipédia   :

 

Est un des plus grands poètes chinois de la dynastie Tang.

Il passa la plus grande partie de sa vie à voyager à travers la Chine.

Influencé par la pensée taoïste, il fut sensible aux aspects fantastiques de la nature sauvage.

Son œuvre exprime sa personnalité, qui refusait les contraintes. Sa vie plus ou moins légendaire inspira pièces et récits.

 




☯


Le second texte est de Wang Wei (entre 701 et 761)

Les saisons bleues

Source IA & wikipédia   :


Wang Wei (701-761) est l'un des plus grands poètes chinois de la dynastie Tang, célèbre pour avoir créé la poésie pastorale (ou shan-shui) avec Meng Haoran. Il est également reconnu comme un peintre, musicien et haut fonctionnaire, vénéré sous le surnom de « Poète Bouddha » (Shifo) pour son engagement bouddhiste et zen.
On disait de lui qu'il était habité par le Tao et que, délivré de toute conscience et de toutes limitations, il était en mesure de rendre à la nature sa beauté invisible perceptible aux sens.




☯


 



lundi 28 septembre 2026

la page 262



 




La maléfique


Un soir d'ombres chinoises

Le mur s'habille de sorcellerie

Une silhouette dodue se dévoile

En train de mijoter, quelle infecte potion...


Livrée noire et chapeau buse

Doigts crochus

Rien mais rien d'une bonne fée.



Repoussante vieillarde

Aux formules diaboliques

Et autant d'ingrédients

Au chaudron, sa marmite millénaire,

Poudre de momie

Bave de crapaud

Sang de dragon

Jus de serpent

Toile d'araignée...

« Ton âme ou mon sort »

Te marmonnera t-elle une certaine nuit ;

Parente du diable...


Chinoiseries

jeu d'ombre et de lumière

Mon esprit s'envole


jill bill

https://jill-bill.eklablog.com



💫 💫 💫



L’imaginaire de cinq à soixante-quinze et plus… :

 

Comme un cinéma muet mes rêves d’aujourd’hui amalgamant lectures et films d’autrefois recréent d’étranges personnages jaillissant de nulle part. 

Nulle part, vraiment ? 

Je n’ai ni l’art, ni le pouvoir d’interprétation des mystères, des craintes, des fantaisies de mes jeunes années. Il semblerait toute fois que mon imaginaire n’ait rien perdu de ses fantasmes d’hier qui se rappellent, en ombres chinoises, à mon bon souvenir d’aujourd’hui. J’imagine, je rêve, je frissonne, aime me plonger dans ce monde fictif inventé et évoluant au fil des années… 

Ce gnome fantôme, Glissant silencieusement sur le mur, à travers mes somnolences, attire mon regard. Il ne me semble point inconnu, l’ai-je un jour créé de toute pièce ? L’ai-je visualisé dans les contes et légendes qui me bercèrent enfant ? Sort-il de l’empreinte indélébile d’un film d’aventure m’ayant un jour impressionnée ? Peu importe, il est là comme un dessin animé reliant rêveries du passé à celles du présent. 


sur le mur des ans

galope l’imaginaire -

une ombre rode


ABC

https://jardin-des-mots.eklablog.com/



💫 💫 💫

 

Une ombre chinoise


Allez savoir pourquoi, l'image m'a fait penser à une sorcière brandissant un manche à balai, ou pourquoi pas, une grande bougie. Un peu trop dodue peut-être, à moins que ce ne soit un effet d'optique. Ou l'ombre d'une marmotte qui se rêvait sorcière, ou ...

Replète la Sorcière
réclamée lue et relue
étoiles dans les yeux

Qu'est devenu l'exemplaire de ce conte, déposé à la bibliothèque de mon village ? Ici comme en de nombreux endroits, il ne manquait pas de lecteurs. Certes, comme toutes les sorcières des contes, elle avait d'horribles habitudes qui ne manquaient pas de les effrayer, très vite rassurés par la rébellion de son balai.

