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samedi 8 mars 2025

Du dedans retrouve le ciel

 

Désolée, les brins de l'herbier, une erreur d'aiguillage, ce texte aurait dû être publié chez moi (je viens de le faire car ce blog est réservé

à l'Herbier uniquement). Je supprime donc le poème ici et note juste le lien car j'ai partagé ailleurs. 

                   Un grand merci pour votre compréhension, 

Adamante 


 


lundi 3 mars 2025

La page 245

 Merci de vos participations, je suis vraiment ravie de votre intérêt. 

J'ai fait du mieux que je pouvais cette semaine où se sont invités quelques désagréments de santé qui ne m'ont pas rendue très opérationnelle. Je n'ai donc pas remis les titres en minuscules, ni rajouté les liens où il pouvait en manquer, ni... je ne sais. 

Si vous trouvez des incohérences, n'hésitez pas à me le noter en message. 

Belle semaine. AD

Photo ABC



Vénus de campagne


Vénus de Milo

Ecorce de marbre blanc

Broussaille pour groupie

Son gardien, bras en éventail.


Venus de campagne

Nudité hivernale

Baignée de bleu ciel, théâtrale beauté.


Anne ma soeur Anne

Ne vois-tu rien venir

Le regard perché si haut

Interroge Seguin le berger ;

Ma chèvre s'est encore enfuie

Je crains le loup, et sa faim...


Et le Petit Poucet

De demander cent fois son chemin...


Chut ! Ne réveillez pas la belle au bois dormant !

Dit la mère l'Oye

Qui ramassait du fagot.


Le pivert, cognant, en fut chassé,

De même qu'un bûcheron :

Une commande pour l'un des trois petits cochons.

Il se dit, il se raconte

Il se raconte, il se dit...


Moi, je l'ai vue

Prise au lasso

Et jetée à terre ;

Elle faisait de l'ombre, à la vraie... !


Vénus de Milo

un vieil arbre mutilé

Elucubration


jill bill

https://jill-bill.eklablog.com

 

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UN ARBRE SEUL


Que me dit cet arbre embroussaillé

Seul dans la campagne, crocheté d'un fil téléphonique ?

Qu'il se plairait davantage dans une forêt touffue

Sonore , encombrée d'appels, de chants d'oiseaux

De trilles, de crissements, de feulements

D'odeurs boisées, moussues, résineuses

Baigné de flaques de soleil, de tâches d'ombre...

Il saurait danser le rap, chanter et slamer

Jouer des castagnettes avec l'aide du vent

La nuit tombée, ses racines enfin dénouées

Délassé jusqu'a  bout de ses branches

Il serait uni à ses frères, comblé, rassuré

Reposé dans les bras de Morphée


@marine Dussarrat

https://marinezou.blogspot.com

Et Morphée, pourquoi pas ?


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Poet Tree


Au pied de l'arbre qui n'est plus, laissons nos mots, dans l'ombre des racines, se faufiler sans bruit. Au pied de l'arbre disparu, chacun de nos poèmes apportera un peu de vert, une pensée, un cri. Et quand l'humus aura tout pris et bu nos rêves, une forêt naîtra peut-être, sans nous.


l'arbre qui se meurt

les mots poussent en silence

la forêt renaît


Mona

https://saisons.over-blog.com



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Érosion :


J’écoute rugir le vent, tomber la pluie et vois briller le soleil… Le même sentier obstinément pareil, continuellement différent, chaque jour offre sa nuance aux yeux observateurs.

 

au bord du chemin

naturellement statufié

en seigneur il veille

 

malgré sa grandeur

il n’épouse que la broussaille -

les randonneurs passent

 

sur son piédestal

paréidolie éphémère

je le contemple

 

prince sans royaume

dans sa parure d’écorce

le temps le dénude

 

Combien de jours encore avant la chute ?

 

ABC

https://jardin-des-mots.eklablog.com/

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Dormance


Des écharpes blanches

traces des brumes matinales

dans l'aplat d'azur.


La haie d'hiver semble morte

jusqu'à ses cheveux hirsutes.


Dressée vers le ciel

la trogne voudrait bien atteindre

la branche en dormance.


Bientôt peut-être aux moignons

de jeunes pousses renaîtront.


