| photo JCC - ABC |
Une plongée
Monde du silence
Descente aux abîmes
Abyssale
Je flotte, telle une algue translucide
Utérus marin
Jusque le battement de mon coeur
La lumière du jour se rétrécie
Plus qu'une brèche...
Je suis au fond
Au fond de moi-même
Proche de mon âme
Loin de mon corps
Je flotte, telle une algue translucide...
Lucide, je ne le suis plus
Je rentre en transe, inconscience,
Limite perte de connaissance, chamanisme...
Cette brèche, lumière de l'au-delà,
Le jardin d'Eden, à dieu va !
Je flotte, absente,
Un soir de boîte de nuit
Ivresse éthylique
Abus de Delirium Tremens*
Cigarette de Crack...
Eléphant rose
quand le verre vous rend gris
Ligne rouge franchie
jill bill
* Delirium Tremens, bière belge 😉
Artèmis
Vu du ciel le monde éructe, la terre tourne et se disloque, se regarde dans le miroir des océans, imagine le pire. On reconnait les fleuves, les forêts, les champs de tulipes, les gazelles comme celles des grottes de l'Ardèche, on imagine les enfants surpris qui sucent des carambars, sous terre aussi, au fond des mers, les monstres marins aux dents acérées créent des vagues et des remous, sous le nez curieux des spacionautes d'Artémis partis pour explorer la lune, rien n’échappe à leur vigilance…
J’ai cru voir aussi à bien regarder cette image, un petit chat moustachu épouvanté aux prises avec un oiseau furieux, énorme, au bec pointu et aux mauvaises intentions…
Incertainsnous resterons à quaisans rien comprendre
Là-haut
Levez les yeux... vous voyez cette ouverture ?On dirait une grande fenêtreAlors d’après vous, on est sous terre ou dehors ?
Parce que là, on a l’impression d’être dans une grottemais regardez bien, il n’y a pas de plafondOn voit le ciel et il y a de la végétationet puis surtout vous sentez l’airDonc non, on n’est pas sous terre, on est dehors
Et regardez autour de vous ces grandes paroisOn appelle ça des gorgesÇa s’est formé pendant des millions d’annéescreusé par l’eau, petit à petitet si vous écoutez bienon entend l’eau qui coule quelque partgoutte à goutte
Et regardez aussi la lumièreelle vient d’en haut, elle éclaire la rocheet ça, c’est intéressantD’après vous, la lumièreelle est pareille partout ou pas ? ...
écoutant la proftêtes levées vers le cielpressés de sortir
💙 💙 💙
Au bord de l'espérance
Il y a au fond du corps qui ne répond plusUne âme qui veille encoreDebout dans sa chambre de silence.
Elle avance sans jambesElle respire sans poumonsElle se tient droite dans un espace que nul ne voit.
Elle connaît les parois du dedansLes jours où tout pèseLes nuits où l’on voudrait s’échapper de soi-mêmeComme d’une grotte trop étroite.
Pourtant elle ne renonce pas.Elle glisse.Elle cherche.Elle écoute.Elle se fraie un passage dans la pierre du quotidienDans la fatigueDans l’immobilitéTelle une eau patiente qui sculpte le roc.
Et parfois au détour d’une fissureElle aperçoit deux éclats de lumièreDeux yeux ouverts sur l’espérance.Alors elle comprend qu’elle n’est pas enfermée :Elle est en chemin.
Ce n’est pas le corps qui limite l’âme
Jusqu’à la mesure de son courage.
Il y a tout en hautCe vert qui pulse comme un cœur neuf.Un vert qui n’est pas seulement une couleurMais une promesse.
Il dit :
《Continue.Même lentement.Même immobile.La guérison n’est pas toujours un bond.Parfois c’est une germination.》
Alors l’âme lève les yeux.Elle sait que le temps peut être longQue la guérison a ses saisonsQue certaines renaissances prennent des années à traverser la pierre.
Mais elle sait aussiQue tant qu’il y a une ouvertureMême minusculeLa lumière finit toujours par entrer.
Et elle attendNon pas dans la résignationMais dans la fidélité à la vie.
La patience n’est pas l’art d’attendreMais celui de croire que quelque chose mûritMême lorsque rien ne bouge.
Nature et imaginaire
Était-il revenu plus terrifiant encore que dans notre enfance ?
Géant d’une planète ennemi, devenu géant de pierre,
Entre ombre et lumière, se jouant de l’écho du vent et de l’eau.