Une bien belle idée
sauvant l'honneur des balais
apprentis sorciers

des dérives mercantiles
des sociétés avancées.

©Jeanne Fadosi
25 septembre 2026

En illustration sonore, il aurait sans doute été pertinent de choisir L'apprenti sorcier de Paul Dukas, mis en images animées par Walt Disney dans un de ses tout premiers films d'animation

Voici plutôt un extrait d'un ballet trop méconnu du talentueux Sidney Bechet, La nuit est unes sorcière :


💫 💫 💫

Seule dans la nuit.


La nuit était noire et sans lune,

Un silence pesant écrasait la campagne alentours.

Seul le cri d’une chouette, crevait parfois ce silence.

La vieille demeure semblait perdue dans la nuit.

Elle marchait à petits pas dans la maison silencieuse,

Le parquet craquait sous ses pas qui raisonnaient dans la pénombre,

Elle tenait bien haut son bougeoir qui l’éclairait à grand peine.

La flamme vacillait au souffle de la nuit,

Qui s’infiltrait par les fenêtres disjointes.

Son coeur battant la chamade.

Elle avançait toujours à petits pas…

Sans savoir où la mèneraient ses pas,

Dans ce couloir qui n’en finissait pas.


Livia

https://liviaaugustae.over-blog.com/



💫 💫 💫

   L’ombre sorcière


    Le monde est rempli de mystères. Je rêvassais sans aucune idée particulière, le genre qui sautille d’une pensée sans intérêt à une autre tout aussi futile, un son qui vous capte un quart de seconde, l’éclat d’une demi lune qui vous fait un clin d’œil au travers d’un carreau à nettoyer, le ronronnement d’un moteur, vite passé, déjà oublié… Bref, une flottille de petits riens peu captivants, une foultitude primesautière et débridée qui ponctue le train-train de la vie courante sans laisser grande trace.

    Et puis… Et puis, soudain, sur le mur blanc que la nuit n’avait pas commencé à digérer, je l’ai vue apparaître, s’accrocher à ses aspérités. Oh, ce n’était qu’une ombre, un petit fait qui s’exprimait au hasard d’un reflet lumineux dont la source m’était inconnue et indifférente. Cette apparition n’était sans doute que transitoire. Transitoire mais pas sans intérêt, d’où mon attention à décrypter rapidement le phénomène.

    Cette ombre-là, faisait partie de celles qui captivent le regard et effacent tous les indices que le Petit Poucet de la vie sème sur notre chemin pour nous dissiper l’esprit.

    Je portais donc toute mon attention et mon intérêt à ce personnage, tout droit issu du monde occulte, qui tremblotait devant moi, affairé à tricoter quelqu’inquiétant sort.

    Sa tête était affublée d’un haut de forme, un chapeau vraiment très haut de forme, ressemblant à une bougie sans flamme et aussi grande que le personnage lui-même. Au risque de paraître triviale, je peux dire qu’il était coiffé ! Les lèvres légèrement en avant il semblait siffloter tout en s’affairant, non sans désinvolture, au maillage de son sortilège.

    À sa robe volumineuse terminée par une traîne, je subodorais que ce devait être une sorcière. Un sorcier peut-être ou encore un chaman en villégiature sur le mur de ma maison de campagne. Au domaine vestimentaire quelque peu excentrique des jeteurs de sorts on ne peut savoir avec certitude à quel genre nous sommes confrontés. Cela n’a d’ailleurs aucune importance, ces gens ne sont déjà plus vraiment de notre espèce et je n’envisageais aucunement de l’inviter à ma table pour partager, vue l’heure, ne serait-ce qu’une tisane.

    Je l’observais. Je cédais à ma curiosité sans l’ombre d’un remord et, je l’avoue, avec un certain intérêt. Cela ne semblait pas le déranger, il traficotait de ses mains son ouvrage funeste sans prêter attention à quoi que ce soit d’autre. J’étais admirative.

