Communauté de l'Herbier de poésies

vendredi 10 mars 2017

Page 69, la nostalgie



 



Les déracinés...

P'tit oiseau, malheureux,
S'est envolé par vent mauvais
De son pays, endolori,
Non par choix...

L'exil, par contrainte
L'exil, pour revivre libre,
Mais une patrie
Ca reste chevillé au corps
Au cœur
A l'âme
A l'esprit
A l'accent...

Et si au pays
On a oublié le p'tit oiseau
Devenu grand
Sur le sol de l'oncle Sam
Le p'tit oiseau libre
Reste prisonnier de la branche
Qui l'a vu naître
Et en rêve, rêve tel un Brassens
Qui l'a quitté des yeux...






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Le magicien chante ma nostalgie avec ses mains,

L’oiseau, étrange, chargé de toutes les tristesses du monde,
S’est, dans l’espace de mon âme, envolé :
Il crie des fantômes et des douleurs oubliées.
Il me parle d’un pays coloré qui n’est pourtant pas le mien.

Or c’est ce dernier, et lui seul, que j’entends :
Nous sommes tous chassés, sans racines,
Tous des exilés de nos certitudes !
 Nous pleurons chacun, au moins,
Nos refuges passés, nos confiances perdues.
Nous sommes, nous aussi, des migrants du désir,
Expatriés d’infinis bonheurs,
D’inoubliables douceurs enfantines
De nos premières croyances,
De nos originelles fulgurances.

Où nous libérons-nous de ce passé chargé de nostalgies ?
Où retrouver les mille objets perdus de nos rêves enchantés ?

Ici et maintenant, dans la merveille du vécu goûté,
Dans l’émerveillement de l’infime  moment.
Déjà,  au fond de moi, s’ouvrent
Dans le battement d’un cil, entre deux trémolos
Des espaces sans frontières où vivre, apaisé,
De quiets silences, d’étranges renouveaux.

Il n’est plus ce pays de nos rêves, et ne reviendra plus.
Le temps  va, sans attache, ni permanence aucune,
Il court le long d’un tortueux chemin fou.

Homme au milieu des hommes, au présent,

Je ne peux devenir que citoyen, libre, du monde qui va.. 




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Douleur d'avoir perdu sa terre natale, douceur douloureuse qui fait tenir debout.

Quelle Terre a-t-il emporté en poussière dans ses poches, l'enfant du voyage né entre deux rivages, ou dans la boue d'un camp immonde ?
De quelle Terre se sent-il né, cet enfant de l'errance ballotté de rejets en rejets ?
Vers quelle Terre peut-il espérer construire son monde dans ce monde ?
A quelle Terre peut-il se confier, l'enfant de la Terre, d'où qu'il soit, où qu'il aille, là où il est cet instant, pour quelques heures ou pour l'éternité ?



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Pays et paysages
J'ai crée mon blog il y 10 ans alors que je vivais au  Maroc , à Casablanca, avec mon mari qui y a monté une usine textile alors qu'en France, nos perspectives de carrière étaient peu intéressantes. L'employeur de mon mari était un juif marocain et non une entreprise française. Par conséquent, nous avions une carte de résident et avons demandé une carte de séjour que nous avons obtenu au bout d'un an et demi après de multiples visites et démarches à la Préfecture  et autres bureaux. Vivre au Maroc n'était pas spécialement mon rêve mais je l'ai tout de suite pris-comme je prends tout dans ma vie-comme une nouvelle aventure à vivre avec  mon mari. Nous avions beaucoup déménagé en France, dans toutes les régions textiles. J'ai aimé voir cette usine (comme j'avais aimé les autres avant) naître  littéralement, grandir et croître  à quelques  kilomètres de la capitale économique. Même s'il n'y a pas de barrière au niveau de la langue, ce fut tout de même un sacré challenge pour mon mari d'embaucher du personnel et de faire vivre cette usine selon un droit et une culture étrangère à la nôtre. Pour ma part, j'ai tiré de ces trois ans de ma vie un livre où j'évoque les « Paysages marocains » que nous avons parcouru ensemble ( la semaine de travail étant de 44 heures et mon mari travaillant du lundi au samedi vers 13h, nous avons eu peu de temps pour voyager) ou séparément. Je conçois les paysages comme des "états de l'âme" (expression  tirée de l'auteur suisse Frédéric Amiel). Ainsi, lorsque j'ai écrit aussi « Istanbul avec toi », il s'agissait plus de sensations de voyage à la suite de mes illustres prédécesseurs que d'un guide pratique. C'était encore plus difficile avec un sujet autant traité que Venise de sortir des sentiers battus, d'où le titre: « Oser Venise ».