Levant les yeux, nous eûmes un frisson d’angoisse et quelques sueurs froides,
Le terrible Dark Vador nous clouait sur place,
Entre frousse bleue et rires jaunes, nos craintes de gamins refaisaient surface prenant une tournure terrifiante.
l’un de nous, en petit homme tapi au fond de son subconscient, s’écria : « Nous sommes piégés, la force attaque »
Alors, reprenant nos esprits d’adultes aguerris, nous laissâmes s’échapper, au fond du canyon que nous explorions, un grand éclat de rire qui résonna autour de nous parmi le sifflement du vent et le bruit des cascades de la rivière souterraine.
Il suffit d’une vision paréidolique effrayante et passagère pour que peur ou cauchemar de bambins d’à peine dix ans rejaillissent dans nos esprits, quatre décennies plus tard, au fond d’un canyon des Blue Mountains.
remontée soudaine
des craintes de notre enfance –
l’image s’incruste
Dame Nature patiente et persévérante pendant des années, des siècles a bâti et sculpté nos paysages. Unie aux éléments, eau, lumière et vent, elle continue à les peaufiner, à les rendre, grandioses et surprenants. Bonheur et privilège d’en profiter pleinement aujourd’hui !
Découverte, émerveillement, fabuleux terrain de jeux, en cadeau offert.
aventure sportive
neuf heures d’enchantement –
nos présents d’un jour
imaginaire en éveil
entre rêve et poésie
P.S. Les visions paréidoliques furent autant apaisantes qu’affolantes, toujours magiques.
💙 💙 💙
Le masqueReclus dans leur caverne, les enchaînés de Platon ne voyaient que des ombres et la silhouette indécise de leurs voisins d'infortune. ils ne pouvaient deviner d'où venait la lueur qui parvenait jusqu'à eux.
Masque mystérieuxinquiétant ou salvateurque deviner d'autre ?
Tout un monde dans la lumière,l'univers dans d'autres mondes ?
©Jeanne Fadosi, vendredi 10 avril 2026
💙 💙 💙
Pépites en Quercy
D'immenses yeux vert émeraude s'ouvrent vers les secrets de là-haut, tandis qu'une lueur presque irréelle vient blanchir les parois de calcaire révélant toute la beauté de la pierre.
Veinées de gris, de blanc, de lisse et de rugueux, de silence ponctué de quelques gouttes d'eau, ces à pics nous dominent,
l'étrange nous enveloppe sur ce cheminement vers les entrailles de la terre.
Entre ombres et lumière, chuchotements et interrogations, ces cavités naturelles ont toujours exercé attirance et fascination.
Un autre monde, une découverte parfois à tâtons, où chaque pas résonne, où chaque nouvelle exploration s'auréole à la fois de frissons, d'imprévus, de précaution et d'émerveillement.
Une expérience souterraine exceptionnelle, une plongée dans le cœur de la terre où se mêlent éblouissement, vertige et irréalité.
frissons et beauté
un moment hors du temps
pépites en Quercy
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Le rocher noir
- Le soleil est encore haut ! Allons nous promener, hein ? Tu veux bien ! Dis, tu veux bien ? Insiste cajoleuse Auriane.
- Pas si haut que ça, ronchonne son frère, tout en scrutant le ciel.
- Allez ! Juste un petit tour jusqu'au rocher noir.
Lubin hésite . Au fond, lui aussi a très envie de courir, de dépenser son trop plein d'énergie. Toute la matinée, et encore un peu après le repas, il n'a cessé
d'aider leur père à ranger les bûches contre le mur sud de leur maison, en prévision de l'hiver. Le jeu n'était guère amusant. Auriane, le devinant prêt à céder, se fait tentatrice.
- Souviens-toi du beau roncier à côté. Il était joliment fleuri à notre dernière visite. À présent, il doit être couvert de beaux fruits bien juteux !
- Tu as raison, reconnaît son frère cédant volontiers au démon de la gourmandise. Allons-y ! Le premier arrivé aura gagné ! Jette-t-il , tout en s'élançant et riant.
Les jumeaux courent à perdre haleine car, effectivement, l'après-midi est bien avancé. Et le but de cette expédition gourmande est à un bon quart de lieue.
Enfin, essoufflés et heureux, les voici arrivés. Force est de constater qu'Auriane avait bien supposé. Le feuillage du roncier disparaît presque sous les petites baies noires. Aussitôt, les enfants se jettent dessus. Ils s'empiffrent, se gorgent et rient en constatant qu'ils sont maculés de jus violet. Lorsque soudain, un courant d'air violent se lève et brise net leur joie et leur enthousiasme. Craintive, Auriane se rapproche de Lubin qui, au fond de lui, n'en même pas large non plus. Le flux s'intensifie et vire à la bourrasque. A présent, ça gronde, ça siffle autour des petits abasourdis.
- Qui vient me voler ? Questionne une voix gutturale.