    Tissait-il une vie qu’il interromprait soudain en sectionnant un fil, à la manière des Parques ?

    À peine avais-je envisagé cette possibilité que la Lune, libérée par un nuage qui en occultait jusque là la lumière, chassa le personnage, emportant avec Elle tout son mystère.

    Ainsi mit-elle fin à mes élucubrations.

murmures de mur
quelques brins d’ésotérisme-
le rire du hibou 

Donsimoni Adamante -112037052867


 

 

vendredi 18 septembre 2026

Pour la page 262

 Reprise de l'herbier, parution 

lundi 28 septembre



Remise des textes avant le 26 

À envoyer dans le corps du mail à l'adresse de l'herbier

Sans rien oublier de l'habituel (lien, nom, titre en minuscules...)

💫

Vous avez envie de rejoindre notre groupe ?

soyez les bienvenues et les bienvenus.

💫

Ici pas de jugement, pas de correction

vous pouvez toujours poser des questions, solliciter un éclairage... 

💫

Nous progressons par l'envie, la curiosité

La lecture des auteurs connus ;

Celle des autres participantes et participants ;

Animés par le désir de se parfaire, de se dépasser, 

Tout en se faisant plaisir. 

💫



lundi 13 juillet 2026

Page 261 (suite à la 136)


MarHak






Le monstre


On l'appelle
Le monstre du Loch Ness
Si tu vas en Ecosse
N'oublie pas de monter là-haut
Légende ou réalité
Le touriste friand en redemande.


Certains soirs d'été
Dit-on, il peut surgir
D'entre les algues et l'écume
Tel un diable hors de sa boîte
Et replonger pour, une éternité...


Mais on dit tant de choses
Qui nous détournent des autres
Ca occupe les esprits
Ca meuble les conversations
Le vrai monstre est à nos portes
Avec son parfum de fin du monde...


jill bill




💛💚💛




Un vent venu de l'Est


Un vent est passé
Un vent d’Est
Un vent mauvais
Il a cassé les branches,
Ployé les roseaux
Epouvanté les tourterelles
En mer, il malmène les bateaux
J’entends son mauvais esprit
Qui ricane dans le bois
Fait son ramdam, fait son malin
Sa rancoeur vissée à sa carcasse
Qui se tord et veut du mal.
Les arbres et les herbes
Patientent, font le dos rond…
Quelque chose me dit
Qu’au fond de l’océan
Au delà des nuées
Epuisé et vaincu
Il finira sa course folle.

Nous ouvrirons les fenêtres
Sur des couleurs nouvelles
Et nous respirerons

Marine Dussarrat




💛💚💛


Lisière

Il y a une minute, elle n'y était pas.
C’était elle qui attendait d’être vue.
Ce n'est pas moi qui cherchais une pie.
À présent, elle est là, et tout le reste paraît presque anodin.
Je ne regarde plus ce tableau de la même manière.
Noire et blanche, la queue effilée d’une pie.
Le plus beau, c'est que le paysage finit par lui ressembler.
Le pré, les fourrés, les reflets pâles :
tout est devenu le décor nécessaire à sa présence.
Mon regard n’est plus libre.
D'ailleurs, je me demande si ce n'est pas elle qui a peint le tableau.


Mona



💛💚💛


Au fil de l'eau


Le ruisseau emporte nos rêve d'antan,
Assise sur la rive je les regarde flotter,
Ils sont tous là en technicolor,
Dentelles éparpillées dans le tumulte de l'eau
Ils glissent un à un sur les galets ronds,
Et me font signe en passant.

Ils chuchotent des mots,
Les mots que nous disions,
Lorsque nous nous aimions sur la mousse de la rive,
Le printemps était jeune encore.

Livia




💛💚💛



Pour se souvenir

J'avais oublié
ce que m'avait inspirée
la page de l'Herbier.

