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vendredi 16 janvier 2026

Pour la page 254



 Voici pour la page 254 - en poésie libre

N'oublions pas que de grands auteurs comme Khalil Gibran ou Roumi ont écrit en parsemant leur prose poétique de courts poèmes (poésie libre). 

Si ce ne sont pas des haïbuns, le bonheur que l'on prend à les lire suffit à les apprécier car le fond touche l'âme, et cela c'est du grand art. 

À vos plumes, les Brins ! AD

Publication le lundi 26 janvier

textes a envoyer en dernière limite le 23 janvier

Je vous révèlerai alors ce qui se cache derrière cette image.  

 💙💙💙

Cela vous laisse le temps de "gratter"
pour atteindre le sommet de votre plaisir d'écrire et de partager. 

Laisser quelques jours entre écriture et relecture, ça a vraiment du bon.
Éloge du temps qui prend son temps.

 💙💙💙 




 

lundi 12 janvier 2026

Page 253 Neige


Dessin Adamante



Une forme sous la neige


   La nuit tombe. L’hiver est déjà là. Le froid passe sous la porte et s’attarde dans la maison. Le parquet garde la morsure du jour. Dehors, la neige tombe de biais. Le ciel est d’un bleu sombre. Les flocons emplissent l’espace et effacent les contours.
   Un bruit sec frappe la vitre du séjour. Du métal, soulevé par le vent. Puis, plus rien. Dans le tumulte blanc, une forme apparaît. Dure, anguleuse, traversée d’éclats brefs. Elle se lève avec la rafale, se défait aussitôt. La neige la coupe, la disperse, la rassemble encore.
   Je reste immobile. La lampe est faible. Le froid gagne la pièce. Je ne sais plus si cette forme se tient dehors, ou si elle naît du silence qui s’installe.


Sous la neige bleue
une forme se défait-
métal ou souffle ?

contre la vitre du soir
mon regard se fait doute.

Claudie Caratini
Le 10/01/2026

 

Autres propositions : 


Tanka 1 -



Pluie de pixels froids
un corps de métal veille seul-
nuit bleue sans étoiles
striée d'éclats métalliques
traces des tourments du temps




Tanka 2 -



Sur la neige bleue
une maison tient debout
malgré la tourmente-
dans l’éclat brisé du ciel
son coeur ne cède jamais


Claudie Caratini  💙 Commentaires sur cette page. 💙



💙💦💙


Ô neige !

 

" Maman, maman, il neige !
Mes mots d'enfant émerveillée par cette avalanche de duvet blanc voletant en silence sur la terre gelée.
C'était la naissance annoncée d'un jour joyeux, contemplatif, inoubliable. 
    Je restais admirative de ce paysage connu, transfiguré par la féérie de l'hiver.
Ce blanc si pur, léger, tourbillonnant tout en délicatesse, parant chaque herbe, chaque pierre, toutes les branches du tilleul d'un amoncellement de douceur.
La terre ensemencée d'une couleur unique, paisible, presque irréelle dans sa pureté.
Son secret dévoilé, la nature ouvre le chemin du pardon, se prépare à la renaissance, à ses futures pulsations de vie.
Il neigeait beaucoup, parfois jusqu'au soir, chaque vie semblant retenir son souffle, le silence envahissait la campagne, les oiseaux volant au hasard, tandis que le tapis blanc s'épaississait au fil des heures.

Magie de l'hiver
la neige nous réunissait
le feu crépitait

Il ajoutait à la beauté ce feu pétillant, celle de peindre un tout autre univers, un cocon protecteur, enveloppant, ouaté, où la gourmandise participait aussi à cette journée si particulière.
Crêpes et marrons grillés, parfums de pelures de mandarine, il me reste les images, les senteurs, le goûter festif de ces instants extraordinaires dans la douce chaleur familiale.

