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vendredi 7 juin 2019

Pour la page 145


Une photo de Jeanne Fadosi

Coucou les brins !

C'est reparti et ça vaut le coup ! Conte ou haïbun pour vendredi prochain.

Pour nous tous, quelques brins à croquer



Dans un courant d'air
J’ai entendu
Les fées
Alors...
Dans le silence de la semaine
J’ai croqué la pâquerette.









Dans un courant d'air
le souffle de l'herbier
Juin nous dévore
s'effeuille la marguerite
rien ne se brise
tout se transforme
dans le silence de la semaine
les brins restent unis














Elle m’a dit
Mise en mot
J’ai entendu
Mise en bouche
Alors j’ai croqué la pâquerette 
Trois ou quatre pétales
Une Pâquerette a déchiré son tutu
Au bal de l’été
Elle ne pourra pas aller danser












Les fées
Dit-on
Dansent sur les pétales des marguerites.
Dansent-elles sur celles des pâquerettes ?

Je me cache pour les surprendre
Mais rien
Pas de fées !

Ne suis-je pas assez discrète
Ou mes yeux sont-ils à ce point voilés
Pour ne serait-ce que les apercevoir ?


Devant ce cœur ensoleillé
Tirant ses langues blanches
Qui ne se donnent pas au chat
Je suis troublée
De vous à moi
Ces pâquerettes enchanteresses
Ce pourrait bien être les fées.






mercredi 5 juin 2019

Pour vous



Une petite création, pour vous.


Voici une petite création pour me faire pardonner mon absence, si c'est encore possible.

Vous pouvez la mettre en mots si cela vous tente. J'essaie d'atterrir mais cette fin d'année scolaire est très très très chargée. Vivement les vacances !!!
Amitiés à vous tous.
Adamante 




vendredi 24 mai 2019

Page 144

Une pensée particulière à notre amie Jill Bill, actuellement hospitalisée. 
Un gros bouquet de marguerites pour toi JB. Et nos meilleures pensées. 
                    Reviens-nous vite en pleine forme.


Photo Marine D



Cache-cache boutons d’or
au jardin des herbes folles –
vague à cœurs ouverts

Folies printanières au pré : tandis que minaudent mesdemoiselles marguerites sous la tendre caresse du vent, quelques jeunes boutons d’or profitent de la récréation.

Sortir du lot
sur la pointe de sa tige -
amour fou

L’une d’elle dresse la tête. Pourquoi n’être pas née reine, parmi cette cour de jeunes courtisanes ? Elle rêve d’un cœur immaculé et de pétales jaunes pour éblouir le doux Zéphyr, voyageur solitaire, qui, pour le plaisir de voir valser les champs, les câline de sa brise légère.

Être née Marguerite
au pays des près fleuris -
ego bâillonné









MILLE MARGUERITES (à Nilda Fernandez)



Enfant, je te montrerai les mille marguerites qui dansent au pré voisin, elles abritent des fourmis, des grillons, l'écureuil qui fouine, l'abeille courageuse, 
les futurs nids et les nouveaux, le bouton d'or et le trèfle odorant...


Nous verrons le lièvre
bondir entre les herbes
dans la rosée


Nous monterons sur la butte nous asseoir sur le vieux banc bien caché sous le cerisier et la glycine, à l'abri des regards,
 il abritera tes rires et le chat siamois, nous rejoindra



Se lèvera
un vent venu de l'ouest
frisant tes boucles
léger comme une plume
au parfum d'acacia



Il ne reste que des images de la vie, de l'avant, des tendresses et des jeux, le temps a subi les tempêtes,
les musiques restent, il y aura de nouveaux printemps, d'autres marguerites, il le faudra, d'autres enfants, d'autres vies...