©Jeanne Fadosi, mardi 25 février 2025


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LEÇON DE LA TERRE 


Dans la lumière dorée de l'automne, un écureuil furtif enterre ses précieuses réservés. Les feuilles tombent doucement, créant un tapis de couleurs chaudes sur le sol de la forêt. Le petit animal s'active avec une détermination silencieuse comme si son avenir dépendait de chaque cachette. 


Feuilles dorées tombent, 

Un trésor enfoui sous terre.

Promesse d'hiver. 


Un matin, alors que le givre commence à couvrir les branches, je le revois. Il fouille le sol avec anxiété, cherchant son trésor caché. Sa frénésie contraste avec le calme de la nature endormie. En l'observant, je me souviens de ma propre enfance où chaque découverte, chaque perte étaient une leçon de la vie. J'ai appris que, comme cet écureuil,  si je cache mes secrets dans la terre, il me faut prendre un repère même si c'est un arbre bien abîmé par le temps. 


Givre sur les branches, 

Un écureuil cherche encore.

Ses rêves enfouis. 


Sous les arbres nus, 

Le souvenir d'un trésor.

Comme une promesse. 


MARIE SYLVIE 

https://mariesylvie.blogspot.com


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Un jour d'été


Un jour d'été sous un ciel merveilleux. Celui-ci est bleu! Mais bleu! C'est un véritable océan de bonne humeur. Le temps est idéal pour une agréable promenade en forêt.

Oriane et Lubin, ( que l'on pourrait surnommer:  les jumeaux terribles), sont revenus indemnes de leur virée à dos de licorne. Après un sermon fulminant de leur père, et les embrassades arrosées de larmes de leur mère, les deux cabochards sont confinés dans leur chambre. Ils ne peuvent sortir que pour les corvées d’épluchage des légumes, l'entretien du potager, ou encore tirer de l'eau au puits.

Balades au placard-

sous un ciel sans nuages

l'eau coule... des yeux

L'ambiance est plutôt morose. Mieux vaut faire profil bas. Et puis, au bout de plusieurs jours de ce régime, constatant que ses rejetons sont obéissants et sages, le chef de famille lève la punition. Les deux galopins fous de joie se précipitent à l'extérieur, crient, rient, se poursuivent, bousculant le chant des oiseaux, les caquètements des poules et les aboiements du chien surexcité par leurs jeux.

A l'orée de la forêt, un grand arbre desséché se morfond, enviant cette exubérance, cette vitalité qui lui font défaut.  Ce que tout le monde ignore, vu son age canonique, c'est qu'en son sein un homme est prisonnier, victime d'un sortilège. Sa forme étrange pourrait alerter un œil expert: une tête, un torse, un bras tendu amorçant une supplique.

Soleil estival-

le vent emporte un secret

craquements d'écorce


Martine MADELAINE-RICHARD

https://martinemrichard.fr/blog


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L'arbre et son poème


L'arbre sur la terre

d'une petite graine est née la mélodie

où chante sa ramure


L'arbre du bord des eaux

le clapotis susurre 

berce ses racines


L'arbre dans le silence

seul le cri de l'oiseau

réveille son matin


L'arbre sous le soleil

la lumière y pulse

chaque montée de sève


L'arbre dans sa vie

sa majesté d'être

d'un peuple de seigneurs


L'arbre en souffrance

son temps a trop duré

ses frères sont en chagrin


L'arbre dans son cri

par la main abattu

à terre immense et nu


L'arbre et son poème

il fût passeur de rêves

musicien sous la brise

guérisseur corps et âmes

magicien de nos vies


Balaline   22/02/2025

http://mado.eklablog.net

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L’arbre mort


Dans le bois, il y a un arbre mort que je visite souvent, j’aimais autrefois me reposer à l’ombre de ses branches après mes longues balades…

Il m’a conté aujourd’hui, l’histoire de sa vie…

Il est né et a grandit dans ce joli bois en compagnie de tout ces frères, il m’a dit combien c’était délicieux quand le vent en passant, caressait leurs branches en leur contant de jolies histoires, il apportait aussi des parfums merveilleux qu’il avait glané ici et là, tous les ans au printemps son feuillage abritait des nids et les chants des oiseaux qui y habitaient berçaient ses rêveries, des amoureux venaient se conter fleurette à ses pieds, il protégeait leurs amours dans l’ombre rafraîchissante de ses branches, la vie était alors très agréable en ce temps là.

