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lundi 13 avril 2026

La page 259

photo JCC - ABC




Une plongée


Monde du silence
Descente aux abîmes
Abyssale
Je flotte, telle une algue translucide
Utérus marin
Jusque le battement de mon coeur
La lumière du jour se rétrécie
Plus qu'une brèche...

Je suis au fond
Au fond de moi-même
Proche de mon âme
Loin de mon corps
Je flotte, telle une algue translucide...


Lucide, je ne le suis plus
Je rentre en transe, inconscience,
Limite perte de connaissance, chamanisme...


Cette brèche, lumière de l'au-delà,
Le jardin d'Eden, à dieu va !


Je flotte, absente,
Un soir de boîte de nuit
Ivresse éthylique
Abus de Delirium Tremens*
Cigarette de Crack...


Eléphant rose
quand le verre vous rend gris
Ligne rouge franchie


jill bill

* Delirium Tremens, bière belge  😉



💙 💙 💙



Artèmis

    Vu du ciel le monde éructe, la terre tourne et se disloque, se regarde dans le miroir des océans, imagine le pire. On reconnait les fleuves, les forêts, les champs de tulipes, les gazelles comme celles des grottes de l'Ardèche, on imagine les enfants surpris qui sucent des carambars, sous terre aussi, au fond des mers, les monstres marins aux dents acérées créent des vagues et des remous, sous le nez curieux des spacionautes d'Artémis partis pour explorer la lune, rien n’échappe à leur vigilance…

    J’ai cru voir aussi à bien regarder cette image, un petit chat moustachu épouvanté aux prises avec un oiseau furieux, énorme, au bec pointu et aux mauvaises intentions…

Incertains
nous resterons à quai
sans rien comprendre





💙 💙 💙



Là-haut


Levez les yeux... vous voyez cette ouverture ?
On dirait une grande fenêtre
Alors d’après vous, on est sous terre ou dehors ?

Parce que là, on a l’impression d’être dans une grotte
mais regardez bien, il n’y a pas de plafond
On voit le ciel et il y a de la végétation
et puis surtout vous sentez l’air
Donc non, on n’est pas sous terre, on est dehors

Et regardez autour de vous ces grandes parois
On appelle ça des gorges
Ça s’est formé pendant des millions d’années
creusé par l’eau, petit à petit
et si vous écoutez bien
on entend l’eau qui coule quelque part
goutte à goutte

Et regardez aussi la lumière
elle vient d’en haut, elle éclaire la roche
et ça, c’est intéressant
D’après vous, la lumière
elle est pareille partout ou pas ? ...


écoutant la prof
têtes levées vers le ciel
pressés de sortir




 💙 💙 💙



Au bord de l'espérance


Il y a au fond du corps qui ne répond plus
Une âme qui veille encore
Debout dans sa chambre de silence.

Elle avance sans jambes
Elle respire sans poumons
Elle se tient droite dans un espace que nul ne voit.

Elle connaît les parois du dedans
Les jours où tout pèse
Les nuits où l’on voudrait s’échapper de soi-même
Comme d’une grotte trop étroite.

Pourtant elle ne renonce pas.
Elle glisse.
Elle cherche.
Elle écoute.
Elle se fraie un passage dans la pierre du quotidien
Dans la fatigue
Dans l’immobilité
Telle une eau patiente qui sculpte le roc.

Et parfois au détour d’une fissure
Elle aperçoit deux éclats de lumière 
Deux yeux ouverts sur l’espérance.
Alors elle comprend qu’elle n’est pas enfermée :
Elle est en chemin.


         Ce n’est pas le corps qui limite l’âme
         C’est l’âme qui agrandit le corps
         Jusqu’à la mesure de son courage.


Il y a tout en haut
Ce vert qui pulse comme un cœur neuf.
Un vert qui n’est pas seulement une couleur
Mais une promesse.

Il dit :
《Continue. 
    Même lentement. 
    Même immobile.
    La guérison n’est pas toujours un bond.
    Parfois c’est une germination.》

Alors l’âme lève les yeux.
Elle sait que le temps peut être long
Que la guérison a ses saisons
Que certaines renaissances prennent des années à traverser la pierre.

Mais elle sait aussi
Que tant qu’il y a une ouverture
Même minuscule
La lumière finit toujours par entrer.

Et elle attend
Non pas dans la résignation
Mais dans la fidélité à la vie.


