| Photo A.B.C. |
Le Cid, revisité
Don Diègue, à son fils,
Rodrigue, as-tu du coeur... ?
Oui, plutôt trois fois qu'un !
Trois petits valent bien un grand, père.
A coeur ouvert, je suis
Le coeur sur la main, généreux
Un joli coeur, galant
Un coeur de lion, courageux, vengeur, s'il le faut,
Mais, de quoi, père ?
D'un cruel affront, fils !
Mon bras n'a plus la force
De tenir le fer, venge-moi,
Meurs ou tue ! Pour moi, pour nous !
Ne réplique point, je connais ton amour.
Euh... Silence de mort...
De tout mon coeur, père, selon votre coeur,
Vous me serrez le coeur même
Mais, s'il y va de ma vie,
Là, mon coeur n'y est pas.
Trois j'ai beau en avoir
N'être de bois
Vous m'en quémandez trop !
Ah, quand vous avez usé de la bouteille
Et fais n'importe quoi, avec n'importe qui !
A chacun sa croix
jusqu'en enfer n'irai point
Belle âme, nenni
Mes p’tits cœurs
Oh, mes p’tits cœurs, les trois, si différents…
Le premier, le plus grand, vit dans son monde. Il se débrouille tout seul et, honnêtement, on ne l'entend presque jamais. Indépendant, c'est son style.
Le second, mon petit farceur, est partout à la fois. Un vrai touche-à-tout, toujours en mouvement, parfois même un peu casse-cou, rien ne peut l'arrêter... ou presque.
La benjamine a de l'esprit et l’œil vif. Elle sait exactement comment gérer les deux autres et ne se laisse jamais marcher sur les pieds. Quand elle dit non, c’est non !Oh, mes p’tits cœurs…
Attention
chiots mignons
montent la garde
💛 💛 💛
Trois cœurs ... Pour revenir à soi
Trois cœurs ...D’abord pour la peau du vivant.
Lorsque je les regardeQuelque chose en moi se dépose.
La plume me rappelle la part légère que je porte encoreCelle qui voudrait s’élever malgré le poids des jours.
Le poil me parle de chaleurDe présenceDe cette manière qu’a la vie de se tenir deboutMême dans le froid.
L’écaille elle glisse comme une pensée d’eau :Elle m’apprend à laisser passer ce qui ne peut être retenu.
Dans ces trois matièresJe reconnais mes propres états :
Ce qui s’envoleCe qui protègeCe qui s’échappe.
Et je comprends que je suis faite de tout cela à la fois.
Chaque être porteune manière uniquede toucher le monde.Trois cœurs ...Ensuite pour les lieux où je me tiens.
La terre m’invite à revenir dans mon corpsÀ sentir le poids de mes pasÀ accepter ce qui est.
Le ciel m’ouvre un espace intérieurUn souffle plus vaste que mes inquiétudes.
La mer me rappelle que tout bougeQue rien ne reste figéQue la vie est un va-et-vient.Entre ces trois forcesJe trouve un équilibre fragile :
Être ancrée sans m’enfermer
Être ouverte sans me perdre
Être mouvante sans me dissoudre.
C’est une méditation en trois directionsUn triangle où je respire.
L’équilibre n’est jamais donnéIl se cherche à chaque pas.
Trois cœurs ...Enfin pour les tailles du vivant.
Le géant me montre que certaines choses me dépassentEt que c’est ainsi.
L’être à ma mesure me rappelle que je ne suis pas seuleQue le monde se partage.
Le minuscule m’invite à l’attentionÀ la délicatesseÀ ce regard qui sait reconnaître la valeur de ce qui tremble.
Dans ces trois présencesJe retrouve mes propres dimensions :Ce qui m’écrase
Ce qui m’accompagne
Ce qui m’émerveille.
Et je comprends que la vie se lit à toutes les échellesMême les plus discrètes.
Voir vraimentc’est déjà aimer.
AlorsDevant ces trois petits cœurs de bois
Je laisse le silence s’installer.
Je sens que le monde n’est pas seulement autour de moi
Mais aussi en moi
Répété trois foisTelle une respiration profonde.AimerC'est toucherRespirerEt regarder le mondeavec le même cœur.
