
"Mille amitiés à tous les brins." de la part de Marine qui ne peut être avec nous pour le moment. Une pensée amicale pour Elle. Tu nous manques, Chère Marine.
Rempart ajouré
Un reste d'aventurier des mers
Sans capitaine, sans nom, agonise, avec lenteur,
Un Titanic, à ciel ouvert,
Sapé de rouille
Un drap de sable, pour linceul,
Adossé sur coussins de pierre
Tel un rempart ajouré
Fenêtres avec vue
Marée haute, marée basse
Sous cieux pâles ou foncés
Et le cri des oiseaux marins
Qui couvrent ses pauvres soupirs
Le bruit du vent, des vagues, complices.L'homme et la mer, non
La mer et l'homme
Elle le porte sur ses flots
L'emporte, au fond, parfois,
Oublié
Sauf de la veuve...
Il n'en reste
Qu'un rempart ajouré
Et j'imagine ses pêches miraculeuses,
Les jours de paie,
La douce ivresse au port
En parlant haut et fort de la prochaine...
Objet inanimé, avez-vous donc une âme !?
Etre un beau jour
et n'être plus rien un autre
Nos mêmes destins
☯☯☯
Les sentinellesJadis j'ai vogué sur les flots, vigies au mat de Misaine guettant les écueils et les ennemis ou une terre au milieu de nulle part. J'ai eu ma part de modernité avant de ne plus tenir face aux navires usine. J'ai navigué vaille que vaille jusqu'à l'âge bien trop avancé du capitaine. Nul n'aurait voulu me reprendre. Est-ce pour cela qu'il m'a échoué sur un récif ? Si près de la côte que nu ne sait s'il s'en est sorti vivant ou s'il a péri. Si près que les basses mers des grandes marées me découvrent tel une rangée de guetteurs des temps mauvais,
rongé par la rouilleje me suis fait sentinellesdes rives océanes.
Avançant à petits pasla mer monte, inexorable.
©Jeanne Fadosi, dimanche 11 octobre 2026
☯ Pastille musicale : Adieu cher camarade par Marc Ogeret, ☯
Chants de marins, 1996
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Dernier au revoir :
Du vent et le fracas des vagues,
entre sable et mer
le navire s’échoue sur la plage.
exposé en secret d’épave,
son épitaphe de rouille,
vestige d’un ultime voyage.
Bord de mer
Le fer sur le quaiUn vieux port dort sous le sableÎle dans la brume
Mona
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Une épave humaine sur la plage
Je suis le squelette hagard et rouillé d’un vieux chalutier qui se dévoile à marée basse aux marcheurs de la plage. Ma carcasse, rongée par le sel et le temps, s’enfonce doucement dans le sable humide. Les vagues ont arraché mes flancs, et le vent s’est engouffré dans ma coque comme un dernier soupir de nostalgie.
J’offre aux promeneurs un contraste saisissant avec le ciel bleu-gris et la douceur de la mer qui se dessinent à travers mes membrures. J’ai pourtant tant bourlingué, ma proue hardie dressée contre tous les temps. À présent, seuls quelques goélands et mouettes rient à tue-tête, indifférents à mon histoire de géant déchu, puis se posent sur ma carcasse.Aussi, ai-je le vif sentiment d’être abandonné.
Fer rouillé sur grèvela mer me lèche en vieux débrissous un ciel tout pâlele temps efface mes tracesle vent garde le silence
Claudie Caratini (laissez vos commentaires sur cette page)
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Debout contre la mer
Sur la plage l’épave ne se contente plus de survivre :Elle proteste.Elle dresse ses arêtes rouillées tel un étendard contre l’océan qui la rongeMais aussi contre tout ce qui ronge le monde.Elle est làCabosséeTrouéeMais deboutEt dans cette posture il y a un refus.Un refus de céderUn refus de disparaître sans témoigner.Le vent passe dans ses cavités tel un souffle de colère.On dirait qu’il porte les voix de ceux qui alertentQui veillentQui refusent l’indifférence.La mer quant à elle continue son travail patientMais l’épave oppose son inertieSa lenteurSa résistance.Elle dit :《 Je ne suis pas morte. 》Elle dit :《 Regardez ce que vous laissez faire. 》Elle dit :《 Le monde ne s’effondrera pas sans que nous ayons lutté.》Je la regarde comme on regarde une barricade.Une barricade étrangeFaite de métal et de selMais qui porte en elle la même énergieCelle de ceux qui se dressentMême seulsMême tardMême usés.Et soudain cette ruine devient un symbole.Un rappel que l’écologie n’est pas une douceur mais une bataille.Une bataille où chaque geste compteOù chaque résistance même rouilléeA sa place.Je suis la preuveque céder est un choixet que résister en est un autre.