Mais une nuit une tempête s’abattit sur le bois, le vent – qui n’était plus du tout caressant – les échevela, l’orage s’en mêla, se déchaîna et pour finir leur tomba dessus allumant un grand feu... c’est au cours de cette nuit là qu’il furent lui et ses frères complètement cramés, il ne leur restait plus rien !

Plus d’oiseaux, plus de chants, plus de vent,caressant, plus de parfums, rien, rien qu’un tronc desséché !

Il pleure en me contant son histoire, je lui caresse le tronc et verse une larme en l’écoutant.

Livia

https://liviaaugustae.over-blog.com/


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 L'ARBRE, de l'HIVER AU PRINTEMPS


A l'aube d'un matin frigorifié, où même le bleu du ciel est plein d'incertitudes, l'hiver a planté son décor squelettique sur un côteau désert. Un arbre engourdi, dépouillé de ses feuilles, où s'enchevêtrent d'autres branches sèches, offre un spectacle de désolation.

le tronc de l'arbre-

son âme tourmentée

son corps mis à nu

entends-tu ses tremolos

ses craquèlements si sourds ?

La plainte de l'arbre fend le coeur dans un environnement hostile.

sa ramure est blessée

plusieurs branchages ploient-

le silence fracassé

les oiseaux sont en errance

seul le hullulement du vent


L'arbre conserve, toutefois, sa majesté malgré les frimas.

S'il souffre, il supporte son mal car c'est un être qui a le bonheur d'être.

L'arbre dresse son tronc

audacieux vers le ciel bleu-

sa majesté


Mais, bientôt, l'hiver ira déclinant pour donner naissance au Printemps.

Les bleus du ciel

vont laver les bleus à l'âme

de l'arbre pitoyable-

résurrection, rajeunissement

le houppier chante gaiement


Claudie Caratini, le 28 février 2025


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Un cheminement d’arbre


« Sans sortir de chez lui, le sage connaît les hommes »... ces mots que l’on prête à Lao Tseu conviennent parfaitement aux arbres. Plantés là, quelque part sur une portion de terre, ils poursuivent leur patiente ascension vers le ciel tandis que de leurs racines ils tissent, dans l’obscur  silence du sol, un réseau complexe pour se rattacher à la vie commune du végétal. 

Ce péritoine de la Terre, cette wifi souterraine sont bien trop spirituels pour que la grossière humanité puisse en percevoir toute la présence ou en concevoir le sens. 

Ce message que j’ai capté en le croisant, alors que dressé au travers d’une masse épineuse qui me semblait vouloir le contraindre il s’élevait sans opposer de résistance, avec l’abandon que confère la véritable force, m’accompagne encore de sa sagesse. 

L’abandon, ne jamais se dresser contre mais accueillir, comme la branche accompagne le vent dans la tempête, s’incline en recevant la pluie, rompt parfois quand la matière atteint son point de rupture et que le temps de tirer sa révérence est arrivé. 

- Dis-moi l’arbre, te sens-tu impuissant parfois, incompris, inutile, plombé de peines comme je peux l’être à l’orée de la catastrophe annoncée dont on perçoit déjà bien plus que les prémisses ? 

- Le ciel est encore bleu, et bien que le sang se retire, que la sève se dessèche, l’appel de la vie est toujours impérieux. Et puis, comme souvent, l’éloignement du cœur nous ramène en plein cœur, à l’endroit juste où, au-dedans, le ciel illuminé n’est plus attente mais offrande. Là, le géant devenu lilliputien découvre sa véritable puissance et conscient de tout avoir n’attend plus rien.


racine en chaos 

en tout germe est un mort 

le juste retour


Adamante Donsimoni - 1er mars 2025 

LE CHAMP DU SOUFFLE Chant du souffle


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mercredi 19 février 2025

Pour la page 245

Pour la page du lundi 3 mars 2025


PHOTO ABC


     Merci à A.B.C. pour cette nouvelle image. Tim Burton (photo de JB)  a formidablement inspiré tout le monde, j'ai beaucoup apprécié vos textes, même si je n'ai pas eu le temps de voyager jusqu'à vos liens personnels pour vous l'écrire.

     Il y a deux semaines, mon Imac m'a lâché brutalement, un PC a pris le relais pour le montage de la page précédente (un environnement qui ne m'est pas familier), mais un portable mac est venu à la rescousse depuis midi. Je configure, configure, configure... 

