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mercredi 29 avril 2026

Page 260

 

N'auriez-vous pas vu le cheval allongé au pied de la chute ?
Où vont donc se nicher les paréidolies !



M'en allant


M'en allant promener
J'ai trouvé l'eau si belle
Que je m'y suis baignée, toute nue,
Au clapotis de sa cascade.

Je me pensais seule
Comme sur ma plage abandonnée
Quand on range les vacances
Dans les valises en carton ;
Je l'ai cru, naïve,
L'île de Robinson c'est du roman,
Elle avait ses cannibales.

Un vieil ogre, sortit sans doute d'un conte,
Planté sur la berge
M'envisageait, comme une proie
Mangeur d'enfants,
Rugueux comme une écorce.

Je n'ai que des cuisses de grenouille
Ne ferai qu'un maigrichon repas ! Ouste !

Le soleil dans les yeux
Un arbre devient vite ogre.

Un berger et ses moutons
Le mirent en fuite, chut, entre nous...

Au clair d'un jour
m'en allant au fil de l'eau
La divagation



jill bill
https://jill-bill.eklablog.com


💚  💚  💚


Une nuit dans la forêt sous la lune


    Le temps s'était remis au beau, nous avons emballé des sandwiches, enfilé nos bottes, nous sommes partis vers la forêt pour y camper quelques jours durant les vacances de Pâques.

    Jean traînait un petit chariot sur lequel la tente, les sacs et tout le matériel étaient entassés.

    Nous avancions à la queue leu-leu sur le sentier, nous ne parlions pas pour écouter vivre la forêt et entendre chanter les oiseaux.

    La forêt s'éclaircissaient en une belle clairière et la rivière s'offrit à nous au détour du sentier, l'eau cascadait en son milieu, le bruit argentin de cette eau nous rafraîchissait déjà, la clairière embaumait, une odeur de terre et de végétaux mêlés, tandis que le soleil dessinait des arabesques de lumière allumant des éclairs à la surface de l'eau et sur le sol, tout était tranquille.

    Après avoir monté la tente, nous sommes entrés à petits pas dans l'eau froide et claire, les galets roulaient sous nos pieds et le coucou chantait ses deux notes quelque part sur un arbre...

    Le soleil s'est couché tandis que la nuit s'insinuait doucement dans la forêt, une chouette s'envola en quête de nourriture en hululant, nous étions assis autour du feu pour manger, la pleine lune éclairait le sous-bois, les oiseaux se taisaient dans les nids, nous fîmes de même goûtant la paix de la nuit qui nous enveloppait comme une cape de velours bleue.

    Jean sortit son harmonica et souffla doucement, emplissant le sous-bois d'une douce mélodie.

    Et tandis que la lune riait à travers les branches, nous nous endormîmes sous la tente, bercés par le chant de la rivière, qui emplissait la clairière.

 

Livia 

https://liviaaugustae.over-blog.com/


💚  💚  💚



Le lutin de la cascade


    Un jour c’est entre ombre et soleil que le petit lutin de la cascade m’a parlé. Sa voix glissait sur les cailloux, modulait sous le flot et les rebonds, j’ai tendu l’oreille. Il m’a dit de ne pas m’inquiéter, que le monde pouvait se régénérer, que les hommes qui voulaient le bien de la planète finiraient par obtenir que la générosité et l’amour gagnent et que le goût du pouvoir et de l’argent des puissants ne continuent pas à écraser les peuples.

    J’ai eu envie de le croire, et de m’emplir les yeux de la beauté du ciel, du parfum des roses, des rouleaux chantants de la mer, de la neige des montagnes brillant au loin comme une promesse de félicité…


Bonheur d’un instant
quand le ruisseau nous parle
j’écoute sa voix

💚  💚  💚



Le Trapel


Sous les saules pleurant une sève gommeuse, il serpente, nonchalant, entre vignes et jardins…
Assise au bord du lit de cette onde voyageuse, cachée parmi les herbes, j'écoute sa musique.