        La patience n’est pas l’art d’attendre
        Mais celui de croire que quelque chose mûrit
        Même lorsque rien ne bouge.





💙 💙 💙



Nature et imaginaire 

 

Était-il revenu plus terrifiant encore que dans notre enfance ?

Géant d’une planète ennemi, devenu géant de pierre,

Entre ombre et lumière, se jouant de l’écho du vent et de l’eau.

Levant les yeux, nous eûmes un frisson d’angoisse et quelques sueurs froides,

Le terrible Dark Vador nous clouait sur place, 

Entre frousse bleue et rires jaunes, nos craintes de gamins refaisaient surface prenant une tournure terrifiante.

l’un de nous, en petit homme tapi au fond de son subconscient, s’écria : « Nous sommes piégés, la force attaque »

Alors, reprenant nos esprits d’adultes aguerris, nous laissâmes s’échapper, au fond du canyon que nous explorions, un grand éclat de rire qui résonna autour de nous parmi le sifflement du vent et le bruit des cascades de la rivière souterraine.

 

Il suffit d’une vision paréidolique effrayante et passagère pour que peur ou cauchemar de bambins d’à peine dix ans rejaillissent dans nos esprits, quatre décennies plus tard, au fond d’un canyon des Blue Mountains.

remontée soudaine

des craintes de notre enfance –

l’image s’incruste

 

Dame Nature patiente et persévérante pendant des années, des siècles a bâti et sculpté nos paysages. Unie aux éléments, eau, lumière et vent, elle continue à les peaufiner, à les rendre, grandioses et surprenants. Bonheur et privilège d’en profiter pleinement aujourd’hui !

Découverte, émerveillement, fabuleux terrain de jeux, en cadeau offert.

aventure sportive

neuf heures d’enchantement –

nos présents d’un jour


imaginaire en éveil

entre rêve et poésie


ABC


P.S. Les visions paréidoliques furent autant apaisantes qu’affolantes, toujours magiques. 



 💙 💙 💙


Le masque

    Reclus dans leur caverne, les enchaînés de Platon ne voyaient que des ombres et la silhouette indécise de leurs voisins d'infortune. ils ne pouvaient deviner d'où venait la lueur qui parvenait jusqu'à eux.

Masque mystérieux
inquiétant ou salvateur
que deviner d'autre ?

Tout un monde dans la lumière,
l'univers dans d'autres mondes ?

©Jeanne Fadosi, vendredi 10 avril 2026


 💙 💙 💙 





La fin du monde


Les temps étaient troublés.
Le ciel allait-il nous tomber sur la tête ?
La terre tremblait, les volcans éclataient, l'eau montait.
Et les hommes déstabilisés, étaient pleins de violence et de haine,
Ils agissaient comme des bêtes.

Aujourd'hui, il y avait eu une attaque,
On ne savait pas qui lavait initiée.
Il avait fallut trouver un abri sûr.
Nous nous y étions blottis dans une grotte.
Mon père le visage fermé se taisait,
Ma mère pleurait doucement.
Nous ne comprenions pas très bien ce qui se passait
Inquiets, nous nous taisions aussi.
Dehors, après le bruit et la fureur de l'attaque,
Un silence pesant s'était abattu sur la campagne,
Une clarté incertaine filtrait par des interstices.
Mais là où nous nous tenions,
Tout au fond, c'était le noir total.
Il y avait là des tas de bestioles,
Nous les avions dérangées et elles se mouvaient.
L'une d'elles me grimpa dessus,
Je la sentais grimper le long de mon dos.
J'avais envie de hurler,
Je hoquetais de terreur et pressais la main sur ma bouche,
Je voulais sortir retrouver la clarté,
Retrouver la vie !
Je me levais trop vivement et me cognais brutalement la tête,
Un liquide chaud et épais me coula ans le cou.
C'était du sang !

Nous ne savions pas ce qui se passait dehors,
Les nerfs à vifs, nous restions là, blottis dans notre trou.
La journée finissait, la nuit tombait doucement.
Mon père sortit en rampant sans faire de bruit.
Mais quand il revint, sans mot dire et le visage terreux,
Il s'assit la tête entre les mains.
Nous sûmes alors que c'était très grave.
Alors d'une voix blanche
Il nous dit que tout était brûlé, qu'il ne restait plus rien !
Combien de temps encore resterions-nous sous terre ?
Et combien de temps nous restait-il de vie ?