     Bref, ceci explique cela et je sais que vous comprendrez, ce dont je vous remercie.  AD

Un grand merci pour ces chouettes "chatparticipations"

😻 😻 😻





lundi 17 février 2025

la page 244

     

Oeuvre de Tim Burton - photo JB





Le chat et la mouche



Il sourit, le chat
Il l'aura la mouche
D'un coup de fouet
Il sourit, confiant, ah que oui,
Il l'aura l'insecte
Qui dérange sa sieste... mais !


Bzzz bzzz bzzz bzzz bzzz
Ce qu'elle est acrobatique
Bzzz bzzz bzzz bzzz bzzz
Flatulence vaudra mieux que vinaigre, oh si !
Aussitôt dit aussitôt pet fait
Il sourit, le chat

La voilà qui agonise, sur la moquette
Il a fait mouche !
Bzzz bzzz bzzz bzzz
Bzzz buzzz
Buzzz...


Ci-gît l'insecte
Lui qui croyait
Qu'on ne fait pas de mal, à une mouche !


Félin rancunier
n'éveillez pas chat qui dort
De vie à trépas !


jill bill





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Rires et malice

Dans un petit village au cœur de la campagne, vivait un chat noir nommé Félix. Félix savait très bien que les habitants du village le voyaient comme un porte-malheur et il adorait en jouer.

Avec son sourire malicieux et ses moustaches frémissantes, il préparait toujours de nouvelles farces pour les superstitieux.

Un jour, alors que Madame Dupont, la boulangère, s'activait à préparer des pâtisseries, Félix décida qu'il était temps de faire une nouvelle farce. Il se glissa discrètement dans la boulangerie et se cacha sous la table. Au moment où Madame Dupont se retourna pour attraper un ingrédient, Félix bondit et fit tomber un sac de farine, recouvrant la pièce d'un nuage blanc.


Sous la lune d'or,
Chat noir croise les regards,
Rires sous capes blanches.


Madame Dupont, complètement enfarinée, crut immédiatement que c'était un signe de malchance. Félix, lui, riait intérieurement en voyant son propre reflet blanc dans la vitrine.

Mais ce n'était que le début !

Le lendemain, Monsieur Martin, le fermier, prit son tracteur pour labourer son champ. Félix, bien caché, attendit le moment propice pour surgir devant le tracteur, faisant sursauter Monsieur Martin qui crut voir un fantôme. Le tracteur dévia de sa trajectoire, dessina une énorme spirale dans le champ. Les villageois, voyant le dessin étrange, y virent un présage mystique.

Félix, toujours aussi amusé par ses propres farces, continua ainsi à semer la panique dans le village. Mais un jour, les villageois décidèrent qu'il était temps de changer leur façon de penser. Ils se rassemblèrent pour une grande fête en l'honneur des chats noirs, célébrant leur espièglerie et reconnaissant que Félix n'était pas un chat porte-malheur mais un chat avec un grand sens de l'humour.

Et ainsi, Félix continua ses farces non pas pour faire peur mais pour faire sourire. Chaque farce devenait une légende amusante que les villageois se racontaient autour d'un feu de camp.


Chat noir farceur,
Malheur devenu légende,
Rires sous les étoiles.


MARIE SYLVIE

https://mariesylvie.blogspot.com

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A la pleine lune



Sous la sphère orangée de la lune de Mai, un chat aventureux promène sa disette. C'est qu'il a faim le bougre. Un appétit vorace de conquêtes et d'amour. Il saute d'un toit à l'autre, nez au vent, queue dressée, arrogant et gracieux.

 

A la pleine lune-

        le tigre d'appartement

        joue à chat perché


Noiraud vocalise la balade enivrante des matous affranchis. Celle de ces Mistigris de gouttière qu'il aperçoit parfois, derrière les vitres de sa maîtresse. Mais cette nuit, profitant d'un moment d’inattention de celle-ci, il a filé comme une flèche. Impossible à arrêter. Enthousiaste, grisé, ce Pierrot à fourrure part en quête de sa Colombine.


