dimanche 25 octobre 2020

Page 163 - La Butineuse

 

Photo Gérard Bouquin-Destal©


Flore et Faune



Petite Fleur

Invita un beau jour

Petite Abeille, sa nouvelle voisine

A un déjeuner sur l'herbe

Nappe rose dragée

Pollen jaune mimosa

Rosée au vert

  Rien d'autre, rien de plus

Pour réjouir l'apis cossarde

Oublieuse d'un présent


 Flore

Lui ouvrit les bras

Faune

Prit son pied à sa table

En dîneuse goulue

Au sortir d'un carême

Pas le temps de nouer serviette

La convive fut vive

  A bâfrer de bel appétit  

Se souillant l'habit à rayures


 Elle n'en laissa que peu

A son hôte ébahie

Contrairement à Petit Papillon

  Point ogre mais moineau

 

Petite Fleur

 Secoua sa nappe rose dragée

Encore toute chose


Abeille cigale

   Alla de table en table, quel tableau,     

Au bon coeur de Marie

 De Marguerite, de Véronique

   Bzzz bzzz bzzz bzzz pour toute conversation

La bouche pleine !


 

jill bill













Avenir :



Première floraison

son parfum de tendresse –

folle gourmandise


Les moissons étaient mûres. Les fleurs resplendissaient. Abeilles, guêpes et bourdons se gavaient de pollen.  Tourbillonnant sous le soleil, sa jeunesse resplendissait. Les curieux, les gourmands, les transis comme les prédateurs, tous n’avaient d’yeux que pour elle. C’était l’été.


Souriante et belle

sans souci de l’horloge

son heure papillon


Rencontres, festins de douceurs, éclats de rire, s’enivrant des cadeaux saisonniers, l’instant se savourait. Tous croquaient les fruits de la vie, jouissant du bonheur du jour. 


C’était hier

la récréation est close –

sa fougue enterrée


Hasards, doutes, craintes, la vie s’accélère, à l’aune des circonstances, à l’échelle des autres, à la pendule du monde. Que va-t-elle faire de ses dix-huit ans ? 


Garder à cœur

son espoir d’un renouveau –

demain peut-être ?


Intimement savoir que l’été reviendra. Les cycles perturbés n’ont pas dit leur dernier mot. Aujourd’hui encore si belle, ses projets sont en berne. Au plus intime d’elle, garder la porte ouverte pour accueillir demain…


Comprendre et aimer
leur envie d’être

la jeunesse est temporaire



ABC 











La butineuse


 

Auprès de la ruche

l'éclaireuse a déployé

sa chorégraphie.


Sa danse a guidé le vol

des novices butineuses.


Au buffet ouvert

elles partagent leur festin

entre visiteurs


et vont d'une fleur à l'autre

s'enrubannant de pollen.


©Jeanne Fadosi, dimanche 25 octobre 2020











Douceur sucrée soleil




Automne en ses atours

Rivalise d'effets

Avec l'été enfui


Sur ses falbalas roses

L'abeille vagabonde

S'offre un dernier pollen 


Douceur sucrée soleil

Le Temps euphorique

Compose l'ode gourmande




Martine Madelaine-Richard

















La plainte du vent



Chemin de fleurs, les parfums flottent comme une voile gonflée, chargée de pollen.

L’ombre d’une buse plane sur l’or des blés.


l’été bourdonne

les élytres enfiévrées

chantent l’extase


Moins de couleurs pourtant sur le bord des chemins, c’est la rançon due au progrès.


quelques fleurs des champs

offrent encore leur cœur-

appel des abeilles


Quelle solitude dans les herbes, un nouveau petit poucet a oublié son chemin. Une ouvrière est morte, loin de sa ruche.


petit corps poudré

abandonné à la terre-

la plainte du vent.


Adamante Donsimoni

 






Les p'tits brins égarés

à une adresse e-mail sans issue !


Le p'tit sourire du lendemain 




Si comme l’abeille je pouvais me réveiller un matin

débarrassée du temps, celui qui passe et ne revient pas

débarrassée de ce présent lourd de noirceur

alors je butinerais l’instant

en une imprécise destination

une insouciance première.