©Laura Vanel-Coytte







La bouche de ma main n’est pas un trou sans fond
Elle raconte ma terre
écoute :
bouche qui dit oui
bouche qui dit non
bouche qui conte
bouche qui parle d’un temps
bouche qui se tait
bouche qui laisse sortir le blanc de son passé
bouche qui fait silence
bouche qui se souvient de l'oiseau bleu.

L’œil de ma main voit par-delà la haine
L’oreille de ma main entend la musique du vent

Mimer comme toi l’artiste
C’est sculpter dessiner écrire tout ce qu'on laisse derrière soi
quand la folie des hommes nous oblige à quitter notre terre.
Faire parler la main pour essayer d'avaler l'exil
La main saura toujours se transformer en caresse.
Dans le creux de ma main se cachent à jamais mes racines
mes racines sont le coeur de mon âme
mon âme bat au rythme de l’amour de mes ancêtres.

Tu m’as tendu la main, mon vide s’est rempli, merci.





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Deux
Je suis Deux à réconcilier.
De la nature me vient la force
Qui est aussi faiblesse

Deux, je suis Deux à réconcilier.
De la mémoire me vient le souvenir
Qui est aussi oubli

Deux, je suis Deux à réconcilier.
Du tendre me vient le ferme
Qui est aussi Tu peux compter sur moi, ou se faire œillères

De mon silence, naît ma musique,
Qui peut la chanter à ma place ?

Hier il en était ainsi
Aujourd'hui il en est ainsi
Il en est ainsi de l'essence de l'Homme
Qui veut incessamment s'épanouir en Trois.


 


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L’exil

L’oiseau
les ailes décharnées
plumes emportées par le vent
quêteur de tendresse
raconte une histoire
déracinée

Lointains
le pays absent
le ciel des premiers désirs d’envol
le soleil plus rouge
la terre plus vivante
les parfums plus rares
ce qui reste du passé
après la déchirure
c’est la magnificence
par dilatation du cœur
cette partie intime
pas tout à fait morte
mais à jamais perdue
hante les espaces intérieurs
c’est désormais la dimension du vide
la corde brisée
la note désaccordée
la fêlure
la voix
qui chante
l’absence
en rêvant
de la liberté.







8 commentaires:

  1. Bonsoir Adamante, quoi de plus légitime que de vouloir sa place au soleil, libre et si possible sur le sol qui vous a vu naître, le quitter par la force des choses est tjs un crève coeur... de bien belles lectures, merci... ;-)

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  2. oups ! il semble que mon courriel se soit égaré !
    ouf ! j'avais copié ma petite participation sur mon blog... elle y sera demain matin

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    1. Sans aucun doute car il n'est jamais arrivé dans la boite de l'herbier. J'accuse systématiquement réception, ce qui permet de savoir qu'il est bien arrivé. Belle journée.

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  3. que de pistes d'exils explorées, douloureuses, résilientes, et même vu du côté des expat' comme on dit plus souvent. Belle page encore vraiment
    merci Adamante pour cette proposition

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  4. La nuit en levant les yeux au ciel, en regardant la lune et les étoiles je peux me sentir exilée...

    " En regardant tout l'univers muet et l'homme sans lumière, abandonné à lui-même et comme égaré dans ce recoin de l'univers sans savoir qui l'y a mis, ce qu'il y est venu faire, ce qu'il deviendra en mourant, incapable de toute connaissance, j'entre en effroi, comme un homme qu'on aurait porté endormi dans une île déserte et effroyable, et qui s'éveillerait sans connaître où il est et sans moyen d'en sortir. " PASCAL.

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  5. C'est une très belle page pour un sujet qui me parle beaucoup.
    Merci, Adamante.
    Passe une douce journée.

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  6. Un beau thème Adamante
    Trop de soucis en ce moment pour participer
    Bises

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  7. Bonjour Adamante,

    Le défi était très intéressant. Et je vois qu'il a été magnifiquement relevé. Ces lectures sont riches, belles , brodées d'émotion. Très émouvant tout cela.
    Merci et félicitations à toutes ces belles participations.
    Amitié

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