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dimanche 18 février 2024

LA PAGE 229

 

Photo F.X.C

 

Narcisse


Comme un homme de veille

Une sentinelle, un guetteur, une vigie

La branche pour mât

L'oiseau s'est posé, reposé.

Il balance des lorgnades

A droite, à gauche

Sans un bruit, muet, questionneur.


Terre en vue, une île,

Les Iles Canaries.


Une compagne, pour le printemps nouveau,

Des épousailles,

Un nid, une couvaison,

Vaguement rêveur, au dessus des eaux.


Comme un homme de veille

Une sentinelle, un guetteur, une vigie...


Pour l'heure il épouse son reflet,

Je l'ai baptisé Narcisse.



Menu vagabond

en quête d'une conquête

Le coeur affamé



jill bill




 






Le petit oiseau


Ce jour là, ce n'était pas le petit oiseau de toutes les couleurs , chanté par Gilbert Bécaud *, que j'observais. Non, celui-ci était beaucoup plus discret.  La gorge et le ventre beige clair, le dessus de la tête brun sombre, le bec très fin et marron, l’œil rond et noir.

Il s'était posé sur une branche grêle à demi immergée dans l'eau de la rivière. Une zone calme, un beau miroir, où le reflet de son image  partageait la même curiosité. Qu'y avait-il à droite pour le captiver ainsi? Il m’intriguait. De part sa position de face, ne pouvant discerner le reste de son corps, il m'était impossible d'affirmer qu'il s'agissait du cincle plongeur. Un habile pêcheur. Je lâchais donc la bride à mon imagination. Et si, comme dans la chanson de Juliette Gréco * *, "Un petit poisson, un petit oiseau", ce minuscule volatile  était amoureux d'une damoiselle à écailles ?

.

Après-midi clair-

Entre le ciel et l'eau vive

Intrigue à plumes

 

.

* La chanson de Gilbert Bécaud: ICI

** La chanson de Juliette Gréco: ICI


Martine  MADELAINE-RICHARD




 






Ici un lac éphémère a inondé la vallée, couvrant les nids, tourmentant les oiseaux. Un lac intranquille qui a envahi les prairies et noyé les caves, quelques logis et les nids. Le passereau en est éberlué, sauvé par ses ailes. La cour et la basse-cour de la ferme n'ont pas eu sa chance. Que pourra-t-il en faire, sinon reconstruire une autre vie ?


Là-bas, pas si loin, à quelques centaines de kilomètres, un autre lac, né d'un barrage des hommes, laisse réapparaître un village englouti il y a presque un siècle. Habitants déplacés pour la fée électricité.


De l'autre côté de la terre, près d'autres lacs en disparition, la terre dure d'années sans pluie offre au ciel ses dessins crevassés et ses cimetières de bateaux.


Sur le rameau nu

L'orphelin équilibriste

en quête de sens


©Jeanne Fadosi, mercredi 14 février 2024

Fadosi continue


pour aller plus loin

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Je n'aime pas ce titre, que j'ai rebaptisé ... la formule "Qui aurait pu prédire ?"

Jean-Marc Jancovici est le créateur du bilan carbone






 



Paparazzo

 

Les portes de la nature s’ouvrent toutes grandes pour ceux qui l’aime. Cela ne s’invente pas, cela se vit.

Dans la fraicheur matinale du marais, en paparazzo, respectueux di uccelli, il épie. Il observe. Il étudie. Il s’émerveille. Clics en rafale, il éternise. Camouflage et affût, tous sens tendus en contemplation d’une gente ailée et chantante. Moments de grâce !

La beauté s’admire en silence. « Oh temps, suspends ton vol ! ». Dans un monde qui accélère, sa passion n’a pas de montre.

 

 

Oiseau, branche et lui

au jeu du reflet/miroir

l’instant magnifié

 

ABC


                                                                               



 





Tout frémit au bord du ruisseau, les herbes et les premiers perce-neige défroissent leurs habits tout neufs, Monsieur Hiver semble très pressé de se débarrasser de son armure.