        Cris et entrechats-

        Roméo cherche Juliette

        joli cœur à prendre


        Martine Madelaine-Richard

        https://martinemrichard.fr/blog

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Chat Pitre

 

Le vieil instituteur, ce soir encore, se plonge dans les livres scolaires ceux qu’il a tant aimés et gardés précieusement. Oh surprise, du livre d’histoire de France tombe un dessin d’enfant ! Le vieil instituteur sourit. Il se souvient :

Il avait juste la trentaine, passionné et autoritaire, il enseignait à l’ancienne. Ces deux gamines dissipées, se cachant derrière leur bureau de bois, qu’avaient-elles donc inventé ce jour-là ? Coutumières des fous-rires et perturbations il avait du mal à les canaliser, pourtant il s’évertuait à les intéresser, en vain… Il s’était approché lentement du fond de la classe, continuant à égrener les tables de multiplication et, sans crier gare, avait attrapé le dessus d’un des bureaux et l’avait claqué violemment. Silence et stupéfaction, suivi d’un cri étouffé « Chat Pitre » !... Un dessin gisait par terre, il le ramassa, alla l’enfermer dans son bureau. Sans commentaires il enchaîna avec la grammaire et les conjugaisons.

Les deux gamines médusées et peu fières se regardaient tristement. Leur petit héros favori, dont elles dessinaient régulièrement les aventures, venait de leur échapper. Elles espéraient bien le récupérer à la fin de la journée. Rien n’y fit… L’instituteur intransigeant décida de le garder jusqu’aux grandes vacances de l’été … Les journées passèrent, et, quand la cloche de fin d’année sonna tous les élèves s’envolèrent vers d’autres horizons. Chat Pitre emprisonné en avait-il pris pour perpétuité ?

Ému, à la vue de ce dessin, le vieil instituteur l’expose sur le manteau de sa cheminée. Ce soir, il aimerait tant savoir si ses petites élèves l’ont oublié…

Chat Pitre, lui, a retrouvé la liberté…

 

A l’école primaire

l’instituteur roi et maître –

Chat Pitre prisonnier


au chapitre des souvenirs

les bons chahuts de l’enfance

 

ABC

https://jardin-des-mots.eklablog.com/


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Escarmouche


La mouche volait partout. Elle se posait un instant sur le rebord de la fenêtre puis filait comme pour taquiner le chat. Elle zigzaguait dans l'air, de plus en plus vite, prête à le défier.


Il l'a guettée,
il l'a frôlée,
l'a pourchassée,
l'a attrapée.


La mouche était coincée dans les griffes du chat. Il la regardait fixement comme s'il attendait qu'elle s'échappe. La mouche battait des ailes mais elle ne pouvait pas s'envoler.


Il l'a croquée
puis recrachée.
Beurk ! Trop amère
pour être mangée !


Mona

https://saisons.over-blog.com


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Le chat et la guêpe


Un chat noire, un peu braque,
Un chat bien fourré, gros et gras,
Dormait tranquillement chez lui...
Le soleil entrait par la fenâtre ouverte
 Il était bien...  
Il rêvait de souris bien charnues
Et de de poissons bien gras.
Un régal de chat !    
Un rêve merveilleux !
Une guêpe qui passait par là,
Entra en bourdonnant dans la pièce,trait par la fenêtre entrouverte
Et le réchauffait
Fit trois petits tours, et...
Fatiguée, se posa sans plus de cérémonie,
Dans la fourrure de notre chat.
Elle s'y trouva si bien, qu'elle s'endormit aussitôt.
Tout le monde dormait !
Mais voilà que notre chat se retourna,
L'aiguillon de la guêpe lui entra dans le gras du râble,
Imaginez donc les miaulements horribles de la pauvre bête
Qui se mit à sauter dans tous les sens ,
Espérant ainsi enlever de sa chair,
Le perfide aiguillon.
L'autre, réveillée en sursaut,
Se sauva en rigolant, par la fenêtre ouverte...

        Livia
        https://liviaaugustae.over-blog.com/


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Chat noir



Je suis le chat noir, queue mobile
Aux yeux fauves aux yeux perçants
De nuit comme de jour
Je ne crains ni les hannetons
Ni les fantômes ni les dragons
Je fais du vent et je mouline
Je balaie les piqueurs et les dérangeurs
Avec ma queue guerrière
Qui m'évente, qui vrombit.

