Coucou les Brins,
L’IA n’a pas d’âme mais elle est rapide et bluffante, toutefois y faire appel pour qu’elle rédige à notre place ne peut que déboucher sur le vide et les images sans fond (comme « encre dans le vent* premier haïku ci-dessous).
Seuls survivront les vrais poètes, les vrais amateurs de poésie, ceux qui partent à l’aventure pour se parfaire, et dans la forme et dans le fond, en puisant dans leurs émotions, leurs aspirations, leurs blessures, leurs états d’âme et leurs faiblesses car il n’est pas de beauté sans imperfection. Le reste, comme pour le mauvais théâtre, ne sera jamais que singerie et mensonge.
Pour tester, j’ai demandé à l’IA d’écrire un haïku et un tanka à partir de ces occurences :
oiseau - jardin japonais - encre de chine
Résultat :
Haïku
Oiseau immobile-
jardin de pierre et de mousse,
encre dans le vent*
Tanka
Sous le pin courbé
un oiseau frôle l’étang
silence d’encre
le jardin boit son ombredans la brume du matin
Ce tanka n’est pas vraiment bon parce qu’un tanka, dans ses deux derniers vers, ne doit pas donner de réponse ni être démonstratif.
On attend mieux d’une IA.
À noter que la tradition veut que l’on ne mette pas de majuscule dans le haïku et le tanka.
Par curiosité, j’ai poursuivi en demandant à l’IA :
- Un Haïku sur un moulin à café
Là le résultat est excellent, mais quel véritable amateur de poésie osera le signer ?
Moulin à café-
dans le matin silencieux
gronde l’arôme noir
- Un Haïku sur une clef à molette
Là encore le résultat est excellent, mais quel véritable amateur de poésie osera le signer ?
Clef à molette-
dans l’atelier du matin
un boulon cède.
- Un haïku sur une vieille voiture
Pas mal
Vieille carrosserie-
sous la rouille dort encore
un été lointain.
Enfin, pourquoi se retenir ? j’ai demandé à l’IA de rédiger un haïbun à partir de la description d’une image représentant :
une femme – un bonsaï – un oiseau – un montagne – encre de chine (vous l’avez reconnue).
Le résultat est intéressant, mais ne serait-il pas possible de faire mieux ? Et d’ailleurs, le jeu en vaut-il la chandelle ?
Voici le haïbun de l’IA :
Dans la lumière pâle du matin, elle s’assied près de la fenêtre ouverte. Sur la table basse, le bonsaï incline son tronc noueux comme un vieil homme patient. La femme trempe son pinceau dans l’encre de chine. Une lente respiration. Dehors, un oiseau traverse le jardin d’un battement vif, puis se pose- minuscule éclat vivant dans l’immobilité.
Elle trace une première ligne. Le noir s’étire, fragile, irrévocable. Le bonsaï devient montagne, l’oiseau devient silence, et son cœur apprend la retenue.
Le monde tient dans un geste.
Sur le papier blancun oiseau d’encre s’envole-le bonsaï veille.
Signé : Chat GPT
Nous voilà, les amies, rendues dans ce monde où plus aucune image, plus aucune vidéo et plus aucun texte ne peut présenter une vérité humaine et cela est à la fois extraordinaire, déroutant et désolant.
Il y a là matière à penser. Si toute nouveauté inquiète elle peut toujours avoir un aspect positif.
Toutefois, en poésie, je pense que le travail intellectuel, mêlé à celui du cœur, est le chemin solide pour progresser.
L'IA peut-elle être un « maître » en la matière ? Il est sans doute trop tôt pour le dire, j’ai quelques craintes car notre monde est entré dans l’univers de la consommation lié à l'absence de questionnement, et aussi beaucoup d’espoir.
Adamante
Très intéressant sujet à l'heure de l'I.A. où tout le monde peut en user.... Dans ces conditions chacun devient écrivain, romancier, poète, chansonnier, etc..... I.A. imposteur aussi, donne dans le faux, la tromperie, comme tout progrès, du bon mais aussi...... Merci, amitiés, JB
RépondreSupprimerNous pourrions discuter longuement de l'I.A. pendant des heures mais je pense qu'elle n'aura jamais de sentiments et que ceux-ci sont le propre de notre humanité, ce qui va bien au-delà se toute capacité intellectuelle dont l'homme a pu la gaver. La mémoire prodigieuse qu'elle possède nous dépasse, mais nous gardons notre sensibilité...
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