La nuit tombe. L’hiver est déjà là. Le froid passe sous la porte et s’attarde dans la maison. Le parquet garde la morsure du jour. Dehors, la neige tombe de biais. Le ciel est d’un bleu sombre. Les flocons emplissent l’espace et effacent les contours.
Un bruit sec frappe la vitre du séjour. Du métal, soulevé par le vent. Puis, plus rien. Dans le tumulte blanc, une forme apparaît. Dure, anguleuse, traversée d’éclats brefs. Elle se lève avec la rafale, se défait aussitôt. La neige la coupe, la disperse, la rassemble encore.
Je reste immobile. La lampe est faible. Le froid gagne la pièce. Je ne sais plus si cette forme se tient dehors, ou si elle naît du silence qui s’installe.
Sous la neige bleue
une forme se défait-
métal ou souffle ?
contre la vitre du soir
mon regard se fait doute.
Claudie Caratini
Le 10/01/2026
Autres propositions :
Tanka 1 -
Pluie de pixels froids
un corps de métal veille seul-
nuit bleue sans étoiles
striée d'éclats métalliques
traces des tourments du temps
Tanka 2 -
Sur la neige bleue
une maison tient debout
malgré la tourmente-
dans l’éclat brisé du ciel
son coeur ne cède jamais
Claudie Caratini 💙 Commentaires sur cette page.💙
💙💦💙
Ô neige !
" Maman, maman, il neige !
Mes mots d'enfant émerveillée par cette avalanche de duvet blanc voletant en silence sur la terre gelée. C'était la naissance annoncée d'un jour joyeux, contemplatif, inoubliable. Je restais admirative de ce paysage connu, transfiguré par la féérie de l'hiver.
Ce blanc si pur, léger, tourbillonnant tout en délicatesse, parant chaque herbe, chaque pierre, toutes les branches du tilleul d'un amoncellement de douceur. La terre ensemencée d'une couleur unique, paisible, presque irréelle dans sa pureté. Son secret dévoilé, la nature ouvre le chemin du pardon, se prépare à la renaissance, à ses futures pulsations de vie. Il neigeait beaucoup, parfois jusqu'au soir, chaque vie semblant retenir son souffle, le silence envahissait la campagne, les oiseaux volant au hasard, tandis que le tapis blanc s'épaississait au fil des heures.
Magie de l'hiver
la neige nous réunissait
le feu crépitait
Il ajoutait à la beauté ce feu pétillant, celle de peindre un tout autre univers, un cocon protecteur, enveloppant, ouaté, où la gourmandise participait aussi à cette journée si particulière. Crêpes et marrons grillés, parfums de pelures de mandarine, il me reste les images, les senteurs, le goûter festif de ces instants extraordinaires dans la douce chaleur familiale.
Le bleu intense de la nuit sublime le blanc de neige en un va et vient intime et mystérieux. Tandis que les flocons où se mêlent cailloux de polluants et neutrinos enveloppent d'insolites objets, tels des paquets cadeaux. Si loin dans l'immensité vide, à mille et mille lieues de la première ville humaine.
Du manteau de neige au bleu intense de la nuit mystère de l'osmose.
Des linguistes polémiquent sur le nombre plus ou moins grand des mots inuit pour désigner la neige, sa consistance et sa ou plutôt ses couleurs. Ceux de la nuit polaire, sans doute tout aussi précis, ne suscitent guère de débats.
Qui se soucient de la nuit hors des peuples qui la vivent ?
L'isatis, dans sa quête incertaine de quelque subsistance, s'est arrêté dans sa course, flair au vent d'une odeur humaine. Qu'est-ce là-bas, dans l'immensité de la plaine glacée ? Une cabane au toit de chalet et aux murs de verre ? Un feu dans l'âtre ou un leurre ? Qui dira l'hostilité ou la bienveillance des hôtes et des voyageurs ?
moderne cabane au milieu de nulle part abri ou danger
Le petit renard des neige s'y perd dans sa lecture du monde et reprend sa quête à la recherche d'un trésor. Quelques restes de nourriture d'un campement lui suffiraient plutôt que ces briques vides en carton ou ces bouteilles en plastique. Les humains sont décidément des animaux bien étranges !
L'humain calfeutré est un animal étrange cherchant la tangente
Tel une autruche dans le sable l'ermite en sa tour d'ivoire.
Passent les jours et les saisons… Voici l’hiver bien installé sur le pays sauvage des Fougères Cendrées. Tout le monde se terre dans son trou, son terrier, sa fermette ou son château aux murs épais. La bise règne en maîtresse gelant l’eau des fontaines et des ruisseaux.