Affolés, les enfants fixent le rocher noir. Quelle est cette sorcellerie ? Ce dernier abrite-t-il un esprit mauvais ? Tétanisés, ils grelottent et chevrotent un petit "nous" craintif.
- Qui ça, nous ? Insiste la voix rugissante.
- Lubin et Auriane, répond courageusement le garçonnet. Nous sommes les enfants du bûcheron.
- Ah bon ? Alors ça va, proclame la voix un ton plus bas.
Puis elle ajoute : Surprise ! Et brusquement, une tête hilare apparaît au-dessus du roncier.
- Salut vous autres ! Je suis Brinztap de la tribu des Brinz *. Je vis à l'écart des miens, dans cette grotte. Vous avez troublé mon sommeil.
- Désolés, messire Brinzpap.
- Pas messire. Juste Brinztap ! Bah ! Ce n'est rien. J'ai assez dormi, de toute manière. Aimez-vous la musique ?
- Heu... oui, répond Auriane au bon sourire du drôle de petit bonhomme .
Surprise sylvestre-
notes sucrées et musique
quel mariage exquis !
- Brinztap: https://martinemrichard.fr/blog/?p=19982
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Mon dit des trois sœurs des montagnes bleuesDans le lointain continent Australien, au sein des Montagnes bleues, en Nouvelle Galles du Sud, entre les eaux et les falaises, je me suis laissé dire que, comme un peu partout dans le monde, les légendes se tissaient avec l’Esprit du Rêve, lequel, je vous le dis en toute confidence, m’accompagne fidèlement depuis toujours. Il n’en fallait pas plus pour que je m’invite à mon tour au voyage, un battement de cil, un battement de cœur, et j’y suis.Là bas, les larmes et le sang transparent des pierres, gardiennes de la mémoire, traversent les siècles des Hommes au travers de denses et humides forêts d’eucalyptus où s’ébattent l’intelligent et bruyant cacatoès et l’oiseau lyre au répertoire infini d’imitations en tous genre. Il n’imitera pas le bruit de la tronçonneuse en ce jour, juste les cris et les murmures des eaux, le chant des brumes, la danse des cascades au travers de forêts où les esprits du Temps du Rêve œuvrent encore au travers de la moindre goutte de pluie, du moindre souffle de vent. Une forêt vivante, captivante, parfois inquiétante.Une légende raconte - mais qu’en est-il vraiment lorsque l’on connaît le pouvoir d’improvisation des conteurs ? - qu’au temps des premiers temps, trois sœurs d’une tribu s’éprirent d’amour pour trois jeunes d’une tribu adverse. Hélas, en ce temps là, une telle mésalliance était interdite. Un inévitable conflit éclata entre les tribus. Afin d’éviter que les trois sœurs ne soient enlevées par leurs amoureux, et à dessein de les protéger, un vieux sage versé dans la magie les transforma en rochers, le temps nécessaire pour lui d’apaiser les esprits. Mais un soir, après de longs jours de conciliabules, débouchant enfin sur un accord de paix, le vieux sage épuisé mourut avant que d’avoir pu inverser le sort. Les trois sœurs répondant aux noms aborigènes de Meehni, Wimlah et Gunnedoo, de cela nous sommes certains, demeurèrent à jamais rochers.Baignés d’une étrange brume bleutée émanant des essences d’eucalyptus qui leur confèrent un troublant côté mystique, ces rochers ont une grande importance spirituelle pour le peuple aborigène qui conserve le respect et l’oreille de la Terre ancestrale.Depuis lors, les trois sœurs dominent le paysage. Et leurs larmes et leur sang s’écoulent au travers des canyons, en chutes rugissantes de désespoir ou en bassins nostalgiques d’où s’élèvent les plaintes de celles qui un jour furent privées de vie humaine pour avoir trop aimé, pour avoir transgressé la loi implacable de leurs pairs.BrumeVoile magique entre mortels et peuples des mondes invisiblesLande protectrice entre esprits malveillants et Nature.La terre, la pierre, la flore, la faune conservent la mémoire des temps. Les racines intemporelles du monde s’enfoncent toujours plus profond dans l’ombre pour nous rappeler que la vie est comme ces cascades, ces brumes et ces murmures qui montent vers le ciel pour s’y teinter de bleu. Le bleu léger du parfum des eucalyptus, la vibration éthérée du souffle murmurant à l’oreille de notre cœur que nous sommes des êtres spirituels venus expérimenter la Terre pour en être transformés.
un chemin de pierresruisseau de sang et de larmesl’âme se révèledans le chant sacré des eauxun rappel d’éternité.
💙 💙 💙
Bonsoir l'Herbier.... waouh, la photographie proposée a fait des merveilles, elle va plaire à son propriétaire, je pense.... merci, au plaisir, jill
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