Rien ne troublerait ce matin 

au cœur d’une fleur mauve empli de tentations

tentations que je ne saurais confondre avec la vie

mais saurais inconsciemment 

qu’il s’agit de ma survie, notre survie

Si comme l’abeille je sortais

volais au-dessus de cette fleur mauve-tendresse

à la beauté parfaite

cinq pétales disposés parfaitement

comme une main tendue

des étamines pleines de pollen

Quel haut vol ferait mon cœur lassé

J’amasserais dans mon panier à pollen

cette source de protéines de graisse de vitamines

Et j’irais tout déposer à la ruche pour nourrir les petites abeilles.

Je ferais tout ça parce que c’est ainsi

Aucun état d’âme, la vie sans avis

La vie où tout est écrit.


Suffirait-il d'un seul matin dans l’aube claire

D’une seule fleur mauve-tendresse

de quelques coups d’ailes,

de pattes couvertes de pollen

pour me faire croire

qu'il est encore possible de continuer à vivre impunément ?


jamadrou © "Les mots pour vous dire" oct 20






 AUTUMN SONG

La chanson de l'automne
Vibre en roux tourments
Le poids de la châtaigne
Celui d'un jour sans toi
Sur les coteaux brûlés
Piquettent de leur flamme
L'herbe mouillée du matin

Sur la fleur mauve encore offerte 

Une vaillante abeille est venue 

Gober les sucs confits


Cheminons dans les bois cramoisis
Tu connais les histoires
Que cachent les fourrés

Les lisières et les combes

Pour des éclats de rire

Des miettes d'à peu près

 

La vie en corde raide

 

     marine D









 

- «  Wouahou ! C kdo ! .....


.....   - Partant ? Revenant ? Je n’ sais pas trop.      

.....  Je reviens tout juste de l’Hosto,

C’était pas rigolo.


- «   Et maintenant c’est beau ? ....

- «  Toi, oui, tu es belle avec ta robe chargée d’or .....

- «  T’es pas un peu fou, non ? Tu m’as flanqué une belle trouille . Tout d’un coup, d’un seul, Meuh ssieu s’emballe. Il part au grand galop ! Sa copine l’appelle à grands cris . Mais non, Meussieur galope, galope ... Il s’en fout du précipice qui s’approche .... t’as plus quatre ans tout de même ... mmmmm ....grrrrr.

- «  Ne te fâche pas. Tu étais partie. Loin. Ici, là, là-bas. Je t’attendais. Petit cheval dans la prairie, j’ai voulu voir plus loin si ...... je te retrouvais ....

Des quatre fers j’ai freiné. C’était juste, j’avoue. 

Je n’ai entendu que le vent du désert et des pas dans le sable.

Freddy a tiré un peu fort sur la longe. J’ai le cou plein de bleus. Mais .

Raconte moi plutôt les grains d’or de ta robe ......



Françoise une Vieille Marmotte

 


 


9 commentaires:

  1. Bonjour la compagnie de l'Herbier, la fleur et l'insecte, le temps que dure le printemps et l'été, trois petits tours et puis s'en vont ! Belles inspirations, merci Adamante, bravo aux brins... amitiés, JB

    RépondreSupprimer
  2. Bonjour Adamante ainsi qu'à tous les brins,

    Comme toujours, je suis sous le charme des diverses inspirations que tu as suscitées. Un beau retour ! Merci et à bientôt
    Bonne journée
    :)

    RépondreSupprimer
  3. Un plaisir que de se retrouver sur ce chemin d'été, l'herbier a gardé toute sa fraicheur et sa beauté poétique. Le bonheur d'écrire et de partager est intact au fil des saisons...

    RépondreSupprimer
  4. un magnifique partage au buffet des mots merci les brins merci Adamante

    RépondreSupprimer
  5. Douce et belle ambiance de vos mots ici retrouvés
    Merci à tous.

    RépondreSupprimer
  6. Merci Adamante, c'est un beau florilège, mais tu sais nous dire aussi la plainte de l'abeille qui ne retrouve pas son chemin, hélas...

    RépondreSupprimer
  7. Un grand merci aux valeureuses participantes, pour ce joli retour au pays de l'Herbier.

    RépondreSupprimer
  8. Bravo à ces nouvelles participations. Le plateau de friandises était incomplet. je me régale de vos jolis mots
    Merci
    :)

    RépondreSupprimer

Merci de vos commentaires. Ils sont en attente de modération, non par intention de bloquer mais pour être avertie de leur dépôt.