Je fais peur aux souris
Ca me fait sourire
Sur les toits je suis le roi de la nuit
Je suis un chat Celtique invincible


@marine Dussarrat



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Des bzz énervants

 

Des bzz énervants
amples mouvements silencieux
et loopings dans l'air

Chorégraphie impromptue
d'un moustique et d'un chat noir


©Jeanne Fadosi, mercredi 12 février 202


et en guise de clins d'oeil en illustration sonore:






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Le chat aux yeux bleuet



         Noir blanc ou gris peut-être
         le chaton aux yeux bleuet
         emprunte le chemin des solitudes
         Un peu désemparé hésitant
         à affronter les voix du monde
         les herbes hautes des fossés
         la main qui s'approche trop près
         il vit avec sa boule d'angoisse
         apeuré devant tant d'entraves
         Pourtant la mer vogue dans ses yeux
        du bleu qui chavire les âmes
        où glisse un soupçon de tendresse

        Le chat aux yeux de mer
        a posé ses pattes de velours
        sur un morceau de vie
        à cheminer ensemble


        Balaline    

        http://mado.eklablog.net

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Passe muraille


    En regardant l’image, je m’étais endormie. J’avais piqué du nez dans le rêve et m’étais mise à circuler dans quelques nébuleuses. De toute évidence celles-ci ne voulaient pas offrir à ma vue les détails de l’anatomie des personnages qui glissaient en elles comme cerises baguenaudant dans de la Jelly.

    Tout se faisait furtif et cela me mettait mal à l’aise. Je voulais savoir. Mais vouloir n’étant pas pouvoir je restais là, un peu désorientée, dans cette brume fantasmagorique qui me donnait le vertige.

    Le chat ronronnait près de moi, heureux que je le retrouve dans son occupation favorite habituelle : dormir sur le canapé.

    Cela eut-il une influence sur le devenir de mon aventure onirique ? Sans nul doute. Je suppose que l’esprit s’arrime dans notre réalité avant que de s’envoler vers ces contrées confuses où de toute évidence il aime à s’égarer pour vivre des aventures parfois plus que rocambolesques.

    Toujours est-il que soudain je me suis retrouvée dans l’univers de Marcel Aymé.         
   J’aperçus la pièce, ainsi que je l’avais imaginée en lisant, où apparaît pour la première fois l’honorable Monsieur Dutilleul, rond de cuir au Ministère de l’Enregistrement. Des rideaux à grosses fleurs roses, tels qu’en raffolaient le monde au début du XXème siècle, encadrant une fenêtre donnant sur le bleu du ciel. Un chat noir était là qui grattait la moquette de toute son ardeur féline, c’est-à-dire non contenue. Quelque pet s'échappant du matou contraria une mouche.

    C’est alors qu’apparut, semblant sortir du mur à la peinture défraîchie qui me faisait face, le visage d’un homme qui observait la scène.

    Était-ce le fameux passe-muraille qu’aucune densité matérielle ne pouvait arrêter ? Je me mis à vibrer d’impatience à l’idée de connaître son secret...

    C’est à ce moment précis que mon chat décida de me réveiller en manifestant une impérieuse envie de jouer.


        fugacité du rêve
        sur l’infini de l’illusion
        le vent souffle


        Adamante Donsimoni -  25 janvier 2025


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lundi 3 février 2025

Pour la page 244

 

Oeuvre de Tim Burton - photo JB


Textes attendus jusqu'au 14 février (haïbun ou famille) 

pour la page du lundi 17 février 2025.

Belle inspiration ! AD



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en savoir plus :

Tim Burton


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LA PAGE 243

 

Photo adamante



A la Baleine Bleue


Bleus à l'âme

Il s'en vient

A la Baleine Bleue

Noyer sa solitude,

Plonger son regard

Dans celui de la dodue

Qui s'effeuille sous les néons

Bleu, rouge, vert, rose,

Qu'importe son prénom

Qu'importe, juste la regarder

Se déhancher, si sensuellement...


Le vendredi soir

Le vendredi soir, il oublie tout

Sa petite vie,

Métro, boulot, dodo...


Bleus à l'âme

Il s'en vient

A la Baleine Bleue

Noyer sa solitude

Au verre, un Blue Lagoon...


Boîte de spritease

rituel d'un esseulé

Son pays bleu


jill bill

https://jill-bill.eklablog.com

 

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Ombres de possession


Chaque jour, je me réveille avec un poids sur la poitrine, une angoisse sourde qui ne me quitte jamais.

Les murs de ma maison, autrefois refuge, sont devenus une prison silencieuse.
Les regards de mon mari, autrefois pleins de tendresse, sont maintenant empreints de contrôle et de suspicion.