La maison cocon
chapeautée de neige
une fête en hiver

Balaline 09/01/2026


💙💦💙




Une cabane dans la neige


Le bleu intense de la nuit sublime le blanc de neige en un va et vient intime et mystérieux. Tandis que les flocons où se mêlent cailloux de polluants et neutrinos enveloppent d'insolites objets, tels des paquets cadeaux. Si loin dans l'immensité vide, à mille et mille lieues de la première ville humaine.

Du manteau de neige
au bleu intense de la nuit
mystère de l'osmose.

Des linguistes polémiquent sur le nombre plus ou moins grand des mots inuit pour désigner la neige, sa consistance et sa ou plutôt ses couleurs. Ceux de la nuit polaire, sans doute tout aussi précis, ne suscitent guère de débats.

Qui se soucient de la nuit
hors des peuples qui la vivent ?

L'isatis, dans sa quête incertaine de quelque subsistance, s'est arrêté dans sa course, flair au vent d'une odeur humaine. Qu'est-ce là-bas, dans l'immensité de la plaine glacée ? Une cabane au toit de chalet et aux murs de verre ? Un feu dans l'âtre ou un leurre ? Qui dira l'hostilité ou la bienveillance des hôtes et des voyageurs ?

moderne cabane
au milieu de nulle part
abri ou danger

Le petit renard des neige s'y perd dans sa lecture du monde et reprend sa quête à la recherche d'un trésor. Quelques restes de nourriture d'un campement lui suffiraient plutôt que ces briques vides en carton ou ces bouteilles en plastique. Les humains sont décidément des animaux bien étranges !

L'humain calfeutré
est un animal étrange
cherchant la tangente

Tel une autruche dans le sable
l'ermite en sa tour d'ivoire.

©Jeanne Fadosi, samedi 10 janvier 2026
Fadosi continue

Et non, je ne te ferai pas le coup de ma cabane au Canada en illustration sonore, plutôt Mon pays c'est l'hiver de Gilles Vigneault 



et aussi



💙💦💙



Il neige


Passent les jours et les saisons… Voici l’hiver bien installé sur le pays sauvage des Fougères Cendrées. Tout le monde se terre dans son trou, son terrier, sa fermette ou son château aux murs épais. La bise règne en maîtresse gelant l’eau des fontaines et des ruisseaux.


Sous un ciel mercure-
chênes verts, buis, sapins noirs...
et les feux du houx


Plus personne dans les près et les champs. Sur les labours pétrifiés quelques corneilles tentent vainement de piquer le sol. Pas un chat dans les rues de Villerouge-Termenès. Tout est silence et frissons. Seul le vent donne de la voix.

Au plus près de l’âtre ronflant, la princesse Aenor tend ses jolies mains fines à la chaleur bienfaisante des flammes.

— Brrr ! J’ai moult froid ! Et ce que je m’ennuie ! Se plaint-elle.

Sa dame de compagnie lève les yeux de sa broderie, soupire tout en jetant un coup d’œil vers la fenêtre.

— Je ne serais pas surprise qu’il neige, votre Majesté.

— Vous croyez ? Réagit Aenor, l’espoir chevillé au cœur.

— Voyez vous-même, votre Majesté, sourit Dame Yseult.

Suivant son conseil, Aenor se précipite à la croisée.

- Ooooh ! C’est vérité ma bonne Yseult.! Des flocons commencent à tourbillonner !


Fin d’après-midi-
aux premiers flocons de neige
tempête de joie


       Martine Madelaine-Richard



💙💦💙



Chaperon Bleu



Le petit Chaperon Bleu
Arriva chez sa mère-grand, souffrante,
Les bras chargés,
Par un soir très neigeux ;
Le loup bien au fond de sa tanière. Peur bleue évitée !
Il a failli se perdre en chemin
Tout blanc de neige blanche.


Survêtement blanc de flocons
Le voilà en bonhomme de neige ;
Le nez rouge carotte !