Sous un ciel mercure-
chênes verts, buis, sapins noirs...
et les feux du houx
Plus personne dans les près et les champs. Sur les labours pétrifiés quelques corneilles tentent vainement de piquer le sol. Pas un chat dans les rues de Villerouge-Termenès. Tout est silence et frissons. Seul le vent donne de la voix.
Au plus près de l’âtre ronflant, la princesse Aenor tend ses jolies mains fines à la chaleur bienfaisante des flammes.
— Brrr ! J’ai moult froid ! Et ce que je m’ennuie ! Se plaint-elle.
Sa dame de compagnie lève les yeux de sa broderie, soupire tout en jetant un coup d’œil vers la fenêtre.
— Je ne serais pas surprise qu’il neige, votre Majesté.
— Vous croyez ? Réagit Aenor, l’espoir chevillé au cœur.
Est-ce l’ogre qui s’invite par la tourmente et la poudreuse, dans cet univers virevoltant où un arbre ensorcelé de blanc semble danser ?
Le bleu, la nuit, cet arbre aux branches lourdes, les étoiles masquées de ce ciel bien trop bas, au-dessus du toit d’une chaumière toute tassée de neige, m’évoquent les légendes.
Je frisonne, et ce n’est pas de froid.
Une lueur fusant de la fenêtre m’indique la vie, la réclusion volontaire, le repli indispensable autour d’un feu pour échapper à la tempête.
N'hésitez pas à participer en envoyant vos textesdans le corps du mailà l'adresse de l'Herbier de poésies,avant le vendredi 25 au soir, (samedi midi si vous ne pouvez faire autrement).
Un mois presque jour pour jour que je n'ai pas donné de nouvelles, je ne sais comment reprendre le contact sans faire trop de bruit, comme pour ne pas me faire remarquer. Mais cela ne sert à rien. Briser un tel silence cela fait du bruit, il me faut assumer.
"L'absence n'est pas un oubli" a dit un jour un ami.
C'est certain. Il y a tant de choses qui peuvent nous éloigner de ceux qui nous sont chers, de ceux qui nous accompagnent dans l'une ou l'autre part de nos vies. Et ici, c'est vraiment un lieu de rencontre qui m'est cher. Qu'importe ce qui m'a retenue loin, vous lire, percevoir le souffle de vos vies au travers de vos écrits, c'est comme un feu l'hiver quand le vent se fait mordant, ça me réchauffe le cœur, c'est précieux.
Alors, doucement, je dépose ici une envoûtante image des Cévennes, une image féérique qui je n'en doute pas vous séduira comme elle a pu me séduire.
Photographe indépendant résidant dans le Gard, Thierry Vezon se
consacre à la photo de nature depuis 2004. Ses lieux de prédilection
sont situés dans le Sud de la France : le Languedoc, la Provence, la
Camargue, les Cévennes. Cependant, il est aussi attiré par le Grand
Nord ,l’Arctique, les grands espaces et les atmosphères
glacées. Spécialisé dans la photographie de faune et de paysages, il
consacre de très longues heures à l’affût, toujours dans le respect de
la nature. Il s’est aussi spécialisé dans la photo aérienne.
Perçant le sommeil d’une nuit anthracite, à l’édredon nuage, un clin de lune. Arrêt sur image, les bruits nocturnes se sont tus. Insomniaque la rose, dressée sur sa tige, tend son micro vers l’astre lumineux…
Tension palpable entre deux massifs obscurs sa lueur d’espoir
Il suffirait d’un rien pour que le ciel se déchire et que luisent les étoiles… Demain, la fleur ouvrira son cœur à la rosée du jour. Chaque instant est précieux…
D’un jour à l’autre quand renaissent les étoiles notre ciel s’illumine
- Allo la lune, ici la rose, rouge sang sous ciel nocturne, en recherche de lumière, ôteras-tu ta sombre cape de nuages ?
- Allo la rose, ici la lune, blanche en son halo coloré, impuissante entre ciel et terre, à la merci des forces de l’eau et du vent, je me glisse dans un puits creusé au cœur de l’adversité pour t’offrir quelques rayons d’une pure blancheur.
- Merci la lune, puissent l’eau et le vent s’accorder pour te laisser briller sur nos rêves d’avenir !
Brouillage de la ligne, un nuage passe, transmission coupée… L’astre nocturne tout là-haut darde ses rayons sur un autre coin de la terre. La rose cherche le sommeil, dans l’attente de l’aurore… Nos rêves se perdent dans une nuit sans étoile…