Journée estivale-
O temps suspend ton vol
sur ma nonchalance

Le Trapel clapote, glougloute, gargouille, trahit quelques secrets de sa mémoire liquide. Ce courant murmurant glisse entre mes doigts, caressant, apaisant, miroitant de souvenirs :

Soupirs mélancoliques d’une blonde patricienne attendant languissamment son général romain…

Commérages volubiles, claquements de battoirs autour des lessives des lavandières d’antan…

Naïves complicités construisant un moulin de boue et de cailloux, éclaboussé des rires de pêcheurs enfantins…

Reflets argentés-
confidences aquatiques
à mes pensées bleues

Après maints méandres, le ruisseau grandit, abandonne la fraîcheur ombrée des bois pour parcourir la plaine ensoleillée. Flamboyant de lumière, avoines et coquelicots dansent sur le tempo jeux d’eaux de Debussy…

Un martin-pêcheur-
ondoiements truites et goujons
éclaboussures!

Martine Madelaine-Richard
https://martinemrichard.fr/blog

 

💚  💚  💚


Là où la beauté se dépose


La nature avance en silence
Telle une parole ancienne qui ne cesse de se renouveler.
Elle glisse.
Elle murmure.
Elle façonne le monde
Avec la patience de l’eau qui franchit les pierres
Et la douceur des mousses qui s’accrochent à la lumière.


Diversité des formes
Des couleurs et des sons qui nous ravit nous enchante et nous séduit.

Chaque forme est une surprise
Chaque couleur une confidence
Chaque son une invitation à écouter plus loin que soi.
Dans le frémissement d’une feuille
Dans la chute d’un filet d’eau
Dans la respiration verte des sous‑bois
Elle nous rappelle que la beauté n’a pas besoin de se montrer pour exister.
Elle suffit.

La Nature
Beauté du monde qui nous émerveille
nous charme et nous éblouit.

Marie Sylvie
https://mariesylvie.blogspot.com/

 

💚  💚  💚

 

Balade d’eau :

 

De la goutte, claire et cristalline, 

Jaillissant de la source,

A la larme amère,

Se jetant dans l’océan,

Une vie - un parcours.

 

La goutte, en filet d’eau,

Du filet d’eau au ruisseau,

Du ruisseau à la rivière,

De la rivière au fleuve,

Du fleuve à l’océan,

En a avalé des couleuvres :

Colorants, plastiques, épaves, tissus,

Débris de toutes sortes en passant par quelques cadavres,

Elle alla se noyer, en sanglot, dans l’immensité océane.

 

En la suivant de a à z,

Les cigales chantent.

Les fourmis s’activent :
Prise de conscience, information, éducation,

Collecte des déchets, campagne de dépollution,

Elles retroussent leurs manches, n’arrêtent pas le combat.

Patience et persévérance, 

Portes ouvertes sur un avenir où

Chaque goutte sortant de la source

Atteindra l’océan claire et cristalline.

Au fil de l’eau,
L’espoir renaît.

douceur d’une balade 

dans le lit de la rivière 

les gouttes chantonnent

 




💚  💚  💚

 La pomme de pin


Je lance une pomme de pin dans la rivière, juste avant le déversoir. 
Elle tombe dans l’écume, emportée par le courant.

 

Je la suis du regard, sous la surface trouble,

légère, glissant vers d'autres rives.


Le bruit des flots se referme sur elle. 

Et le silence rebondit, pierre après pierre, au fond de l’eau.

 

pomme de pin

le courant seul

sait la suite

 

💚  💚  💚


chut… chute en cascade

chut… chute en cascade
sur les pierres moussues chante
chuchotis léger
sous l’ombre verte des arbres
mon esprit s’y fond, en paix

          Claudie Caratini 

 et, à partir de cette photo de Claudie

"La source de l'Infernet". située au pied du massif de l'Arbois, près de Vitrolles, Bouches du Rhône


 

Ode à la cascade

Splendeur de la nature
Vierge chlorophyllée
Dans son bain de soleil
Phébus la courtisait.

Telle une ondine
Chue du néant
Cascade se pavane
Hors du gouffre béant.

Elle danse tel un farfadet
Par les hautes frondaisons captive
Et frétille dans l'ivresse
Petite flûte enchantée!