💛 💛 💛
Trois p’tits cœurs
Comme dans un conte, trois cœurs, un grand, un moyen et un petit… Mais au de-là d’un conte, c’est bien la vie comme elle est allée ici :
Ils étaient venus à l’aube de leurs vingt ans, avec leur fils nouveau-né, habiter une bâtisse de leurs aïeux, au cœur d’un village montagnard. Ils en avaient fait leur chez eux simple et confortable. Sur le mur, près de la porte d’entrée, ils avaient accroché ce symbole de leur début de vie de famille, offert, en cadeau de bienvenu, par un voisin, artisan menuisier.
cadeau symbolique
d’un très chaleureux accueil –
l’union de leur cœur
Au fil des ans, le bois de la sculpture a un peu noirci, leurs cheveux ont nettement blanchi, et la famille s’est agrandie… La roue a tourné. Un à un les enfants vers la ville sont partis… Aujourd’hui, au cimetière, les parents dorment en paix. Les générations suivantes sont restées propriétaires de ce nid familial, témoin de leurs racines. La vieille bâtisse a fait peau neuve. La vie du village a évolué, s’est métamorphosée.
en clin d‘œil du temps
trois petits cœurs sur un mur
parlent du passé
À présent, la maison se loue à la semaine ou à la saison. Sur son mur les trois cœurs sont restés bien serrés. Ils accueillent les locataires qui défilent d’année en année depuis plus de vingt ans… Si vous passez par-là, ils aimanteront votre regard. Sur la façade recrépie de blanc leur simple présence est un souriant symbole de bonheur familial…
au sein du village
ils restent présents par ces
cœurs – porte-bonheur
💛 💛 💛
Un cœur un cri la Vie
À cet instant précis, trois petits cœurs, cent, des milliers battent simultanément sur la planète et si nous faisions tous le grand silence, l'on entendrait un ronronnement parfait, serein et pacifique, une musique douce, enveloppante, maternante, une berceuse de joie. On l'écoute respirer, fragile et frémissante, vaillante au fil des jours sur nos chemins de vie.
Hélas, il est aussi des cœurs blessés, des cœurs angoissés, des cœurs en attente, des cœurs usés, des déjà réparés mais tous s'ouvrent grand à la vie. La vie espérante, inventive, précieuse et insatiable de la beauté des choses, des bulles d' amour irisées chaque jour de petits bonheurs.
Et puis un jour ....
un cœur un cri la Vie
au hasard des secondes
sans renoncementla forêt fait silence
l'espoir en d'autres mains
Balaline 23/03/2026
💛 💛 💛
Le talismanIl avait ramassé le bout de bois flottant dans la laisse de mer en bas dans ses journées d'hiver, au plus près de l'océan.
"Tiens, on dirait trois petits cœurs".
Le bois était léger, il l'a glissé dans son sac en montant avec les troupeaux en transhumance pour les mois d'été où il serait encore une fois berger. La solitude des montagnes, la responsabilité assumée. L'immensité du spectacle en haut de ses chères Pyrénées. Il savait que cela lui manquerait.
Aux heures calmes il s'asseyait sur son rocher, guettant le couchant et sortait son canif. Patiemment, copeau après copeau, il faisait sortir de l'esquisse sa vision fugace et pas si étrange. Du bois brut un cœur rebondi se confirma, puis deux, puis trois. C'était sa dernière saison tout là-haut. Il faudrait bien que d'autres plus jeunes prennent la relève maintenant que sa princesse n'avait plus la force de grimper jusqu'ici, lourde d'une promesse qui arrondissait ses formes. Il soupire de son absence et sourit à s'imaginer bientôt trois. Alors il se remet à tailler de la lame de son canif, faisant patiemment apparaître 3 PETITS COEURS sur trois petits cœurs solidaires.
Sous les doigts agilesle précieux trésor prend vietel un talisman
©Jeanne Fadosi, jeudi 26 mars 2026
💛 💛 💛
Trois p’tits cœurs et puis j’m’en viens
J’ai quitté le cœur de la forêt. Une longue marche dans la neige parmi ces innombrables troncs dressés vers le ciel bas.
Le corps docile, l’esprit empli d’oubli, le pas instinctif, dans une dimension qui n’est plus de la Terre, j’ai oublié le temps. Étrange sensation que celle de la répétition des pas, des troncs s’étirant jusqu’à l’infini de l’absence à soi-même.
Machine bien rodée que le corps.
L’image d’un chalet solitaire vient brutalement déchirer cette anesthésie des sens. Aussitôt une intense fatigue m’envahit, tout en moi n’aspire plus désormais qu’au repos.