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De silence et de rouilleÉchouée là sur une grève blondeOù respire l'océan à l'écume vaporeuseSur chaque battement sauvage ou étaleElle s'impatienteDu silence des hommesDe l'oubli qui la rongeOù la rouille peu à peuComme un être dévorantLa détruit, la modèleL'enveloppe d'étranges résonancesComme ces voix perdues qu'on ne peut oublier .....De silence et de rouilleLa poésie du temps émerveille nos regardsAbolissant l'irréparablePour magnifier la métamorphoseBalaline 15/10/2026
Face à la mer
Brinztap le musicien est un rêveur, un poète. Un rien suffit pour que son imagination démarre telle une biche apeurée. Fatigué de taper comme un forcené sur son bizarre instrument d'où il tire des sons épouvantablement discordants, "l'artiste" fait une pause. Le nez en l'air, le regard perdu au cœur des frondaisons où nul oiseau ne chante ( Et pour cause! Ses compositions mélodiques ont provoqué leur fuite éperdue.), il cherche l'inspiration.
Chaleur estivale-
plus aucun bruit à l'entour
même le vent est coi
Las! Brinztap ne trouve rien. Il décide alors d'aller se promener. Peut-être qu'en changeant de décor, la Muse lui soufflera de nouvelles idées ? Il marche d'un bon pas vers un paysage qu'il apprécie énormément, car éternellement changeant: celui de l'océan. Ce n'est qu'à une grosse demi-heure de son village.
Arrivé sur place, il dévale joyeusement la dune. Mais, arrivé en bas, Brinzrap se fige en découvrant quelque chose d'étrange . Il s'en approche, curieux mais prudent. Cela est plat, rouillé, immobile , planté dans le sable, face à la mer. "Qu'est-ce que c'est?" se demande-t-il. Notre artiste attrape un bout de bois usé par le jeu des vagues et tapote ici et là sur le "truc". Dong! Clang! Un sourire étire lentement sa large bouche d'une oreille à l’autre. Il a trouvé un nouvel instrument musical!
L'océan ronronne-
sur la plage aux crustacés
délire musical
Une patience de rouille
Sur l'île de Pâques, ce sont les Moai, ses gardiens qui, côte à côte, dressés en haut de la falaise, face à la mer, surveillent l’horizon de leurs yeux éteints. Il semble qu’à l’époque de leur création, ces yeux-là étaient fait de corail blanc avec un iris rouge ou noir, ils exprimaient l’âme et le pouvoir des ancêtres. Comme ce devait être impressionnant pour les marins apercevant la côte, de jour comme de nuit.
Ici*, au bord de cette plage désertée par le soleil, ce sont de curieux félins qui contemplent la ligne d’horizon. Elle s’étire entre le bleu du ciel et le gris-vert de l’eau.
À la contemplation des grands espaces tant espérés que l’on doute pourtant pouvoir jamais atteindre, elle suscite en nous un sentiment particulier de solitude teintée de nostalgie.
Les vagues abandonnent leurs histoires de naufrages, d’abysses et d’infini aux rouleaux têtus s’évertuant à vouloir grignoter toujours plus le sable de la plage.
Cette monotonie plonge l’observateur dans un état second, hypnotique, où il s’oublie. Quand ainsi le rythme se ralentit, que l’esprit n’a plus aucun repère, ni de début ni de fin, il s’anéantit dans cette sorte d’hébétement que peut provoquer un mouvement perpétuel.
L’éternité... Cette muraille percée de trous, que l’air salé d’embruns a transformé en rouille, que pourrait-elle en dire ?
Ce drôle de mur de ferraille, sculpté avec talent par les éléments et le temps, provoque la notion de durée. L’éternité est un concept d’humain limité par la conscience de sa brièveté, une dimension impalpable qu’il ne peut concevoir que par le rêve, et s’y perdre.
Ce vestige, peut-être d’une coque de navire échoué sur la plage, me fait penser à un paravent de dentelle. Un ouvrage soucieux de ne point trop occulter la vue afin de bien marquer l’idée de cet inaccessible infini que tout ici honore.
Jeu de la duréeune patience de rouille-chuchotis de vent
Adamante Donsimoni - 9 octobre 2026

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