Je marche sur des œufs, chaque mot, chaque geste mesuré pour éviter de déclencher sa colère.

Les moments de calme sont rares et précieux, mais teintés de la peur de l'explosion imminente.

Mes rêves et mes aspirations se sont évanouis, remplacés par une routine oppressante où je n'ai plus de place pour moi-même.

Les rares instants de bonheur sont volés, des éclats de lumière dans une obscurité constante.

Je me raccroche à ces moments, espérant qu'un jour je pourrai retrouver ma liberté.

Mais pour l'instant, j'endure, chaque jour une bataille silencieuse contre la tristesse et la possession.

Sous l'emprise sombre,
Mon cœur cherche la lumière,
Liberté, j'attends


MARIE SYLVIE
https://mariesylvie.blogspot.com


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Fantaisie


— Si on dansait le cha-cha-cha,
le merengue, la bachata,
la kizomba acrobatique ?
Si on dansait la carmagnole,
le rock’n’roll, une gavotte
ou un foxtrot, le laridé
ou bien la ronde des échassiers ?
Si on dansait la mazurka,
un petit zouk ou la rumba,
le boléro, le flamenco…
on sortira les castagnettes !
Préférez-vous le kazatchok,
ou le moonwalk ? Et pourquoi pas

 

une musette ? Ce serait chouette !
Si on dansait la Moresca ?
Allez les Brins ! Toutes avec moi !

— Non, Adamante,
ce soir, on préfère tricoter.


Mona

https://saisons.over-blog.com




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Rayons chatoyants

en étincelles colorées -

son bleu-indigo


dansant sur vitrail

quand darde le soleil

la nymphe s’épanouit


esquissant un pas de deux

fol espoir d’un partenaire

 

rondeur et cadence

d’une chorégraphie naissante -

tout art est offrande

 

ABC


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La Danse


Sur une scène d'un cabaret à la mode,

Elle dansait à demi nue,

Sous les feux des spots de toutes les couleurs.

La musique l'enveloppait tout entière,

Lento de la trompette, sourdine des basses.

Elle était comme électrisée et se laissait aller,

Plus rien ne comptait, rien que la musique !

Son corps sinuait en mouvements amples et souples.

Comme une liane sous le souffle du vent.

Les yeux à demi fermés elle dansait...


Livia

https://liviaaugustae.over-blog.com/


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 Nocturne


C'est une nuit estivale particulièrement chaude. Aenor se tourne et retourne dans son grand lit à baldaquin vide, si vide. Elle n'en peut plus et, excédée, tente de libérer ses jambes prisonnières des draps humides. En soupirant, la jeune femme se lève, va à la croisée grande ouverte.  Respirant profondément, tout en ôtant sa chemise devenue inconfortable, elle contemple le magnifique ciel marine.

 

Nuit caniculaire-

au diable les dentelles

se vêtir de lune


A demi cachée par le fin voilage soyeux n'occultant guère la fenêtre, sa nudité se pare de teintes bleues, rouges, violines. C'est irréel et fort seyant.  "Dommage de ne pouvoir se promener ainsi", pense-t-elle. Aenor imagine en pouffant la tête des gardes du château paternel.

Le pâle reflet argenté lunaire joue sur sa peau par tissu interposé. La princesse agite bras et cheveux telle une zingarelle* voluptueuse. Dehors, criquets et grillons rythment son balancé sensuel.


Fantaisie nocturne-

trémoussements lascifs

la nuit pour témoin

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Martine MADELAINE-RICHARD

https://martinemrichard.fr/blog

* zingarelle: jeune tzigane, bohémienne.


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Tapie dans les coulisses, la petite fille effrayée et bougonne reprend ses esprits. Elle admire secrètement l'évolution grâcieuse de sa grande sœur sous la lumière blanche des spots. Sa grande sœur adorée, son modèle, son guide, son phare. Sa protectrice de toujours l'a vertement réprimandée, mais pas seulement. Elle a piqué sa crise comme une gamine qu'elle n'est pas, du moins à ses yeux. Et la petite, déconcertée, ne connait pas encore ce vers, cet aveu de Rimbaud "On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans".