Ombrée de mystère
Coulée immortelle
Ta source intarissable
Epuise l'imaginaire.
Cascade, joli muscadet
Buvons à ta santé
Tu es symbole de vie!

Claudie Caratini -  (Commentaires à déposer sur cette page)

 

💚  💚  💚


Histoire d'eaux


C'est une histoire d'eaux qui court depuis l'enfance, tout près du vieux moulin ayant perdu son âme.

Il ne reste au ruisseau toujours maître des lieux que des pierres moussues couleur de l'émeraude, les clapotis sereins de la cascade limpide auréolés d'un voile aux éclats arc-en-ciel.

Mais l'eau s'écoule toujours, dans ses reflets argent la truite se faufile, les demoiselles bleues frêles et aériennes dansent sur les embruns, le martin pêcheur y joue sa flèche bleue, vive et invincible.

La lumière ruisselle dès le petit matin, les saules bercent leur feuillage léger, l'air doux libère enfin les éphémères ailés où la mémoire chemine sur fond de toile claire.

La vie est blottie là au cœur de l'onde pure, fragile, impatiente, toujours passeuse d'espoir.

Pourtant depuis longtemps, le meunier est parti, la roue s'est arrêtée, les mots ne chantent plus sur les vieux murs de pierres, le temps s'égoutte ici dans un cadre paisible mais pétri de regrets.


la chanson de l'eau
sur un souffle cristallin
en gouttes perlées
vertige et fluidité
doux voyage nostalgique


Balaline 27/04/2026
https://mado.eklablog.net

 

💚  💚  💚 


Le destrier magique

  
 
     Feuilles craquantes, mousses et épineux accompagnent ma marche solitaire au travers des bois. Ils glissent doucement, m’entraînent jusqu’au bord de l’eau. L’humidité qui accompagne chacun de mes pas m’offre ses troublantes effluves, parfum d’humus et de champignons.

    Comme il est vivant ce sentiment presque animal d’appartenir à la Terre ! Tout en moi m’annonce l’imminence de la rivière.

    J’avance. Le chant d’une chute d’eau s’élève à mon approche, la révèle. Comme il est doux ce murmure qui enfle et m’appelle. Cette voix est celle de la vie, un éclat de cristal lumineux, une nourriture de l’âme, le rappel de temps immémoriaux gravés dans les mémoires humaines.

    Au pied de la chute, un cheval d’écume m’apparait, il repose, il semble dormir. Est-ce Pégase goûtant la détente à la source qu’il vient de révéler par la frappe de son sabot ? Est-il le cheval d’eau de la tradition chinoise qui, mêlant fouge et sagesse, guide les âmes par-delà le fleuve des morts ? Le cheval blanc qui les emporte vers le Divin en son bouillonnement sacré ?
    
    Cheval blanc ou licorne ? Né des profondeurs de la roche ces éclats d’eau chevauchés de soleil évoquent le destrier magique qui, en s’ébrouant dans le courant, ensemence les rêves et tisse les légendes.


chute enchanteresse
en son changement perpétuel
le lâcher prise


Donsimoni Adamante - Le 27 avril 2026
http://le-champ-du-souffle.blogspot.fr/



💚  💚  💚💚  💚  💚💚  💚  💚💚  💚  💚💚  💚  💚💚  💚  💚💚  💚   


 

mercredi 22 avril 2026

Pour la page 260

 


Voici une photo confiée par une amie pour allumer votre inspiration.

 

Parution exceptionnellement le mercredi 29 avril.

 

Textes à remettre avant le lundi 27 midi dernier délai. 
Passé ce délai je ne pourrai pas monter la page.

💚  💚  💚


J'en profite pour vous dire à quel point j'ai apprécié la page 259
tant pour sa qualité que pour sa diversité.
Une belle page. 
Un grand 
MERCI !

         💚 




 

lundi 13 avril 2026

La page 259

photo JCC - ABC




Une plongée


Monde du silence
Descente aux abîmes
Abyssale
Je flotte, telle une algue translucide
Utérus marin
Jusque le battement de mon coeur
La lumière du jour se rétrécie
Plus qu'une brèche...