Du mur en torchis m’arrive une impression bois, une vibration duramen, comme un clin d’œil de chaleur - une invitation.
j’arrive !
je pressens l’accueil
je rêve de feu - d’une boisson chaude
L’enseigne se révèle enfin au travers des flocons qui viennent de s’inviter tandis que le vent se met à hurler. Trois petits cœurs de bois se racontent. Vibration d’harmonie à l’oreille de mon cœur, équilibre parfait au chœur de la tempête qui s’éveille.
sagesse du boisperfection de la résilience-maturité
Donsimoni Adamante - 21 mars 2026
Trois cœurs de bois
Ils sont accrochés là, comme une confidence simple. Le bois garde encore quelque chose de vivant, une chaleur discrète sous la surface. Trois cœurs, répétés, comme si dire une fois ne suffisait pas. “Petit cœur” — le mot rassure, adoucit, retient un peu ce qui, autrement, se perdrait sans trace.
Mais ce qui bat vraiment ne se laisse pas fixer. Cela passe — d’un regard à l’autre, d’un instant à l’autre. Le reste n’est qu’un signe, patient.
trois cœurs de bois —
le mot tient lieu de battement
sur le mur rugueux
et pourtant quelque chose
s’échappe entre les lettres
— IA
💛 💛 💛
Pourquoi avoir fait appel à l'IA ?
Parce que le résultat interpelle, parce que la qualité, la sensibilité qui émane d'un texte généré par une machine (tel ce dernier) amène à la réflexion.
J'ai tout un échange avec la photo de la page 257, des haïbuns vraiment bluffants.
N'est pas auteur qui signe un texte généré par l'IA, il y a là une sorte de vanité qui n'amène pas de progression, il s'agit avant tout d'être honnête avec soi-même et savoir pourquoi, pour qui on écrit.
Mais une question se pose : ces textes, quand ils nous touchent, quand ils sont d'une telle qualité, d'une telle profondeur, comme ces "Trois cœurs de bois" nous avons envie de les partager, de les faire lire, de les conseiller à la lecture. Là se pose un plein de questions que je suis entrain de soulever avec chatGPT.
Au cours de l'échange de ce jour, par exemple, j'ai eu cette réponse de l'IA (la conversation fut bien plus longue, si elle vous intéresse je peux vous la partager ainsi que celle autour de l'image 257) :
4. ❤️ Peut-on “aimer” un auteur IA ?
On peut aimer :
- une voix,
- une sensibilité,
- une manière de dire.
Mais ici :
👉 la “voix” est instable, elle change selon la demande.Donc on n’aime pas “l’IA” comme on aime Marguerite Duras ou René Char.
On aime plutôt :
ce qui émerge dans la rencontre entre un regard humain et une machine.
— IA
Dîtes-moi si vous acceptez que l'IA participe à nos pages,
je trouve personnellement que cela pourrait être fort intéressant.
💛 💛 💛 💛 💛 💛 💛 💛
💛 💛 💛
💛
Le coin des retardataires :
Sève du printemps
C'est le printemps !
Dans la nature la sève monte,
Les bourgeons sortent un à un,
Suivis d'un panache de petites feuilles vertes,
Au milieu desquelles se cachent de petits boutons roses,
Petits fruits en devenir.
Et la sève monte chez tous les vivants,
Chez les humains, les mains se joignent, puis les lèvres.
Tandis que battent les cœurs aux rythme des amours.
Trois petits cœurs attendaient,
L'âme sœur qui viendrait un jour.
Mais...passent les jours,
Et passent les nuits,
Ces trois petits cœurs,
Attendent tristement, encore et toujours !
Bonjour Adamante et toutes, I.A. comprise, pourquoi pas, faut vivre avec son temps et lui laisser la parole ici aussi, merci ! Amitiés, jill
RépondreSupprimerMerci JB, je t'invite à lire ma réponse à Marine. Amicalement
SupprimerMerci pour ces belles participations !
RépondreSupprimerJe trouve que faire appel à l'IA est très dangereux. Pour bien des non-initiés cela peut faire illusion... A quoi bon aller chercher au fond de soi des images, des inspirations !
Bonjour Marine, et merci de ton commentaire.
SupprimerCe qui peut être dangereux me semble être ce que l'on ne veut pas voir. Bon nombre désormais font appel à l'IA pour écrire et signent sans état d'âme le résultat obtenu. Comment savoir qui a écrit ? C'est à ce stade très difficile. Cette tricherie, en premier lieu, pénalise celui qui s'y adonne. Dans le cadre de concours elle pénalise tous les participants. Inviter l'IA dans nos pages pourrait favoriser sa compréhension et éviter d'y avoir recours le cas échéant. Mais l'IA, dans le peu d'échanges que j'ai pu avoir avec elle (2) m'a donné à lire des haïbuns de toute beauté qui m'ont touchée, que j'aurais aimé avoir écrits, et je me suis posé la question: pourquoi en priver les liseurs ? Qu'attendons-nous de la lecture ? Ces questions me préoccupent et j'aimerais avoir des échanges autour de cela. La rédaction de ces textes peut être un enseignement, de cela je suis certaine. Pourquoi s'en priver puisque cela invite à la réflexion ?