Enfant souviens-toi
que la fleur de l'amour
repousse toujours
  


                                                               marine Dussarrat
                                                           


Nilda Fernandez Comprends-tu




Le temps des marguerites


Vous en ai-je déjà fait la confidence ? Mon père était casanier à un point que vous n'imaginez pas. L'hiver, il avait tant roulé sur de mauvaises routes par tous les temps et quelquefois en pleine nuit pour aller réparer les lignes électriques. Et dès la fin du printemps les jardins méritaient toute son attention. C'était l'époque des récoltes, des mises en bocaux à stériliser et des confitures. Alors quand il se décidait, c'était souvent impromptu et il fallait être prêt à partir dans l'heure.
Seulement voilà, c'était une belle journée de mai du début des années 1960, le moment des plus belles marguerites. Et j'étais introuvable.
C'était aussi un jour de fin du monde annoncé, relayé pendant les jours précédents à la radio, l'une de ces dates qui devaient correspondre à une prédiction de Nostradamus. C'est du moins ce que j'entendais de plus audible du discours de la TSF, bien plus discrète sur les risques atomiques, sur fond de guerre froide et d'essais nucléaires atmosphériques dans les déserts du Nevada et du Sahara ou les steppes de l'Asie centrale.
Je n'étais pas encore sortie de l'enfance et les nuances entre allégorie, parabole et simple métaphore étaient hors de ma compréhension.
Autant pour échapper à des discussions philosophiques aussi déprimantes que passionnantes que pour tromper mon angoisse existentielle, j'avais marché  jusqu'au calvaire des Gaillons à la quête d'une réponse improbable. L'heure fatidique de 13h13 n'avait conduit à aucun événement dans un ciel limpide et j'avais cueilli une pleine brassée de fleurs de talus sur le chemin du retour.
Je vous fait grâce du sermon de mon père et des reproches inquiets de ma mère. Inutile aussi de préciser que j'avais tu le mobile de mon absence, cette superstition ridicule, et ma honte d'y avoir cru.
L'après-midi nous laissait le temps de mettre le projet d'escapade à exécution et ce fut finalement une merveilleuse fin de semaine, à peine gâchée par les interminables bouchons du retour, nos routes de traverse faisant alors office d'itinéraires bis pour ceux qui regagnaient la grand' ville.








Ainsi sera, car je le rêve


Mille éclats de blanc criblent le gris du ciel des dérives humaines. L’amnésie des racines fait la folie du monde. Les racines… Entend-tu leurs murmures ?

Elles sont là, en vert
fleurs offertes au printemps
poudrées de pollens

La courbe d’une herbe, l’épi qui balance son rêve d’or vers le sol, dans un bourdonnement d’abeilles, me troublent jusqu’à me faire oublier tout ce qui n’est pas vert. Et je perçois le vent qui caresse ce trouble et me ramène aux origines.

Plus rien n’existe
ma vie est en osmose
avec l’oubli

Plus de radeau de la méduse, plus de chairs décomposées, plus de damnés en devenir, juste un carré de liberté là, devant moi, sous le soleil. Simplicité de l’accueil de ce qui s’offre sans rien attendre, et me comble.

Du blanc, du jaune, de l’or
l’amour des herbes folles
dissout l’angoisse

demain sera rayonnant
c’est ainsi, car je le veux. 





mardi 21 mai 2019

pour la page 144


Une image dont nous avons besoin pour rêver un peu. Merci, Marine.
On rêve ne haïbun, en prose, en liberté.


Marine D

Souvenir 3 et un peu plus


J'ai tardé à mettre cette page en ligne,
J'ai tardé à proposer une image,
J'ai tardé
Tardé
Je tarde
Pourtant je ne vous oublie pas. 
Nous avons tissé des liens très forts
pour preuve ces mots de Jeanne Fadosi
Ils m'ont touchée
 Ils proposent un voyage souvenir sur la douceur des pleurs nées de l'amour.
Voici donc cette page ouverte sur le grand livre du cœur 
et celui de l'Herbier.



"Les mots me manquent pour accompagner mon texte. Ma page 141 avait été rédigée et envoyée la veille d'un terrible coup de fil m'apprenant la mort subite d'une petite nièce qui venait tout juste d'avoir 33 ans. Quand vendredi matin je suis retournée sur mon écran d'ordinateur pour m'aérer un peu l'esprit, j'y ai trouvé la page Souvenirs, souvenirs et la page 140 bis avec ta proposition.
L'occasion pour moi de visiter les images du tout début. 
J'ai fait un arrêt sur image dès la troisième.
Et les mots sont venus, pêle-mêle, j'ai réarrangé, épuré, cherché le mot audible.
Alors je demande indulgence si mes écrits du moments sont pesants. Il me faudra un peu de temps pour leur redonner du sourire."
Amicalement"

ps Je pense la publier dans la journée parce que il y a deux semaines tout juste, sa maman et sa famille et nous, l'accompagnions dans ce pays inconnu qu'on appelle la mort
pour rappel lien vers mon blog (je crois l'avoir oublié dans le document)
https://fadosicontinue.blogspot.com/




©DUC



Un aller simple
pour une éternité floue
c'est de son âge
  
Un aller simple 
d'un corps à tête chenue 
Même si c'est dommage
  
Pour un dernier voyage 
faut-il être sage ? 

Un aller simple 
au tiers-temps d'une vie 
c'est cruel
  
Un aller simple 
abandonnée à la détresse 
indicible

Pour un voyage prématuré
Crier, pleurer, insoumise 
à l'injustice.
  
©Jeanne Fadosi, vendredi 26 avril 2019
Pour Maëlis, 33 ans







vendredi 10 mai 2019

Page 143 communiqué



Des difficultés avec l'opérateur free font que certains e-mails n'arrivent pas ou très en retard. 
La page 143 qui vient de paraître comporte de nouveaux textes, je vous invite à les découvrir.