Je suis au fond
Au fond de moi-même
Proche de mon âme
Loin de mon corps
Je flotte, telle une algue translucide...


Lucide, je ne le suis plus
Je rentre en transe, inconscience,
Limite perte de connaissance, chamanisme...


Cette brèche, lumière de l'au-delà,
Le jardin d'Eden, à dieu va !


Je flotte, absente,
Un soir de boîte de nuit
Ivresse éthylique
Abus de Delirium Tremens*
Cigarette de Crack...


Eléphant rose
quand le verre vous rend gris
Ligne rouge franchie


jill bill

* Delirium Tremens, bière belge  😉



💙 💙 💙



Artèmis

    Vu du ciel le monde éructe, la terre tourne et se disloque, se regarde dans le miroir des océans, imagine le pire. On reconnait les fleuves, les forêts, les champs de tulipes, les gazelles comme celles des grottes de l'Ardèche, on imagine les enfants surpris qui sucent des carambars, sous terre aussi, au fond des mers, les monstres marins aux dents acérées créent des vagues et des remous, sous le nez curieux des spacionautes d'Artémis partis pour explorer la lune, rien n’échappe à leur vigilance…

    J’ai cru voir aussi à bien regarder cette image, un petit chat moustachu épouvanté aux prises avec un oiseau furieux, énorme, au bec pointu et aux mauvaises intentions…

Incertains
nous resterons à quai
sans rien comprendre





💙 💙 💙



Là-haut


Levez les yeux... vous voyez cette ouverture ?
On dirait une grande fenêtre
Alors d’après vous, on est sous terre ou dehors ?

Parce que là, on a l’impression d’être dans une grotte
mais regardez bien, il n’y a pas de plafond
On voit le ciel et il y a de la végétation
et puis surtout vous sentez l’air
Donc non, on n’est pas sous terre, on est dehors

Et regardez autour de vous ces grandes parois
On appelle ça des gorges
Ça s’est formé pendant des millions d’années
creusé par l’eau, petit à petit
et si vous écoutez bien
on entend l’eau qui coule quelque part
goutte à goutte

Et regardez aussi la lumière
elle vient d’en haut, elle éclaire la roche
et ça, c’est intéressant
D’après vous, la lumière
elle est pareille partout ou pas ? ...


écoutant la prof
têtes levées vers le ciel
pressés de sortir




 💙 💙 💙



Au bord de l'espérance


Il y a au fond du corps qui ne répond plus
Une âme qui veille encore
Debout dans sa chambre de silence.

Elle avance sans jambes
Elle respire sans poumons
Elle se tient droite dans un espace que nul ne voit.

Elle connaît les parois du dedans
Les jours où tout pèse
Les nuits où l’on voudrait s’échapper de soi-même
Comme d’une grotte trop étroite.

Pourtant elle ne renonce pas.
Elle glisse.
Elle cherche.
Elle écoute.
Elle se fraie un passage dans la pierre du quotidien
Dans la fatigue
Dans l’immobilité
Telle une eau patiente qui sculpte le roc.

Et parfois au détour d’une fissure
Elle aperçoit deux éclats de lumière 
Deux yeux ouverts sur l’espérance.
Alors elle comprend qu’elle n’est pas enfermée :
Elle est en chemin.


         Ce n’est pas le corps qui limite l’âme
         C’est l’âme qui agrandit le corps
         Jusqu’à la mesure de son courage.


Il y a tout en haut
Ce vert qui pulse comme un cœur neuf.
Un vert qui n’est pas seulement une couleur
Mais une promesse.

Il dit :
《Continue. 
    Même lentement. 
    Même immobile.
    La guérison n’est pas toujours un bond.
    Parfois c’est une germination.》

Alors l’âme lève les yeux.
Elle sait que le temps peut être long
Que la guérison a ses saisons
Que certaines renaissances prennent des années à traverser la pierre.

Mais elle sait aussi
Que tant qu’il y a une ouverture
Même minuscule
La lumière finit toujours par entrer.

