lundi 27 juin 2022

Le chat de la page 201

 


Photo Adamante. Mur de la maison de retraite à Pantin.





Fissure



La rue vibre

Le temps coule

Une fissure dans le mur

L'herbe y a fait son nid

Un syrphe s'y attarde

Celui qui peut encore marcher

Verra peut-être son double

Ou ne le regardera pas

La vie passe

Indifférente

Le poids des ans est là

Avec l'ennui

L'absence

Le besoin d'un souffle d'amour

Une fissure dans le cœur

En attendant



 Marine Dussarrat









Décrépitude



Un mur qui se décrépite

C'est la porte ouverte à l'imaginaire,

Bovin dans la sécheresse

Quelques maigres brindilles

Qui espèrent une eau bienfaitrice...


Que dire de l'hiver de l'âge

Derrière les murs d'un home,

Même décrépitude,

Les bougies à bout de cire

S'éteignent une nuit...


Et de mortuaire en mortuaire

Le croque-mort

Remplit du cercueil

Le curé

Remplit son église

Le bon dieu

Remplit son paradis...



jill bill











Le mur de la maison de retraite annonce la couleur


Décrépitude

naufrage sociétal

déshumanité


Ne croyez pas humains non concernés dans leur vie que ce soit nouveau !


Vers l'hospice déjà

les enfants dont j'étais

rencontraient l'effroi


En classe, un texte du livre de lecture du cours élémentaire racontait la fin solitaire et décidée (choisie ?) par un vieil eskimo* devenu inutile


On l'a emmené

au milieu du désert glacé

pour l'abandonner


C'était une légende ou une tradition. Confusion des genres. Effroi des élèves devant ce que l'on prenait pour de la cruauté.


Un conte japonais

disait le regret contrit

d'un fils à sa mère


Le riche marchand avait fait construire une maisonnette au fond du jardin pour sa vieille mère logée dans un appartement de sa somptueuse demeure. Ainsi reléguée, elle se serait laissé mourir de faim si le fils ne l'avait pas repris dans sa maison.


Un château pimpant

Des balcons avec vue

images flatteuses


Côté rue, à l'entrée, le piquet de grève des personnels en colère tout un mois d'hiver dénoncent leurs conditions de travail. 


Les résidents

disent silencieusement

leur délaissement.


J'ai vu aussi dans d'autres lieux des vieillards bien traités. J'aurais tant à dire encore.


©Jeanne Fadosi, jeudi 23 juin 2022


* Je suis d'un âge où l'on ne disait pas encore inuit












Demain n'est pas si loin !

 


Que cache cette immense tâche de décrépitude ?

Qui s'étiole derrière cette enceinte lépreuse que le temps et les hommes semblent avoir oublié

au fil des jours ?

Ce silence, ces murs gris fermés comme des remparts occultent chaque bruit du vivant.

Le vivant a sombré dans l'ennui

la vieillesse grignote peu à peu

le goût des jours heureux

Sur le papier, on vous promet la lune, le bien être, la protection, la bienveillance; mais passé la grande

porte, les sourires se fanent, le soleil est moins clair, les regards guettent une visite, presque des

enfants perdus.

Lézardes des sourires

leurs souvenirs voyagent  sur de vieilles photos

les oubliés somnolent dans leur fauteuil confort

Sur le tableau noir de la désespérance faut-il écrire ses souhaits avant que de partir, si loin de son

chemin de vie lorsque coulaient les joies, que tout semblait possible ?


Un long frisson m'agite

Demain n'est pas si loin !


Balaline 

Juin 2022




 





 

Comme une réminiscence d’un souvenir lointain, un petit rien réveillant la mémoire :


Juste un mur

quelques mauvaises herbes

le temps est maussade

 

Je l’ai longé de loin. Les fissures de la vie y étaient inscrites en tristesse de façade.

Derrière, j’ignorais ce qu’il cachait. J’y ressentais comme un manque d’attention peut-être juste une absence. Et le temps, le temps qui comptant les jours, les mois, les années marquait de son empreinte une désolation certaine.

 

Au fil des semaines

la trace d’une négligence

L’horloge tourne

 

Je n’étais alors qu’une enfant, parcourir cette rue et côtoyer ce mur me plongeait dans une crainte indéfinissable. J’y voyais des animaux étranges, des ombres inquiétantes, des failles que j’observais mi curieuse mi anxieuse. J’accélérai alors le pas sans comprendre ce tourment qui m’envahissait. Instinctivement j’aspirais à la lumière.

 

Presque au quotidien

de nouvelles dégradations

étrange décadence

 

Petit à petit j’évitais ce raccourci sur le chemin de l’école. Dans ma tête d’enfant je la nommais la rue laide, et l’abandonnais en même temps que ma peur.