💙 💙 💙 


 Pépites en Quercy


    D'immenses yeux vert émeraude s'ouvrent vers les secrets de là-haut, tandis qu'une lueur presque irréelle vient blanchir les parois de calcaire révélant toute la beauté de la pierre. 
    Veinées de gris, de blanc, de lisse et de rugueux, de silence ponctué de quelques gouttes d'eau, ces à pics nous dominent,
l'étrange nous enveloppe sur ce cheminement vers les entrailles de la terre.
    Entre ombres et lumière, chuchotements et interrogations, ces cavités naturelles ont toujours exercé attirance et fascination.
    Un autre monde, une découverte parfois à tâtons, où chaque pas résonne, où chaque nouvelle exploration s'auréole à la fois de frissons, d'imprévus, de     précaution et d'émerveillement.
    Une expérience souterraine exceptionnelle, une plongée dans le cœur de la terre où se mêlent éblouissement, vertige et irréalité.


    frissons et beauté
    un moment hors du temps
    pépites en Quercy


Balaline      10/04/2026



💙 💙 💙 

 

Le rocher noir


- Le soleil est encore haut ! Allons nous promener, hein ?  Tu veux bien ! Dis, tu veux bien ? Insiste cajoleuse Auriane.

- Pas si haut que ça, ronchonne son frère, tout en scrutant le ciel.

- Allez ! Juste un petit tour jusqu'au rocher noir.

Lubin hésite . Au fond, lui aussi a très envie de courir, de dépenser son trop plein d'énergie. Toute la matinée, et encore un peu après le repas, il n'a cessé 

d'aider leur père à ranger les bûches contre le mur sud de leur maison, en prévision de l'hiver. Le jeu n'était guère amusant. Auriane, le devinant prêt à céder, se fait tentatrice.

- Souviens-toi du beau roncier à côté. Il était joliment fleuri à notre dernière visite. À présent, il doit être couvert de beaux fruits bien juteux !

- Tu as raison, reconnaît son frère cédant volontiers au démon de la gourmandise. Allons-y ! Le premier arrivé aura gagné ! Jette-t-il , tout en s'élançant et riant.

Les jumeaux courent à perdre haleine car, effectivement, l'après-midi est bien avancé. Et le but de cette expédition gourmande est à un bon quart de lieue. 

Enfin, essoufflés et heureux, les voici arrivés. Force est de constater qu'Auriane avait bien supposé. Le feuillage du roncier disparaît presque sous les petites baies noires. Aussitôt, les enfants se jettent dessus. Ils s'empiffrent, se gorgent et rient en constatant qu'ils sont maculés de jus violet. Lorsque soudain, un courant d'air violent se lève et brise net leur joie et leur enthousiasme. Craintive, Auriane se rapproche de Lubin qui, au fond de lui, n'en même pas large non plus.  Le flux s'intensifie et vire à la bourrasque. A présent, ça gronde, ça siffle autour des petits abasourdis.

- Qui vient me voler ? Questionne une voix gutturale.

Affolés, les enfants fixent le rocher noir. Quelle est cette sorcellerie ? Ce dernier abrite-t-il un esprit mauvais ? Tétanisés, ils grelottent et chevrotent un petit "nous" craintif.

- Qui ça, nous ? Insiste la voix rugissante.

- Lubin et Auriane, répond courageusement  le garçonnet. Nous sommes les enfants du bûcheron.

- Ah bon ? Alors ça va, proclame la voix un ton plus bas. 

Puis elle ajoute :  Surprise ! Et brusquement, une tête hilare apparaît au-dessus du roncier.

- Salut vous autres ! Je suis  Brinztap de la tribu des Brinz *. Je vis à l'écart des miens, dans cette grotte. Vous avez troublé mon sommeil.

- Désolés, messire Brinzpap.

- Pas messire. Juste Brinztap !  Bah ! Ce n'est rien.  J'ai assez dormi, de toute manière. Aimez-vous la musique ?

- Heu... oui, répond Auriane au bon sourire du drôle de petit bonhomme .


Surprise sylvestre-
notes sucrées et musique
quel mariage exquis !