Sous la lumière crue
entrechats et arabesques
dansent la musique.

c'est ce que voit le public, depuis les fauteuils en velours rouge de la salle des fêtes. Tout le reste de la scène est plongée dans l'ombre. Mais depuis sa position, allez savoir pourquoi, la lumière s'est difractée, comme sous une loupe. La grande sœur et le grand frère le lui ont montré en lui expliquant les couleurs de l'arc-en-ciel. Et sous les notes joyeuses, la poussière s'est mise à danser de toutes les couleurs. Derrière le rideau, consciente du privilège d'être seule à le voir, 

Sa ballerine danse
en duo et en cadence
avec la lumière.

La grande n'est plus en spectacle,
la petite savoure l'instant.

©Jeanne Fadosi, mercredi 29 janvier 2025





en illustration sonore :
et 


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Fête



Une femme danse sous les flashs, dans la nuit chaude, les éclairs, les feux d'artifice, elle danse à en perdre la tête, à en perdre le nord, au milieu de la foule des fêtards.


En toute insouciance
sous une boule à facette
au rythme des synthés

Ricochets de notes, le rock bat son plein sous les voûtes de pierre, sur la place publique, jeunes et moins jeunes ensemble, pleins de fougue, les musiques mêlées, Chachas et sambas brésiliennes, pour le plaisir et la fête.

En fin de nuit
quand les instruments se taisent
le monde n'a pas changé


@marine Dussarrat
https://dans-les-voiles.over-blog.com


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 Son monde à part


Il aimait tant danser, c'était une des passions de sa vie, de ses jours convalescents entre deux traitements, de tout l'espoir qu'il mettait dans son éventuelle guérison !

Récupérer quelques forces d'abord pour retrouver l'assurance de ses gestes, sa silhouette élégante, son maintien parfait, cette préparation minutieuse lui permettant de se réapproprier son corps avant d'enlacer sa compagne et de s'élancer sur la piste en assumant le plus possible toutes les danses.

J'aimais les voir valser, " tangoter ", swinguer, j'admirais leur merveilleuse harmonie, à la fois gracieuse, inventive, unique.

Il semblait si loin de sa maladie tout à coup, juste dans la musique, leurs corps offerts aux rythmes, les mauvaises images reléguées à l'oubli .

 

La musique s'anime

Oser braver cette nuit

le mal en sourdine


Cela peut paraître incroyable mais pendant presque vingt ans, il a continué de danser, se relevant de ses

souffrances, toujours combatif, animé par cette volonté de revivre ces émotions, ce semblant d'ivresse qui enveloppe le corps et le propulse vers l'irréalité.

Un monde à part dans un rêve d'espace, de bien être, d'ouverture à tous les possibles, un voyage au-delà du malheur .


Balaline 31/01/2025

https://mado.eklablog.net

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La sylphide des bois


Je marchais vers le soir dans les bois près de la maison. Le soleil, généreux durant le jour, tardait à se retirer, il dardait ses derniers rayons au travers de la futaie. C’est alors que je l’aperçus.

Comme ensorcelée, encore inconsciente de ma présence, elle semblait interpréter une danse rituelle, c’était comme si elle s’enroulait dans les derniers reflets de l’astre finissant. Je retenais mon souffle.

Ses voiles étaient de feu, elle ne les ôtait pas, elle en revêtait sa nudité. Je ne voyais là nul besoin de séduire, juste le désir d’honorer qui rayonnait au travers de la délicatesse de ses mouvements. Sous chacun de ses pas, la terre irradiait, l’instant était à la grâce. La moindre mousse, la moindre feuille, le moindre pépiement, il n’était pas jusqu’au silence qui ne participait au sacre de la lumière.

Dans ce bois où commençaient à se faufiler quelques ombres, tout me parut soudain illuminé. J’étais sous le charme. Comme j’avais envie de la rejoindre, de me mêler à la cérémonie glorifiant cette fin du jour !

N’étant pas de la forêt, je résistais de toute mon âme à la force qui me poussait à franchir cette barrière entre nos deux mondes. Je savais bien que ma place était ailleurs, qu’ici je n’étais qu’une intruse, mais j’étais comme hypnotisée, je ne m’appartenais plus.

J’esquissais un pas, une brindille craqua et la belle m’apercevant disparut.


un rideau se tire
un rideau se referme -
c’est déjà la nuit.

Adamante Donsimoni
27 janvier 2
025 
LE CHAMP DU SOUFFLE Chant du souffle

 

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