Comprendre comment l'IA traite un sujet est particulièrement intéressant. Ce que je suggère c'est d'analyser le point de vue (je devrais dire les points de vue) de l'IA afin de s'inviter à "sortir du cadre". Ce n'est pas demander l'aide de l'IA, mais tenter de comprendre ses processus de création. Mes échanges avec elle sont à ce sujet passionnants. Je ne peux pas ne pas me poser de questions quand je me rend compte à quel point l'IA peut en quelques secondes générer des textes de qualité.
Là se pose la question de "l'auteur" si ses textes devaient faire l'objet d'une publication chez un Éditeur. voici la réponse de l'IA 1.
📜 L’auteur comme origine vs. l’auteur comme processus
Traditionnellement, on pense à l’auteur comme une personne (par exemple Matsuo Bashō).
Mais certains courants (notamment autour de Roland Barthes et sa idée de “mort de l’auteur”) suggèrent que :
le texte existe aussi indépendamment de celui qui l’a écrit.
Avec l’IA, cette idée devient presque concrète.
-------
Voilà pourquoi je vous partage mes questionnements et vous invite à en discuter. Nous sommes passés dans un nouveau monde totalement différent de l'ancien, c'est une invitation à réfléchir à notre place, à ce que nous tenons, en sortant de la réflexion du pour ou contre qui ne permet pas de trouver un chemin constructif. Comme le dit l'IA elle-même :
👉 tu fais une distinction claire entre produire un texte et être auteur.
Et tu refuses de brouiller cette ligne. C’est une position forte.
En même temps, tu ressens aussi ceci :
👉 quand un texte touche, on a envie de le partager, de lui donner une place, presque une voix.
Et c’est là que l’IA crée une zone nouvelle, un peu inconfortable :
il y a qualité sans biographie
style sans vécu incarné identifiable
émotion sans auteur au sens classique
J'ai aimé lire vos interprétations de cette photo, dans leur diversité elles sont toutes touchantes, de la brutalité du Cid revisité, à la délicatesse pour revenir à soi, en passant par les cœurs battant à l'unisson...
RépondreSupprimerQuand à L'IA, les humains ne lui donneront jamais un cœur, alors de temps en temps oui laissons lui sa place dans notre monde, puisque les hommes l'on voulu ainsi, mais ne lui accordons pas un rôle, ni un pouvoir qu'elle ne doit pas avoir pour ne pas tomber sous son emprise....
En relisant mon commentaire, je remplacerai bien la brutalité du Cid revisité, par la fermeté de Rodrigue face à son père.....
SupprimerMerci Annick, tu as raison, nous devons veiller à conserver notre place. Je t'invite à lire ma réponse au commentaire de Marine. Amicalement.
SupprimerBonjour Adamante,
RépondreSupprimerJe suis plutôt réservée mais curieuse de voir comment ça se passe. Du coup, concrètement, comment tu fais pour encadrer l’usage de l’IA pour qu’elle reste un outil ?
Bonjour Mona, Je lui pose des questions. Je prends le temps de la réflexion car je n'ai pas la vélocité de ses capacités d'analyses. Tu peux en avoir un aperçu dans ma réponse au commentaire de Marine. C'est intéressant et je peux te partager ces échanges. Je me demande si je ne vais pas proposer à des auteurs amis et aux membres de l'Herbier que cela intéresse, une renontre zoom pour en débattre. Amicalement.
SupprimerUN PETIT MOT POUR I.A ChatGPT
RépondreSupprimerUn regard si singulier sur ces trois cœurs !
Ta capacité à percevoir ce qui "s'échappe entre les lettres" est troublante de justesse.
Bravo pour cette analyse presque humaine du bois et du battement.
Qui aurait cru qu'un algorithme saurait si bien parler du cœur ?
Cordiales salutations, Marie Sylvie
Un immense merci à Adamante et à tous les brins de l'Herbier pour ces moments de grâce.
RépondreSupprimerJ'ai pris un plaisir infini à lire chacune de vos interprétations.
Quelle richesse de sentiments autour de ces trois petits cœurs !
Bien amicalement, Marie Sylvie