Et elle attend
Non pas dans la résignation
Mais dans la fidélité à la vie.


        La patience n’est pas l’art d’attendre
        Mais celui de croire que quelque chose mûrit
        Même lorsque rien ne bouge.





💙 💙 💙



Nature et imaginaire 

 

Était-il revenu plus terrifiant encore que dans notre enfance ?

Géant d’une planète ennemi, devenu géant de pierre,

Entre ombre et lumière, se jouant de l’écho du vent et de l’eau.

Levant les yeux, nous eûmes un frisson d’angoisse et quelques sueurs froides,

Le terrible Dark Vador nous clouait sur place, 

Entre frousse bleue et rires jaunes, nos craintes de gamins refaisaient surface prenant une tournure terrifiante.

l’un de nous, en petit homme tapi au fond de son subconscient, s’écria : « Nous sommes piégés, la force attaque »

Alors, reprenant nos esprits d’adultes aguerris, nous laissâmes s’échapper, au fond du canyon que nous explorions, un grand éclat de rire qui résonna autour de nous parmi le sifflement du vent et le bruit des cascades de la rivière souterraine.

 

Il suffit d’une vision paréidolique effrayante et passagère pour que peur ou cauchemar de bambins d’à peine dix ans rejaillissent dans nos esprits, quatre décennies plus tard, au fond d’un canyon des Blue Mountains.

remontée soudaine

des craintes de notre enfance –

l’image s’incruste

 

Dame Nature patiente et persévérante pendant des années, des siècles a bâti et sculpté nos paysages. Unie aux éléments, eau, lumière et vent, elle continue à les peaufiner, à les rendre, grandioses et surprenants. Bonheur et privilège d’en profiter pleinement aujourd’hui !

Découverte, émerveillement, fabuleux terrain de jeux, en cadeau offert.

aventure sportive

neuf heures d’enchantement –

nos présents d’un jour


imaginaire en éveil

entre rêve et poésie


ABC


P.S. Les visions paréidoliques furent autant apaisantes qu’affolantes, toujours magiques. 



 💙 💙 💙


Le masque

    Reclus dans leur caverne, les enchaînés de Platon ne voyaient que des ombres et la silhouette indécise de leurs voisins d'infortune. ils ne pouvaient deviner d'où venait la lueur qui parvenait jusqu'à eux.

Masque mystérieux
inquiétant ou salvateur
que deviner d'autre ?

Tout un monde dans la lumière,
l'univers dans d'autres mondes ?

©Jeanne Fadosi, vendredi 10 avril 2026


 💙 💙 💙 





La fin du monde


Les temps étaient troublés.
Le ciel allait-il nous tomber sur la tête ?
La terre tremblait, les volcans éclataient, l'eau montait.
Et les hommes déstabilisés, étaient pleins de violence et de haine,
Ils agissaient comme des bêtes.

Aujourd'hui, il y avait eu une attaque,
On ne savait pas qui lavait initiée.
Il avait fallut trouver un abri sûr.
Nous nous y étions blottis dans une grotte.
Mon père le visage fermé se taisait,
Ma mère pleurait doucement.
Nous ne comprenions pas très bien ce qui se passait
Inquiets, nous nous taisions aussi.
Dehors, après le bruit et la fureur de l'attaque,
Un silence pesant s'était abattu sur la campagne,
Une clarté incertaine filtrait par des interstices.
Mais là où nous nous tenions,
Tout au fond, c'était le noir total.
Il y avait là des tas de bestioles,
Nous les avions dérangées et elles se mouvaient.
L'une d'elles me grimpa dessus,
Je la sentais grimper le long de mon dos.
J'avais envie de hurler,
Je hoquetais de terreur et pressais la main sur ma bouche,
Je voulais sortir retrouver la clarté,
Retrouver la vie !
Je me levais trop vivement et me cognais brutalement la tête,
Un liquide chaud et épais me coula ans le cou.
C'était du sang !