Marie Blizzard, ouvre, c'est moi, Chaperon Bleu... Blanc !

Tire la chevillette et la bobinette cherra !


Pas facile, chargé comme une mule...
Et, bleu de froid !


Que m'apportes-tu gamin........ !?


Ta liqueur préférée, de la gaufrette.
Et, la chanson de circonstance,
Vive le vent, vive le vent
Vive le vent d'hiver, et bonne année grand-mère...



Conte revisité
un soir de janvier neigeux
Une autre planète




💙💦💙



Au fond du lac



on peut douter, bien sûr
on peut dire « on n'est pas sûr »
mais au fond, on le sait


ce n'est pas un engin égaré
ce n'est pas un déchet
ce n'est pas une carcasse

c'est une maison tombée du ciel


Mona 
saisons


💙💦💙




Rêve ou fiction :


Instants de magie
nuit bleue – flocons colorés
L’hiver l’ensorcelle

sa chaumière navigue
dans un décor futuriste


simple vision
d’une fête irréelle
ici ou ailleurs

petit robot d’aujourd’hui
rêve -se voit déjà géant


💙💦💙


Le Guet de l'Ombre


Je marchais depuis des heures
Sans savoir vraiment pourquoi.
La neige recouvrait tout
Même les raisons.
Chaque pas enfonçait le silence un peu plus profondément.
Le vent ne hurlait pas
Il murmurait
Comme s'il voulait me confier quelque chose que je n'étais pas encore prête à entendre.


Puis je l'ai vue.
Une maison minuscule
Posée là telle une veilleuse oubliée dans l'immensité.
Sa fenêtre brillait d'un feu doux
Orange telle une promesse.

Mais ce n'était pas elle qui m'a arrêté.
C'est la forme dressée à ses côtés
Haute
Anguleuse
Presque métallique.
Ni arbre
Ni homme
Ni bête.
Une présence.
Elle ne bougeait pas
Mais je sentais son regard.

Je n'ai pas osé m'approcher.
Pas encore.
Il fallait d'abord que je comprenne ce que j'étais venue chercher.
Le froid me tenait
Mais la lumière m'appelait.
Et entre les deux
Une sentinelle étrange
Gardienne d'un seuil que je n'avais pas encore franchi.


Sous la neige
une forme garde le feu
Je n'ai pas froid.




💙💦💙

 

 

Rêve d’un enfant


sous un élan de neige
sur la vieille masur
des cadeaux et des bougies
une once de bonheur


Il en faut peu parfois
pour allumer le monde
remercier l’infini





💙💦💙



Chaumière



J’entends crisser le sol gelé.

Est-ce l’ogre qui s’invite par la tourmente et la poudreuse, dans cet univers virevoltant où un arbre ensorcelé de blanc semble danser ?

Le bleu, la nuit, cet arbre aux branches lourdes, les étoiles masquées de ce ciel bien trop bas, au-dessus du toit d’une chaumière toute tassée de neige, m’évoquent les légendes.

Je frisonne, et ce n’est pas de froid.

Une lueur fusant de la fenêtre m’indique la vie, la réclusion volontaire, le repli indispensable autour d’un feu pour échapper à la tempête.


Entre glace et neige
entre flocons et le vent-
une soupe chaude


Donsimoni Adamante - 9 janvier 2026



💙💦💙

SOUVENIRS de l'HERBIER 

Abonnez-vous au blog si vous souhaitez connaître les prochains.

💙💦💙


 


mardi 6 janvier 2026

Pour la page 253

 

   Comme il neige, je vous propose cette image avant que le blanc ne disparaisse et nous laisse hors propos.

    Me direz-vous : "dans le monde où nous vivons rien ne nous empêche plus de marcher sur la tête." 

   Mais quand même, respectons la saison...

un petit peu tout petit peu ti peu t'y peux. 


dessin Adamante

 

Page publiée le lundi 12 janvier 2026

Ça vous va ?