Un vif pépiement m'alerte, empêtré dans les branchages que la rivière a détachés, j’aperçois un charmant volatile ballotté par le courant


Au ras de 'eau

un petit oiseau posé

en équilibre

en double son petit ventre

se reflète et m’émeut


C'est une bergeronnette des ruisseaux, à bien y regarder elle semble très à son aise, mieux que je ne pourrais l'être à sa place, toutes proportions gardées... Panse ronde, petit bec affûté, elle hoche de la queue telle un funambule, sûre d'elle et pas même effarouchée.

Un bain de lumière m'enveloppe, on dirait qu'une fée, déguisée en ce petit être plein de grâce, m'a jeté un sort si bienveillant qu'une eau de fraîcheur et d'amour se déverse sur tout ce que je vois, surtout ce qui compte dans ma vie, et même sur ce qui devrait me rebuter. Le monde est une merveille, il suffit d'apprendre le langage des êtres bénéfiques.


Marine







 


Entre ombres et lumière



Il est des matins de silence juste égratignés par le froid de l'hiver, ses longs doigts de givre, 

sa blancheur de craie sublimant la plaine, chaque être encore en sommeil.


La nuit tisseuse de blanc

émerveille notre regard ému

des secrets de la terre


Les pas crissent, l'air rosit les joues, comme venu d'un autre univers, plus pur, généreux, plus serein.

Des instants poudrés d'une joie renouvelée, si loin des turpitudes du monde.


Entre ombres et lumière

le rêve guette l'horizon

l'espoir en demain


Quelques pas sur le chemin en attente des premiers balbutiements, du premier chant d'oiseau, celui qui semble guetter l' aurore pour saluer le petit jour.

Ce chant venu du fond des âges, aussi clair que la source, module ses refrains de sa grâce pérenne.


Combien de temps encore, un oiseau sur la branche atteindra le printemps, 

au rendez-vous des premiers émois, des couleurs au jardin et des pommiers en fleurs ?

Reviendra t-il bâtir son nid au plus près des villages tout comme les hirondelles qui " faisaient le printemps " ?


Il gazouille ce matin

juste réveillé de sa nuit

" son rêve était si beau "

nous conte sa mélodie


Balaline

15/02/2024


" Pour les enfants des temps nouveaux

  restera t-il un chant d'oiseau ? "

                                        Jean Ferrat



 





Insolite.


Le Vent des Globes 2570.


Départ tôt ce matin. L'événement est réservé aux Oiseaux. Les flashes crépitent. Une, des quantités de photographies, seuls souvenirs peut-être,  de celui-ci un brin pédant face à l'objectif : " Mon profil droit est-il mieux que mon profil gauche ? "

Frêle esquif qu'un bois flotté, branche déjà morte au fil de l'eau.


Départ magique

Et moment qui importe 

Vie qui dépend de l'eau


Suivra la longue solitude et les combats contre les éléments déchaînés ; les bonheurs aussi ! c'est parti mon Piou-Piou .....


Coeur qui palpite

Étranger solitaire 

Miroir inutile 


Françoise Vieille Marmotte,  14 février 2024.






 




Virgule du temps



La pluie n’avait pas cessé de tomber, et le sol rendait son eau jusqu’à inonder les abords de la rivière. Quelques arbres s’étaient couchés. Sécheresses puis pluies avaient eu raison de leur résistance. Leurs racines offraient à présent le spectacle de leurs arabesques dansant au-dessus des eaux où elles se reflétaient. 

Les végétaux transcendent le visage de la mort par la beauté. Un petit passereau était venu inscrire un instant son image dans cet entremêlement de racines échevelées. C’était la vie qui s’inscrivait là, offrant à mon regard le tableau dépouillé de l’acceptation, une œuvre d’art dramatiquement belle 


instant de repos

avant le prochain envol -

virgule du temps




Adamante Donsimoni

12 février 2024