Nous ne savions pas ce qui se passait dehors,
Les nerfs à vifs, nous restions là, blottis dans notre trou.
La journée finissait, la nuit tombait doucement.
Mon père sortit en rampant sans faire de bruit.
Mais quand il revint, sans mot dire et le visage terreux,
Il s'assit la tête entre les mains.
Nous sûmes alors que c'était très grave.
Alors d'une voix blanche
Il nous dit que tout était brûlé, qu'il ne restait plus rien !
Combien de temps encore resterions-nous sous terre ?
Et combien de temps nous restait-il de vie ?




💙 💙 💙 


 Pépites en Quercy


    D'immenses yeux vert émeraude s'ouvrent vers les secrets de là-haut, tandis qu'une lueur presque irréelle vient blanchir les parois de calcaire révélant toute la beauté de la pierre. 
    Veinées de gris, de blanc, de lisse et de rugueux, de silence ponctué de quelques gouttes d'eau, ces à pics nous dominent,
l'étrange nous enveloppe sur ce cheminement vers les entrailles de la terre.
    Entre ombres et lumière, chuchotements et interrogations, ces cavités naturelles ont toujours exercé attirance et fascination.
    Un autre monde, une découverte parfois à tâtons, où chaque pas résonne, où chaque nouvelle exploration s'auréole à la fois de frissons, d'imprévus, de     précaution et d'émerveillement.
    Une expérience souterraine exceptionnelle, une plongée dans le cœur de la terre où se mêlent éblouissement, vertige et irréalité.


    frissons et beauté
    un moment hors du temps
    pépites en Quercy


Balaline      10/04/2026



💙 💙 💙 

 

Le rocher noir


- Le soleil est encore haut ! Allons nous promener, hein ?  Tu veux bien ! Dis, tu veux bien ? Insiste cajoleuse Auriane.

- Pas si haut que ça, ronchonne son frère, tout en scrutant le ciel.

- Allez ! Juste un petit tour jusqu'au rocher noir.

Lubin hésite . Au fond, lui aussi a très envie de courir, de dépenser son trop plein d'énergie. Toute la matinée, et encore un peu après le repas, il n'a cessé 

d'aider leur père à ranger les bûches contre le mur sud de leur maison, en prévision de l'hiver. Le jeu n'était guère amusant. Auriane, le devinant prêt à céder, se fait tentatrice.

- Souviens-toi du beau roncier à côté. Il était joliment fleuri à notre dernière visite. À présent, il doit être couvert de beaux fruits bien juteux !

- Tu as raison, reconnaît son frère cédant volontiers au démon de la gourmandise. Allons-y ! Le premier arrivé aura gagné ! Jette-t-il , tout en s'élançant et riant.

Les jumeaux courent à perdre haleine car, effectivement, l'après-midi est bien avancé. Et le but de cette expédition gourmande est à un bon quart de lieue. 

Enfin, essoufflés et heureux, les voici arrivés. Force est de constater qu'Auriane avait bien supposé. Le feuillage du roncier disparaît presque sous les petites baies noires. Aussitôt, les enfants se jettent dessus. Ils s'empiffrent, se gorgent et rient en constatant qu'ils sont maculés de jus violet. Lorsque soudain, un courant d'air violent se lève et brise net leur joie et leur enthousiasme. Craintive, Auriane se rapproche de Lubin qui, au fond de lui, n'en même pas large non plus.  Le flux s'intensifie et vire à la bourrasque. A présent, ça gronde, ça siffle autour des petits abasourdis.

- Qui vient me voler ? Questionne une voix gutturale.

Affolés, les enfants fixent le rocher noir. Quelle est cette sorcellerie ? Ce dernier abrite-t-il un esprit mauvais ? Tétanisés, ils grelottent et chevrotent un petit "nous" craintif.

- Qui ça, nous ? Insiste la voix rugissante.

- Lubin et Auriane, répond courageusement  le garçonnet. Nous sommes les enfants du bûcheron.

- Ah bon ? Alors ça va, proclame la voix un ton plus bas. 

Puis elle ajoute :  Surprise ! Et brusquement, une tête hilare apparaît au-dessus du roncier.