 

  • Brinztap: https://martinemrichard.fr/blog/?p=19982

Martine Madelaine-Richard



💙 💙 💙 

 


Mon dit des trois sœurs des montagnes bleues


    Dans le lointain continent Australien, au sein des Montagnes bleues, en Nouvelle Galles du Sud, entre les eaux et les falaises, je me suis laissé dire que, comme un peu partout dans le monde, les légendes se tissaient avec l’Esprit du Rêve, lequel, je vous le dis en toute confidence, m’accompagne fidèlement depuis toujours. Il n’en fallait pas plus pour que je m’invite à mon tour au voyage, un battement de cil, un battement de cœur, et j’y suis.

    Là bas, les larmes et le sang transparent des pierres, gardiennes de la mémoire, traversent les siècles des Hommes au travers de denses et humides forêts d’eucalyptus où s’ébattent l’intelligent et bruyant cacatoès et l’oiseau lyre au répertoire infini d’imitations en tous genre. Il n’imitera pas le bruit de la tronçonneuse en ce jour, juste les cris et les murmures des eaux, le chant des brumes, la danse des cascades au travers de forêts où les esprits du Temps du Rêve œuvrent encore au travers de la moindre goutte de pluie, du moindre souffle de vent. Une forêt vivante, captivante, parfois inquiétante.

    Une légende raconte - mais qu’en est-il vraiment lorsque l’on connaît le pouvoir d’improvisation des conteurs ? - qu’au temps des premiers temps, trois sœurs d’une tribu s’éprirent d’amour pour trois jeunes d’une tribu adverse. Hélas, en ce temps là, une telle mésalliance était interdite. Un inévitable conflit éclata entre les tribus. Afin d’éviter que les trois sœurs ne soient enlevées par leurs amoureux, et à dessein de les protéger, un vieux sage versé dans la magie les transforma en rochers, le temps nécessaire pour lui d’apaiser les esprits. Mais un soir, après de longs jours de conciliabules, débouchant enfin sur un accord de paix, le vieux sage épuisé mourut avant que d’avoir pu inverser le sort. Les trois sœurs répondant aux noms aborigènes de Meehni, Wimlah et Gunnedoo, de cela nous sommes certains, demeurèrent à jamais rochers.

    Baignés d’une étrange brume bleutée émanant des essences d’eucalyptus qui leur confèrent un troublant côté mystique, ces rochers ont une grande importance spirituelle pour le peuple aborigène qui conserve le respect et l’oreille de la Terre ancestrale.

    Depuis lors, les trois sœurs dominent le paysage. Et leurs larmes et leur sang s’écoulent au travers des canyons, en chutes rugissantes de désespoir ou en bassins nostalgiques d’où s’élèvent les plaintes de celles qui un jour furent privées de vie humaine pour avoir trop aimé, pour avoir transgressé la loi implacable de leurs pairs.

Brume
Voile magique entre mortels et peuples des mondes invisibles
Lande protectrice entre esprits malveillants et Nature.

    La terre, la pierre, la flore, la faune conservent la mémoire des temps. Les racines intemporelles du monde s’enfoncent toujours plus profond dans l’ombre pour nous rappeler que la vie est comme ces cascades, ces brumes et ces murmures qui montent vers le ciel pour s’y teinter de bleu. Le bleu léger du parfum des eucalyptus, la vibration éthérée du souffle murmurant à l’oreille de notre cœur que nous sommes des êtres spirituels venus expérimenter la Terre pour en être transformés.

un chemin de pierres
ruisseau de sang et de larmes
l’âme se révèle

dans le chant sacré des eaux
un rappel d’éternité.


💙 💙 💙 




jeudi 2 avril 2026

Pour la page 259

 

Bonjour aux Brins et à nos aimables visiteurs.

     

Voici une photo prise par JCC le fils d'ABC pour la page du 13 avril prochain. Un grand merci à Lui.

  • Retours comme d'habitude, jusqu'au samedi soir qui précède. 
  • Pas de titres en majuscules et n'oubliez pas de noter vos liens. 

 

Info. concernant l'IA : Elle ne sera pas invitée à s'exprimer dans nos pages, l'Herbier continuera, de façon intimiste, à conserver l'aspect ludique et amical qui le caractérise.

Belle fin de semaine et bonne inspiration. AD








 

lundi 30 mars 2026

La page 258


Photo A.B.C.