Copies rendues le 10 


💙 💙 💙

Et si vous n'êtes pas abonné au blog, visitez l'article précédent, 

vous y découvrirez LA TOUTE PREMIÈRE PAGE de l'HERBIE












lundi 5 janvier 2026

Souvenirs de l'herbier

  Souvenir, souvenir...  (Johnny Hallyday)

Impossible d'importer une vidéo depuis quelques temps, donc je vous donne le lien : 

https://youtu.be/lN6ypUw_7gE?si=HYxqS63GHWiU9uNA

 🎤


Je ferai parfois remonter ici quelques merveilles égarées chez OB. 

    Cela vous tente de les redécouvrir  ? 

Répondez-moi en commentaires, faites moi des suggestions, vous pouvez aussi aller les chercher dans les tuyaux des souvenirs et me les proposer. 

L'adresse pour fouiner  


©Gérard Bouquin-Destal (dessin à la plume)


Dans la forêt des songes


La première page de l'Herbier 

a été publiée le 25 février 2015 sur OB


sur un dessin à la plume de Gérard Bouquin-Destal 

Vous en souvenez vous?


OB a mangé la photo 😖  mais comme elle est de la maison... 👅



 💔 Certains n'écrivent plus parmi nous   💔   

mais 

💖 beaucoup sont toujours fidèles 💖

💖


J'avais ouvert le bal. Eh oui, il fallait bien faire le premier pas !



 forêt des songes

au lointain, une fumée bleue

comme le ciel.


©Adamante


🌺🌺🌺


forêt mystérieuse

les fougères entrelacées

sculptent des idées noires


©Claudie


🌺🌺🌺


la rose s'épanouit

au milieu des herbes aromatiques

au jardin de curé


©Pimprenelle


🌺🌺🌺


tentacules blanches

le scorpion est prisonnier

de ses cauchemars


©ABC


🌺🌺🌺


La page noire...


enchevêtrement

les idées se chevauchent

jungle luxuriante


©Jill Bill


🌺🌺🌺


entre les arbres

la brume effiloche

un reste de rêve


©Martine


🌺🌺🌺


les racines du chêne

gavées des sucs de la terre

sauront la sublimer


©Marine Lou Poueyou 


🌺🌺🌺


tonalités en gris

formes des noirs

montrent le blanc


©Duc (je n'ai pas de lien blog)


🌺🌺🌺


"la vie est une rose,

je la respire et la ressens

symbole de lumière, je la partage,


espérant qu'elle nous unisse,

passant d'un cœur, au cœur de tous !"


©Line Bohn Williams  (je n'ai pas de lien blog)



🌺🌺🌺🌺🌺🌺🌺🌺🌺🌺🌺🌺





mercredi 31 décembre 2025

2026 vœux d'un tout petit peu d'humanité



Vie, santé, puissance -et non pas force-

Amour

Que pouvons-nous souhaiter de mieux pour l'humanité ?

Un peu d'humanité sans doute

Juste un tout petit peu d'humanité. 🙏

Adamante




 

Page 252



Photo Françoise Isabel




Au fil de la vie 



Petit Garçon, il se précipitait vers sa maman en s’exclamant «c’est mon anniversaire, aujourd’hui, hier, demain ?», elle lui offrait un clin d’œil attendri en souriant et il insistait « Si, oui non ou pas ?»

Au tournant de la nouvelle année, il glisse lentement vers ses cent ans. Somnolant au fond de son fauteuil il se berce de souvenirs : de l’HLM de son enfance, en passant par les vacances chez ses grands-parents dans les Montagnes du Matin, à l’Ehpad où il vit aujourd’hui, le film de sa vie se déroule dans un flou émotionnel. Il est là, il est ailleurs, bien loin du rythme de l’horloge et du temps.