 

Crainte enfantine

d’une laideur inquiétante

contourner l’obstacle

 

ABC

 









 

Le chat de la lézarde



Le chat s’est faufilé par une lézarde du mur de la maison de retraite. 


je le vois de dos

il observe le jardin

caché à mes yeux


Derrière ce mur vieillissant sous l’effet des intempéries, d’autres se lézardent, sans bruit, isolés du monde, privés de vie, effacés aux regards. Il est de bon ton dans notre société de masquer ceux qui dérangent.


un monde sans vieux 

le doux rêve du jeunisme 

illusion des murs


Mais la mort, face cachée de la vie, se moque de la peur, aucun mur n’y peut rien. Le temps, l’usure lui ramènera, à leur tour, ceux qui la fuient. 


première ride

prémisse d'un adieu

un sillon de tendresse


on peut lire sur un visage

le grand art de la vie.

 


Adamante Donsimoni

24 juin 2022



 









dimanche 19 juin 2022

Pour la page 201

 Proposition pour le lundi 27 juin 2022


Le mur d'enceinte de la maison de retraite. Photo Adamante.


lundi 6 juin 2022

La page 200


 


Je m'arrête en bord de route

Salue la fin d'un jour

Sur la campagne

Ses couleurs bleue rosée

Ses silhouettes en deuil,

Fin d'une journée...



Coucher de soleil

Ombres chinoises alentours

Seule au monde



jill bill


http://jill-bill.eklablog.com









DES CERISES ET DES ROSES


Sous le gai soleil de juin

Les cerises sont ramassées

Les cerises sont dégustées

Et sur l'arbre et en clafoutis

Sous le gai soleil de juin


Quand vient le soir le ciel rosit

Quand vient la nuit le ciel bleuit


Les grillons vont se réveiller

Dans la fraicheur et les effluves

Les fleurs offrant unes à unes

Un doux parfum avant que de

S'évanouir et laisser place

A la prochaine floraison...



Au matin vas voir si la rose

A des choses à nous raconter

On sait le refrain qui prédit

Tant de belles et tristes choses

Mignonne

Reste encore un peu dans ton lit !



 marine Dussarrat

http://emprises-de-brises.over-blog.com/





 

L'heure bleue


C'est l'heure étrange où deux mondes

se mélangent, minutes éphémères

heure bleue du crépuscule.


Au point du jour des mots perdus

je préfère le soir

cédant la rumeur à d'autres rumeurs.


Deux arbres vénerables palabrent,

inaudibles aux homo sapiens.

Les oiseaux saluent de leurs chants

l'ombre accompagnant la fraîche.


Bientôt les pipistrelles

danseront en silence

à leur banquet.


©Jeanne Fadosi, vendredi 3 juin 2022


Fadosi continue



 



Promesses du matin

Les nuages libèrent les premières lueurs de l'aurore où le regard se perd.

Des tons doux et ouatés, pleins de fraîche rosée épousent les collines et les haies

de verdure où pépient les oiseaux.


La lumière de l'aube

échappée de la nuit

comme un cadeau offert


Diluées les ombres nocturnes dans la naissance des heures claires .

Ce goût exquis de calme et de sérénité efface peu à peu les pensées sombres.

Partir sur les chemins pour apaiser les peurs, s'enrober de nature, humer très fort 

chaque senteur d'été, caresser tendrement la peau du nouveau jour qui s'étire en

rosissant vers le ciel confident.


Promesses du matin

ce chant renouvelé

de la voix de la terre

un pansement de l'âme


Balaline

3juin 2022

http://mado.eklablog.com






Petit arbre grandit

au pouvoir de la nature.

racines bien ancrées

dans la terre nourricière.


Caresses d’azur,

écharpes crépusculaires,

couverture nuage

à la douceur coton

me parent de beauté.


Chaque instant m’épanouit

aux risques des insectes

autant que des tempêtes.


Ma fierté d’hêtre

copain d’un Sieur Noël !


ABC 

http://jardin-des-mots.eklablog.com/




 

Le soir baigne la campagne de ses lueurs colorées. C’est l’heure du repli vers soi. Dans les taillis et dans les branches, les derniers murmures avant sommeil saluent le coucher du soleil.


de bleu et de rose

la traîne de la lumière

enveloppe le monde


Quelques pas encore avant de rebrousser chemin. Mai enveloppe la terre d’une telle douceur ce soir, j’ai envie de prolonger mon immersion printanière jusqu’au bord de la nuit.



branches aériennes

magie d’ombre et de lumière

 le chant des arbres.


Adamante Donsimoni



mercredi 1 juin 2022

Pour la 200ème page

 Coucou les brins,

Toujours à partir du téléphone, voici la proposition pour lundi prochain, si cela vous convient.

Belle fin de semaine.



mercredi 18 mai 2022

La page 199

Bonjour les Brins,

J'ai enfin réussi à mettre en page à partir du portable, mais impossible pour moi de faire mieux que cela.

Désolée.

Merci à Delphine de l'Arbre à Papier.

et merci à vous de ces belles participations.




 Les livres de contes



Il était une fois,

Toute histoire, fantastique, commence ainsi...


Une fois un ogre, une sorcière,

Un naufragé, un loup, une belle,

Un marin, un chat, un haricot...


A faire frissonner

à faire rêver au lit blanc

A lire et relire


Il était une fois,

Toute histoire, fantastique, commence ainsi...


