vendredi 26 avril 2019

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Maurice Denis, Avril (Les Anémones), 1891, Collection particulières
(Tous droits réservés © Paris, ADAGP, 2012)


Maurice Denis au bois

De vert de violine et d'or
De fleurs blanches sous les bouleaux
Le peintre nabi a créé un printemps
De charme et de lumière
Qu'avril a suggéré
A l'image du paradis

Furtivement un couple passe
Cueillez cueillez ces fleurs étoilées
Humez roses ou résédas
Tant que le loup n'y est pas !



















En embuscade à l'écart de la sente, la dame de deuil et sa corneille observent les butineuses. Quelle forfaiture conspire-t-elle ? Le printemps dans sa course du temps indispose ses projets funestes. 

Sous les grands troncs nus
chauffées au soleil d'avril
elles sont offrande pure.

Sur la sente elles grappillent des fleurs de vie pour quelque remède, quelque infusion, quelque crème de beauté, quelque onguent quelque philtre de douceur.

Sans rien dérégler
de l'horloge de l'univers
avec gratitude.

La dame noire se résigne à céder la place à la sève prête à l'assaut des fûts séculaires pour aller là-haut, tout là-haut, nourrir les canopées et, dans l'éclatement silencieux des bourgeons, épanouir les feuilles en mille éclats de lumière.

Entre deux saisons
des vies tapissent le sol
ivres de soleil.

Bientôt sous les frondaisons
l'ombre sera don de fraîcheur.



Illustration musicale : Mouloudji Merci la vie, une chanson peu connue dont j'ignore la date et l'auteur des paroles.


mais pour tout savoir :



Renaissance

Symphonie en blanc illuminant le tableau d'un Printemps fleuri tout empreint de beauté. Même les arbres de la forêt scintillent, et y serpente un chemin où s'éclot le renouveau de Dame Nature dans ses habits tout neufs.

un chemin parsemé
d'anémones virginales-
renouveau

Deux jeunes filles cueillent des fleurs, un couple se promène dans ce bois rayonnant où tout respire la sérénité

Bois enchanté
ou forêt primesautière
-zénitude

De cette peinture, se dessinent la douceur de vivre, la communion des cœurs, et se dégage une certaine philosophie de la vie basée sur l'optimisme, la foi dans la Nature

Bucolisme et
arborescence sublimée-
Nature magnifiée

Chantons cette nature
et préservons la Planète

Claudie





Chansons pour les cueilleuses d’anémones.

Dans cette forêt des merveilles
Tout est calme et pourtant
Des promeneurs tout de noir vêtus
Semblent sous leur parapluie noir ne rien vouloir voir
Tout est calme et pourtant
De belles dames à genoux
Ne sont pas là pour prier ni même pour s’amuser
Tout est calme l’air embaume et pourtant
En prêtant l’oreille
Dans ce silence parfumé
J’entends les cris des anémones sauvages
Et croyez-moi percevoir le cri de l’anémone sauvage
Le soir au fond des bois me fend le cœur
Ce cri vient mourir au bas de la colline
Parmi la bise errant en courts abois
L’anémone sauvage pleure
Et dans ce cri qui monte alors que le soleil décline
Je vois son agonie
Qu’on aurait pu croire câline
Mais qui dans le beau vase du salon
Sera lente et navrante à la fois
Il fait doux en ce soir printanier
Où se dorlote un paysage lent
Moi à travers ce couchant couvert d’un bleu à l’âme
J’entends comme un long soupir triste de dame nature
Ne cueillons pas les fleurs sauvages
Elles aiment tant avoir la liberté
D’offrir aux promeneurs une surprise enchantée.


(PS : Il y a du Verlaine dans l’air de cette chanson. « Le son du cor s’afflige vers les bois » Verlaine dans son recueil Sagesse en 1881)


ou

















Les anémones de Giverny
ou
La grâce de la soumission



   Le bois s’est éclairé de blanc. Partout le printemps éveille la vie. Dans les branches, dans les terriers, en haut des herbes, jusqu’au moindre bruissement des feuilles sous la brise, le parfum de l’air nouveau s’insinue. Tout se met à chanter, à danser, à fleurir. Les cœurs reçoivent un appel impérieux à s’ouvrir.

Les anémones
explosent leurs corolles
sur la mousse

   Dames du temps jadis, courbées avec élégance vers le parterre fleuri, le peintre vous a cueillies dans le secret espoir de vous déflorer. Image d’Épinal où tout est à sa place, de la grâce féminine à la fleur d’ornement. Le tableau se veut idyllique pour masquer l’ignominie d’un monde phallocrate mettant en exergue faiblesse et fragilité, afin de bien marquer sa supériorité.

Femmes bibelots
tout en vous n’est que grâce.
L’odieux mensonge.


©Adamante Donsimoni












Le coin des retardataires :



Estampe indienne au Bois de Boulogne

Un seul geste suffit pour faire un chef d'oeuvre 
Au loin, un sombre couple d'amants, 
Crie à sa manière la  perfection du moment .
Pour eux, la mer est une perspective évadée. 

La vernale blancheur d'un bouquet, 
Vaut la grâce d'un genou en terre 
La main nue d'une élégante accroupie,
Met de l'or au paysage de soleil ébloui. 




Cueillir la saison
en oubliant qu'elle passe
sans jamais trépasser
puisqu'elle renaîtra
d'une année à l'autre

Cueillir la saison
ses fleurs et ses odeurs
en sachant que demain
elle va déjà nous quitter
l'une la précède l'autre la suit

Cueillir la saison
fille, femme, mère
soucieuse de sa beauté
pour ne jamais la perdre
au fil des jours qui s'égrènent

Cueillir la saison
en aimer chaque couleur
avant qu'elle ne s'estompe
silencieux le noir passe
pour éteindre la lumière

ABC


5 commentaires:

  1. Oups, merci Marine et Jamadrou, dans l'ombre noire je n'y avais pas vu un couple sous un parapluie. La vue est fragile. L'imaginaire s'y substitue et adapte la réalité. Merci les brins et merci Adamante qui en compose les gerbes.

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  2. Fleurs parmi les fleurs
    elles cueillent le printemps
    eux ne font que passer
    leur cœur en bandoulière
    accroché à une autre saison
    demain peut-être
    verront-ils fleurir l'été ?

    ABC
    http://jardin-des-mots.eklablog.com/

    (juste un petit texte en passant, nous sommes encore vendredi)

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  3. Bonjour, Adamante

    Mon 1èr com s'est envolé, je crois...je disais que ta page était magnifique avec de belles compositions variées avec en prime, une chanson de Mouloudji! que du bonheur! J'ai apprécié, notamment, ta version avant-gardiste. Bravo à tous ces brins qui ont magnifié la charmante toile de Maurice Denis.

    Claudie

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  4. Cueillir la saison
    en oubliant qu'elle passe
    sans jamais trépasser
    puisqu'elle renaîtra
    d'une année à l'autre

    Cueillir la saison
    ses fleurs et ses odeurs
    en sachant que demain
    elle va déjà nous quitter
    l'une la précède l'autre la suit

    Cueillir la saison
    fille, femme, mère
    soucieuse de sa beauté
    pour ne jamais la perdre
    au fil des jours qui s'égrènent

    Cueillir la saison
    en aimer chaque couleur
    avant qu'elle ne s'estompe
    silencieux le noir passe
    pour éteindre la lumière

    ABC

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  5. C'était un beau tableau, et la page est superbe.
    Merci à tous.

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