Superposition
d’images de l’existence
les années s’écoulent

Hier – aujourd’hui – demain
du connu vers l’inconnu




👀
👀 👀 👀
👀



Désir de peintre



Dans cet univers magnifié par la sérénité de l'aube, les couleurs s'enlacent, s'estompent, glissent harmonieusement du ciel à la terre, de la terre au ciel. Un méli-mélo de formes, d'objets insolites presque en lévitation, de fragments de nature superposés, d'ombres et de lumière, sans frontières entre le réel et l'imaginaire.


un tour de magie
à la poursuite des reflets
désir de peintre

un semblant de vertige
ruisselle sur la ville


Le regard y cherche un début de réponse, un chemin à suivre, un secret dévoilé, entre les premières lueurs et les lumières artificielles, un cocon protégeant encore les visages ensommeillés des nuits bien trop courtes.
Comment vivra ce jour venant de naître ?
Tant de questions entre nos désirs et la réalité, la partie de hasard et celle de la chance.
Un autre monde en devenir peut-être !
Celui du bien être, de la sérénité, de la lumière, des couleurs chatoyantes, enveloppant les regards, les visages, les gestes et les coeurs avides de bonheur.


la palette matinale
sur l'éveil de la ville
la nuit apaisée

l'oiseau dans les branchages
croire au rendez-vous du jour





👀
👀 👀 👀
👀




S'émerveiller !


Quand par le jeu des reflets, le dedans s'invite dehors, diluant toutes limites, la pensée se fait vagabonde, fait un arrêt sur image devant la beauté du spectacle. Et si c'était le reflet du vrai monde, infini et lointain ? un monde à toucher du doigt dans une étrange proximité,

Brouillant les frontières
dans et hors vitres et murs
en miroir sans tain.

Dans ces jeux de miroirs, l'accueillante salle à manger a collé ses sourires et ses lumières, gommant une vue indistincte. Est-elle agréable ou triste d'ordinaire ? Peut-être un arbre dénudé. Des stores souvent baissés quand le jour se frotte à la nuit.

Par dessus, le ciel
rosissant des derniers feux
chronos abolis.

Peurs vaincues des fins du monde
dans cette pause sereine.


Tanka prose de ©Jeanne Fadosi, (avec un haïbun) vendredi 26 décembre 2025



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Un paysage insolite



À l'heure où le ciel déverse sa mélancolie sur la Ville et où les lumières de la nuit clignotent, le monde se transforme.

Sur la terrasse de la maison assoupie, le soleil s'incline, peignant le ciel de teintes violines et orangées.

Des stries de douceur
le couchant caresse la Ville
mélancolie

éclats de rêves enfouis
reflets de doux souvenirs


Une douce clarté émanant des vitres de la maison invite au rêve. Sur la terrasse, table et chaises vides scintillent, telles des éclats de mémoire. Elles semblent attendre que la soirée s'installe pour partager des rires et des souvenirs. Une silhouette suspendue dans ce tableau vivant, assise à une table, semble absorbée par ce spectacle éphémère.
Je me laisse emporter par la magie de ce moment, où le réel et l’imaginaire s’entrelacent. Les contours se brouillent, et l’appartement devient un espace de rêves, un lieu où le tangible rencontre l’invisible.Les néons-lumières de la ville contribuent à produire ces effets.

Réel et irréel
un décor surréaliste-
Fantasmagorie


Haïbun de Claudie Caratini  (avec un tanka) 

 

Pas de blog, commentaires sur cette page.


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Ambiance



Un dedans, un dehors,
Entre chien et loup
Fantomatique
Les esprits trinquent-ils
A la table des vivants...


J'ai senti leur souffle
Une présence ;
Des lueurs les emportent
Comme un OVNI
Retour vers l'au-delà...


Les arbres témoins
N'en diront mot
L'un d'eux s'incline
Soufflé par ce courant d'air
Spectral...