Amnésie pour m'alléger
de trop pesants souvenirs

Incapacité
à aider, à secourir
sentiment d'échec,

tragédie du choix cruel
d'abandonner pour survivre.

L'image m'évoquait
un voilier dans la tempête
échoué dans les algues

les dérives de notre monde
les océans menacés.

Mes mots murmuraient
une détresse indicible
et mon impuissance,

sa vie fracassant nos vies
sur les blancs de sa mémoire.

©Jeanne Fadosi, dimanche 5 juillet 2026
pour se souvenir de la page 136 de l'Herbier de poésies


Et puis doucement l'idée a fait son chemin de rapprocher cette image 
de celle de la page 260 que je n'avais pas pu faire.


Cascades

Sous un regard neuf
inspiré par la cascade
et son cheval blanc

Y aurais-je deviné
dans son sillage l'écume ?

et un autre destrier
robe blanche, tête de feu
surgissant des flots

ou un surfeur tout en noir
raccommodant la grand 'voile ?

©Jeanne Fadosi, lundi 6 juillet 2026
pour se souvenir des pages 136 et 260 de l'Herbier de poésies


En illustration sonore :
Barbara, album Pantin 1981



💛💚💛

 

D’hier à aujourd’hui :

 

Imperceptiblement, tout a changé,

La cascade d’or s’est tue,

Je doute, parfois, qu’elle ne coule encore,

Si ce n’est dans un fracas d’orage

Charriant quelques branches mortes.

Aujourd’hui, tout est figé

Rien n’est pareil.

 

Sous les caprices,

D’un vent qui souffle fort,

Les couleurs même s’estompent et changent,

Le jaune devient sécheresse,

Le rouge s’enflamme,

Bleu et vert se raréfient.

Tout est silence.

 

S’accordant à la violence du temps,

Notre terre mère s’emporte

Malgré tout j’espère !

 

Demain sera tout autre…

 

ABC  Commentaires ici.

 


💛💚💛


Les couleurs du voyage


Les couleurs se mêlent, s'enlacent
Elles crient la vie, l'apaisement, la joie, la renaissance
Elles vibrent de soleil, de paysages, d'îles et de voyages, de rencontres
Une palette de bleus: l'appel de l'océan, de l'infiniment grand, de l'inconnu
Sur le drap blanc des nuits, le déroulé de rêves à profusion
Des heures entières à peindre un nouveau monde
Il est grand temps ami, de lever l'ancre, d'avancer encore, encore

Toi, tu marches sous le soleil ardent en quête d'autres images
Du désir de chasser les ombres, de panser la blessure
Sur ce chemin d'épines où tant de noir te hante
Laisse place à l'oiseau, à la fleur, à l'abeille, au sourire passant
A la couleur du ciel, de la mousse, du couchant, des lucioles
De chaque instant drapé dans la douceur des choses
Pour que l'automne enfin revenu te soit plus doux

 

Balaline 09/07/2026 
https://mado.eklablog.net/

 

 

💛💚💛



La terre a rompu le silence


Elle a rompu le silence
battu en brèche les certitudes
bouleversé l’insouciance
rappelé l’heure de la sève
aux assècheurs de rêves

aux myopes de la spiritualité

aux avides, aux tyrans, aux immobiles
à tous ceux qui se pensent justes

et qui ne le sont pas.

Elle a tonitrué son chaos
avec ses eaux

avec ses vagues déchaînées
avec son ciel de nuages
avec son souffle dévastateur
avec le feu de ses profondeurs

alors...

Avec son impartialité

avec ses soubresauts

ses gémissements
ses cris

ses douleurs

elle a cinglé sans aménité
la poignée humaine qui désacralise
et la multitude qui la laisse faire


Elle lance enfin ses derniers assauts
pour tenter de sauver ce qui reste
de l’espérance
de la vie
de la tendresse
et de
l’amour.

La Terre.


Donsimoni Adamante-La terre a rompu le silence-ISWC T-341.766.383-9

   26 juin 2026 





💛💚💛