Un beau soir de lune

les marguerites devinrent bleues

à l'étrange pouvoir



jill bill



http://jill-bill.eklablog.com



Grimoires de rêves

au cœur de l’arbre à papier
art et création

 

D’un blog à l’autre, quelques clics pour une belle découverte.

Je vais, viens, tourne les pages, admirative et silencieuse, ne me lassant pas de la visite.

 

Herbiers

carnets conteurs ou de voyage
mon esprit s’évade

 

Charme chiffonné du papier coton, beauté discrète du papier végétal, touche champêtre ou mystérieuse d’une couverture colorée. Envie de caresser, je brode mon plaisir imaginant toutes les calligraphies possibles, pourquoi pas quelques enluminures ?

En moi monte une inquiétude, ne pas abimer l’œuvre d’une autre…

 

Naissance d’un désir

entre l’envie et la crainte
une page s’est ouverte

 

ABC

 

http://jardin-des-mots.eklablog.com/

 



Arbre à papier

Arbre à contes et à légendes

A mémoire

Aux récits du temps passé

Trésor pour vélins précieux

Où s'impriment les comptines

Ornés de fleurs séchées

D'enluminures

De feuilles et de brindilles

Longuement choisies

Pour raconter la poésie des mots

Des souvenirs...

Les histoires d'une vie

En délicate offrande.



Arbre à papier chargé

De nuits et de jours

De soleils et de lunes

Du souffle de la forêt

De vent et de tempêtes

Du bruit lointain de l'océan

De l'appel de la biche

Lui-même auteur muet

Empli d'un passé inestimable...


Marine Dussarrat


http://emprises-de-brises.over-blog.com/






L'anthologie


Si la couverture du recueil montre sa fatigue,  elle a bien résisté aux innombrables manipulations depuis que j'en ai retranscrit le premier poème de ma petite écriture appliquée. Le choix des premiers me fait sourire. La pensée tombée en poussière se devine encore, cernée par les traces du papier collant. En lui accordant une deuxième vie dans les débuts de mon blog, j'ai ajouté quelques pages de Prévert extraites du Grand Bal du Printemps au début des années 2000. Et Madame X, chanson de Francis Cabrel


La beauté du monde

est résumée toute entière

dans une fleur des champs


Le poète en peu de phrases

en décrit la cruauté.


Les textes d'avant, repris des manuels scolaires, sont amputés de ce qu'il était convenu de ne pas dévoiler aux adolescents. Ainsi en était-il de La Ballade à la lune d'Alfred de Musset. Les illustrations y sont d'un kitch émouvant. C'est un petit miracle en  soit qu'il m'ait suivi et accompagné depuis tout ce temps, qu'il ne se soit pas perdu avec mes journaux de déménagement en déménagement. 


Au clair de la lune

n'était pas une comptine

pour les jeunes enfants.


Silences et mots des poètes

sel et magie du sensible.


©Jeanne Fadosi, mardi 17 mai 2022


Fadosi continue

Fadosi continue: l'herbier de poésie


Francis Cabrel - Madame X - YouTube




Entre les pages


Comme les fleurs animent la poésie, dorlotent chaque couleur, chaque parfum de printemps puis d'été, 

embellissent la vie ....

j'ai eu envie très tôt de glisser leurs pétales soyeux entre les pages d'un livre blanc pour conserver

longtemps leur suprême beauté.


Mon herbier bien fleuri

a la grâce de ses ans

pas une ride, quelques teintes fanées


Un album plein de rêves où chaque fleur raconte sa mémoire de naissance, montagne, océan, prairies,

enveloppée de souvenirs voyages.

Les enfants s'émerveillent de ses trésors fragiles couchés sur du vélin.


Secrets de vie, secrets d'herbes sauvages

aux pouvoirs séculaires

endormies là pour traverser le temps

offertes comme un sourire


Balaline

16 mai 2022

http://mado.eklablog.com




Enchanteurs célestes



Sur mon chemin de découverte, j'hésite. Au carrefour, plusieurs options s'offrent à moi : irai-je vers le château du Grimoire Céleste ou vers celui de l'Enchanteur ?


quelle indécision

le chemin de double note

me fait un clin d'œil


Je suis tentée, déjà le nom, il m'évoque Merlin, Brocéliande, la magie... et cette tranche duveteuse de papier douillet, le livre qui se décline tête bêche pour sérier mes inspirations, quelle merveille ! Je fais un pas vers l'Enchanteur.


mais voilà qu'au ciel

la Dame de Lune luit

je tombe en arrêt


"Comment peux-tu m'ignorer ?" semble me dire sa pâleur au travers des nuées bleues et vertes du mystère. C'est cruellement vrai. Comme elle est belle dans sa robe monnaie du pape ce soir. Poser mes mots dans ce yin absolu, me laisser porter dans ses flux nocturnes, quelque chose en moi me dit que j'en ai toujours rêvé.


grimoire de la lune

ou de Merlin la magie-

un choix cornélien


Je referme le grenier de l'Arbre à Papier. Il y naît tant de tentations que l'on y perd son âge à rêver, comme les gosses devant les vitrines quand revient Noël.

 


Enchanteurs célestes

quel trouble à l'idée sur vous

de tracer de tracer un mot


Adamante Donsimoni