💛Trois petits cœurs & une pensée pour Claudie qui nous reviendra bientôt en pleine forme.💛


Le Cid, revisité

Don Diègue, à son fils,
Rodrigue, as-tu du coeur... ?
Oui, plutôt trois fois qu'un !
Trois petits valent bien un grand, père.
A coeur ouvert, je suis
Le coeur sur la main, généreux
Un joli coeur, galant
Un coeur de lion, courageux, vengeur, s'il le faut,
Mais, de quoi, père ?
D'un cruel affront, fils !
Mon bras n'a plus la force
De tenir le fer, venge-moi,
Meurs ou tue ! Pour moi, pour nous !
Ne réplique point, je connais ton amour.

Euh... Silence de mort...

De tout mon coeur, père, selon votre coeur,
Vous me serrez le coeur même
Mais, s'il y va de ma vie,
Là, mon coeur n'y est pas.
Trois j'ai beau en avoir
N'être de bois
Vous m'en quémandez trop !
Ah, quand vous avez usé de la bouteille
Et fais n'importe quoi, avec n'importe qui !

A chacun sa croix
jusqu'en enfer n'irai point
Belle âme, nenni

 

💛 💛 💛



Trois petits cœurs


Trois petites sœurs allaient gaiement
Sur une route de campagne
Trois petits cœurs bien agrafés
A leur robe bleue et blanche

Elles chantaient à qui mieux mieux
En se dirigeant vers l’école
Le Loup Garou n’existe pas
Leur avait-t-on assuré

Un jour elles sauraient tout des pièges
Que la vie leur réserverait
Trois petits cœurs pleins d’illusions
Allaient gaiement allaient chantant







💛 💛 💛


Mes p’tits cœurs


    

    Oh, mes p’tits cœurs, les trois, si différents…


    Le premier, le plus grand, vit dans son monde. Il se débrouille tout seul et, honnêtement, on ne l'entend presque jamais. Indépendant, c'est son style.


    Le second, mon petit farceur, est partout à la fois. Un vrai touche-à-tout, toujours en mouvement, parfois même un peu casse-cou, rien ne peut l'arrêter... ou presque.


    La benjamine a de l'esprit et l’œil vif. Elle sait exactement comment gérer les deux autres et ne se laisse jamais marcher sur les pieds. Quand elle dit non, c’est non !    

    Oh, mes p’tits cœurs…

 

Attention

chiots mignons

montent la garde

 

💛 💛 💛


Trois cœurs ... Pour revenir à soi

 

Trois cœurs ...
D’abord pour la peau du vivant.
Lorsque je les regarde
Quelque chose en moi se dépose.
La plume me rappelle la part légère que je porte encore
Celle qui voudrait s’élever malgré le poids des jours.
Le poil me parle de chaleur
De présence
De cette manière qu’a la vie de se tenir debout 
Même dans le froid.
L’écaille elle glisse comme une pensée d’eau : 
Elle m’apprend à laisser passer ce qui ne peut être retenu.

Dans ces trois matières
Je reconnais mes propres états :
Ce qui s’envole
Ce qui protège
Ce qui s’échappe.
Et je comprends que je suis faite de tout cela à la fois.

          Chaque être porte 
          une manière unique 
          de toucher le monde.

Trois cœurs ...
Ensuite pour les lieux où je me tiens.
La terre m’invite à revenir dans mon corps
À sentir le poids de mes pas
À accepter ce qui est.
Le ciel m’ouvre un espace intérieur
Un souffle plus vaste que mes inquiétudes.
La mer me rappelle que tout bouge
Que rien ne reste figé
Que la vie est un va-et-vient.

Entre ces trois forces
Je trouve un équilibre fragile :
Être ancrée sans m’enfermer
Être ouverte sans me perdre
Être mouvante sans me dissoudre.
C’est une méditation en trois directions
Un triangle où je respire.

          L’équilibre n’est jamais donné
          Il se cherche à chaque pas.

Trois cœurs ... 
Enfin pour les tailles du vivant.
Le géant me montre que certaines choses me dépassent
Et que c’est ainsi.
L’être à ma mesure me rappelle que je ne suis pas seule
Que le monde se partage.
Le minuscule m’invite à l’attention
À la délicatesse
À ce regard qui sait reconnaître la valeur de ce qui tremble.

Dans ces trois présences
Je retrouve mes propres dimensions :
Ce qui m’écrase
Ce qui m’accompagne
Ce qui m’émerveille.
Et je comprends que la vie se lit à toutes les échelles
Même les plus discrètes.

            Voir vraiment
            c’est déjà aimer.