Deux babas au rhum
Ont-ils un super pouvoir...
J'suis encore dans la lune
En quittant ce restaurant.


Une simple vitre
théâtre insolite d'un soir
Esprit es-tu là




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👀 👀 👀
👀


Fenêtre d'entre-mondes



Le jour s'efface lentement,
glissant sur les vitres
telle une main sur la peau du souvenir.

À travers le verre,
le monde se dédouble :
Dehors les arbres nus dressent leurs bras
vers un ciel de feu.
Dedans les objets familiers s'attardent dans la lumière
comme s'ils voulaient retenir le passage.

Le reflet ne ment pas, il révèle.
Il dit l'intime dans le paysage,
le paysage dans l'intime.
Une tasse verte
Un livre ouvert
Des chaises immobiles sous une tonnelle absente.
Tout semble attendre.
Même les collines au loin semblent suspendues à ce moment
où le dedans et le dehors s'accordent enfin.

Le reflet est une mémoire sans voix,
une promesse sans lieu.
Il ne montre pas ce qui est
mais ce qui pourrait être.
Et dans cette hésitation
je me tiens entre deux mondes,
entre deux souffles.


Ciel en transparence
le ciel s'ouvre au dehors
sans franchir le seuil




👀
👀 👀 👀
👀





Le soir descend



L'heure oscille entre chien et loup.
C'est l'heure mystère !
Tout se tait.

Au delà des vitres,
Sur fond de ciel gris bleuté,
Le soleil ensanglante la nue,
Au-dessus des montagnes endormies.
Au ciel une lune factice étincelle.

À l'intérieur c'est le calme du soir.
L'ombre et la lumière s'entremêlent.
La table est mise pour deux,
Ambiance irréelle,
Dedans, dehors ?
On ne sait plus...






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👀 👀 👀
👀



Présence



Regardez ces arbres
ils ne demandent rien
ils n’attendent rien
ils sont là

Regardez ces arbres

 



Photo de Françoise interprétée par Mona et l'IA



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Métamorphose et rêvasserie



    Je rêvasse à ma terrasse. Le paysage m’est familier, tout est à sa place. L’immeuble au fond, gros cube immuable, se dresse, indifférent à mes questions. Ses fenêtres me regardent sans me voir, je fais partie de cet imbroglio qui l’entoure sans le préoccuper.

    Près de lui, se découpant sur le ciel bariolé de trainées roses, oranges et jaunes au déclin du soleil, le résineux, un pin pleureur de l’Himalaya semble-t-il, paraît comme toujours vouloir s’arracher du sol pour aller se planter plus loin. Rencontrera-t-il jamais « le déménageur de forêt » de André Hardelet qui, une nuit, sans faire de bruit, viendrait satisfaire son désir ? À peine gommé du paysage, déjà oublié, il laisserait l’observateur perplexe de n’avoir pas fait plus attention à ce qui était là la veille. Mais quoi ?

    J’en suis là de mes réflexions lorsque soudain ma vue se trouble. Une table s’invite au beau milieu de la cour, paquet cadeau avec ruban, parasol, verres et revue avec la photo du père Noël. D’autres petites choses inconnues diaprées de lumières colorées se superposent à l’image. Où se cache donc la réalité, cette dimension sans surprise et rassurante ?

    Est-ce la magie du second regard qui s’invite pour m’inciter à regarder au travers des objets afin d’y découvrir ce qui se cache derrière ce que nous appelons le réel ? Je le sais bien, la beauté ne se dévoile pas à tort et à travers, elle s’offre à qui ne la cherche pas, au hasard de l’abandon à l’instant qui passe sans passer, comme un point d’orgue se pose sur la partition de nos vies.


métamorphose
il n’est aucun paysage figé-
distraction


Haïbun 28 décembre 2025 ©sacem

 Adamante Donsimoni

Œuvre :   METAMORPHOSE ET REVASSERIE
ISWC :   T-337.519.586.7

 

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