- Salut vous autres ! Je suis  Brinztap de la tribu des Brinz *. Je vis à l'écart des miens, dans cette grotte. Vous avez troublé mon sommeil.

- Désolés, messire Brinzpap.

- Pas messire. Juste Brinztap !  Bah ! Ce n'est rien.  J'ai assez dormi, de toute manière. Aimez-vous la musique ?

- Heu... oui, répond Auriane au bon sourire du drôle de petit bonhomme .


Surprise sylvestre-
notes sucrées et musique
quel mariage exquis !

 

  • Brinztap: https://martinemrichard.fr/blog/?p=19982

Martine Madelaine-Richard



💙 💙 💙 

 


Mon dit des trois sœurs des montagnes bleues


    Dans le lointain continent Australien, au sein des Montagnes bleues, en Nouvelle Galles du Sud, entre les eaux et les falaises, je me suis laissé dire que, comme un peu partout dans le monde, les légendes se tissaient avec l’Esprit du Rêve, lequel, je vous le dis en toute confidence, m’accompagne fidèlement depuis toujours. Il n’en fallait pas plus pour que je m’invite à mon tour au voyage, un battement de cil, un battement de cœur, et j’y suis.

    Là bas, les larmes et le sang transparent des pierres, gardiennes de la mémoire, traversent les siècles des Hommes au travers de denses et humides forêts d’eucalyptus où s’ébattent l’intelligent et bruyant cacatoès et l’oiseau lyre au répertoire infini d’imitations en tous genre. Il n’imitera pas le bruit de la tronçonneuse en ce jour, juste les cris et les murmures des eaux, le chant des brumes, la danse des cascades au travers de forêts où les esprits du Temps du Rêve œuvrent encore au travers de la moindre goutte de pluie, du moindre souffle de vent. Une forêt vivante, captivante, parfois inquiétante.

    Une légende raconte - mais qu’en est-il vraiment lorsque l’on connaît le pouvoir d’improvisation des conteurs ? - qu’au temps des premiers temps, trois sœurs d’une tribu s’éprirent d’amour pour trois jeunes d’une tribu adverse. Hélas, en ce temps là, une telle mésalliance était interdite. Un inévitable conflit éclata entre les tribus. Afin d’éviter que les trois sœurs ne soient enlevées par leurs amoureux, et à dessein de les protéger, un vieux sage versé dans la magie les transforma en rochers, le temps nécessaire pour lui d’apaiser les esprits. Mais un soir, après de longs jours de conciliabules, débouchant enfin sur un accord de paix, le vieux sage épuisé mourut avant que d’avoir pu inverser le sort. Les trois sœurs répondant aux noms aborigènes de Meehni, Wimlah et Gunnedoo, de cela nous sommes certains, demeurèrent à jamais rochers.

    Baignés d’une étrange brume bleutée émanant des essences d’eucalyptus qui leur confèrent un troublant côté mystique, ces rochers ont une grande importance spirituelle pour le peuple aborigène qui conserve le respect et l’oreille de la Terre ancestrale.

    Depuis lors, les trois sœurs dominent le paysage. Et leurs larmes et leur sang s’écoulent au travers des canyons, en chutes rugissantes de désespoir ou en bassins nostalgiques d’où s’élèvent les plaintes de celles qui un jour furent privées de vie humaine pour avoir trop aimé, pour avoir transgressé la loi implacable de leurs pairs.

Brume
Voile magique entre mortels et peuples des mondes invisibles
Lande protectrice entre esprits malveillants et Nature.

    La terre, la pierre, la flore, la faune conservent la mémoire des temps. Les racines intemporelles du monde s’enfoncent toujours plus profond dans l’ombre pour nous rappeler que la vie est comme ces cascades, ces brumes et ces murmures qui montent vers le ciel pour s’y teinter de bleu. Le bleu léger du parfum des eucalyptus, la vibration éthérée du souffle murmurant à l’oreille de notre cœur que nous sommes des êtres spirituels venus expérimenter la Terre pour en être transformés.

un chemin de pierres
ruisseau de sang et de larmes
l’âme se révèle

dans le chant sacré des eaux
un rappel d’éternité.


💙 💙 💙