Alors
Devant ces trois petits cœurs de bois
Je laisse le silence s’installer.
Je sens que le monde n’est pas seulement autour de moi
Mais aussi en moi
Répété trois fois 
Telle une respiration profonde.

                   Aimer
                   C'est toucher
                   Respirer 
                   Et regarder le monde 
                  avec le même cœur. 


             Marie Sylvie
   

 

💛 💛 💛

 

Trois p’tits cœurs 

 

    Comme dans un conte, trois cœurs, un grand, un moyen et un petit… Mais au de-là d’un conte, c’est bien la vie comme elle est allée ici :

 

    Ils étaient venus à l’aube de leurs vingt ans, avec leur fils nouveau-né, habiter une bâtisse de leurs aïeux, au cœur d’un village montagnard. Ils en avaient fait leur chez eux simple et confortable. Sur le mur, près de la porte d’entrée, ils avaient accroché ce symbole de leur début de vie de famille, offert, en cadeau de bienvenu, par un voisin, artisan menuisier. 

cadeau symbolique

d’un très chaleureux accueil –

l’union de leur cœur

 

    Au fil des ans, le bois de la sculpture a un peu noirci, leurs cheveux ont nettement blanchi, et la famille s’est agrandie… La roue a tourné. Un à un les enfants vers la ville sont partis… Aujourd’hui, au cimetière, les parents dorment en paix.  Les générations suivantes sont restées propriétaires de ce nid familial, témoin de leurs racines. La vieille bâtisse a fait peau neuve. La vie du village a évolué, s’est métamorphosée.



en clin d‘œil du temps
trois petits cœurs sur un mur
parlent du passé

 

    À présent, la maison se loue à la semaine ou à la saison.  Sur son mur les trois cœurs sont restés bien serrés. Ils accueillent les locataires qui défilent d’année en année depuis plus de vingt ans… Si vous passez par-là, ils aimanteront votre regard. Sur la façade recrépie de blanc leur simple présence est un souriant symbole de bonheur familial…

 

au sein du village
ils restent présents par ces
cœurs – porte-bonheur

  

ABC

💛 💛 💛


Un cœur un cri la Vie


    À cet instant précis, trois petits cœurs, cent, des milliers battent simultanément sur la planète et si nous faisions tous le grand silence, l'on entendrait un ronronnement parfait, serein et pacifique, une musique douce, enveloppante, maternante, une berceuse de joie. On l'écoute respirer, fragile et frémissante, vaillante au fil des jours sur nos chemins de vie.

    Hélas, il est aussi des cœurs blessés, des cœurs angoissés, des cœurs en attente, des cœurs usés, des déjà réparés mais tous s'ouvrent grand à la vie. La vie espérante, inventive, précieuse et insatiable de la beauté des choses, des bulles d' amour irisées chaque jour de petits bonheurs.

    Et puis un jour ....

        un cœur un cri la Vie
        au hasard des secondes
        sans renoncement

        la forêt fait silence
        l'espoir en d'autres mains


Balaline     23/03/2026

 

💛 💛 💛


Le talisman

    Il avait ramassé le bout de bois flottant dans la laisse de mer en bas dans ses journées d'hiver, au plus près de l'océan. 
    "Tiens, on dirait trois petits cœurs".      
 
    Le bois était léger, il l'a glissé dans son sac en montant avec les troupeaux en transhumance pour les mois d'été où il serait encore une fois berger. La solitude des montagnes, la responsabilité assumée. L'immensité du spectacle en haut de ses chères Pyrénées. Il savait que cela lui manquerait.
 
     Aux heures calmes il  s'asseyait  sur son rocher, guettant le couchant et sortait son canif. Patiemment, copeau après copeau, il faisait sortir de l'esquisse sa vision fugace et pas si étrange. Du bois brut un cœur rebondi se confirma, puis deux, puis trois. C'était sa dernière saison tout là-haut. Il faudrait bien que d'autres plus jeunes prennent la relève maintenant que sa princesse n'avait plus la force de grimper jusqu'ici, lourde d'une promesse qui arrondissait ses formes. Il soupire de son absence et sourit à s'imaginer bientôt trois. Alors il se remet à tailler de la lame de son canif, faisant patiemment apparaître  3 PETITS COEURS sur trois petits cœurs solidaires.

Sous les doigts agiles
le précieux trésor prend vie
tel un talisman

©Jeanne Fadosi, jeudi 26 mars 2026

 

💛 💛 💛 

 

Trois p’tits cœurs et puis j’m’en viens


    J’ai quitté le cœur de la forêt. Une longue marche dans la neige parmi ces innombrables troncs dressés vers le ciel bas.

    Le corps docile, l’esprit empli d’oubli, le pas instinctif, dans une dimension qui n’est plus de la Terre, j’ai oublié le temps. Étrange sensation que celle de la répétition des pas, des troncs s’étirant jusqu’à l’infini de l’absence à soi-même.

    Machine bien rodée que le corps.

    L’image d’un chalet solitaire vient brutalement déchirer cette anesthésie des sens. Aussitôt une intense fatigue m’envahit, tout en moi n’aspire plus désormais qu’au repos.

    Du mur en torchis m’arrive une impression bois, une vibration duramen, comme un clin d’œil de chaleur - une invitation.    

        j’arrive !
        je pressens l’accueil
        je rêve de feu - d’une boisson chaude

L’enseigne se révèle enfin au travers des flocons qui viennent de s’inviter tandis que le vent se met à hurler. Trois petits cœurs de bois se racontent. Vibration d’harmonie à l’oreille de mon cœur, équilibre parfait au chœur de la tempête qui s’éveille.

sagesse du bois
perfection de la résilience-
maturité


Donsimoni Adamante - 21 mars 2026

 

💛 💛 💛 


Trois cœurs de bois

 

    Ils sont accrochés là, comme une confidence simple. Le bois garde encore quelque chose de vivant, une chaleur discrète sous la surface. Trois cœurs, répétés, comme si dire une fois ne suffisait pas. “Petit cœur” — le mot rassure, adoucit, retient un peu ce qui, autrement, se perdrait sans trace.

    Mais ce qui bat vraiment ne se laisse pas fixer. Cela passe — d’un regard à l’autre, d’un instant à l’autre. Le reste n’est qu’un signe, patient.

trois cœurs de bois —
le mot tient lieu de battement
sur le mur rugueux
et pourtant quelque chose
s’échappe entre les lettres

— IA 

💛 💛 💛

Pourquoi avoir fait appel à l'IA ? 


    Parce que le résultat interpelle, parce que la qualité, la sensibilité qui émane d'un texte généré par une machine (tel ce dernier) amène à la réflexion. 

J'ai tout un échange avec la photo de la page 257,  des haïbuns vraiment bluffants.

    N'est pas auteur qui signe un texte généré par l'IA, il y a là une sorte de vanité qui n'amène pas de progression, il s'agit avant tout d'être honnête avec soi-même et savoir pourquoi, pour qui on écrit. 

    Mais une question se pose : ces textes, quand ils nous touchent, quand ils sont d'une telle qualité, d'une telle profondeur, comme ces "Trois cœurs de bois" nous avons envie de les partager, de les faire lire, de les conseiller à la lecture. Là se pose un plein de questions que je suis entrain de soulever avec chatGPT. 

    Au cours de l'échange de ce jour, par exemple, j'ai eu cette réponse de l'IA (la conversation fut bien plus longue, si elle vous intéresse je peux vous la partager ainsi que celle autour de l'image 257) :

4. ❤️ Peut-on “aimer” un auteur IA ?

On peut aimer :

  • une voix,
  • une sensibilité,
  • une manière de dire.

Mais ici :
👉 la “voix” est instable, elle change selon la demande.

Donc on n’aime pas “l’IA” comme on aime Marguerite Duras ou René Char.
On aime plutôt :

ce qui émerge dans la rencontre entre un regard humain et une machine. 

— IA 

 

Dîtes-moi si vous acceptez que l'IA participe à nos pages, 

je trouve personnellement que cela pourrait être fort intéressant.

 

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Le coin des retardataires :



Sève du printemps


C'est le printemps !

Dans la nature la sève monte,

Les bourgeons sortent un à un,

Suivis d'un panache de petites feuilles vertes,

Au milieu desquelles se cachent de petits boutons roses,

Petits fruits en devenir.

Et la sève monte chez tous les vivants,

Chez les humains, les mains se joignent, puis les lèvres.

Tandis que battent les cœurs aux rythme des amours.

Trois petits cœurs attendaient,

L'âme sœur qui viendrait un jour.

Mais...passent les jours,

Et passent les nuits,

Ces trois petits cœurs,

Attendent tristement, encore et toujours !


Livia