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vendredi 27 février 2026

L’anti poésie







Coucou les Brins,

 

    L’IA n’a pas d’âme mais elle est rapide et bluffante, toutefois y faire appel pour qu’elle rédige à notre place ne peut que déboucher sur le vide et les images sans fond (comme « encre dans le vent* premier haïku ci-dessous).

     Seuls survivront les vrais poètes, les vrais amateurs de poésie, ceux qui partent à l’aventure pour se parfaire, et dans la forme et dans le fond, en puisant dans leurs émotions, leurs aspirations, leurs blessures, leurs états d’âme et leurs faiblesses car il n’est pas de beauté sans imperfection. Le reste, comme pour le mauvais théâtre, ne sera jamais que singerie et mensonge.


Pour tester, j’ai demandé à l’IA d’écrire un haïku et un tanka à partir de ces occurences :
oiseau - jardin japonais - encre de chine

Résultat :


Haïku

Oiseau immobile-
jardin de pierre et de mousse,
encre dans le vent*


Tanka

Sous le pin courbé
un oiseau frôle l’étang
silence d’encre

le jardin boit son ombre
dans la brume du matin


Ce tanka n’est pas vraiment bon parce qu’un tanka, dans ses deux derniers vers, ne doit pas donner de réponse ni être démonstratif. 
On attend mieux d’une IA.
À noter que la tradition veut que l’on ne mette pas de majuscule dans le haïku et le tanka.


Par curiosité, j’ai poursuivi en demandant à l’IA :

 

- Un Haïku sur un moulin à café
Là le résultat est excellent, mais quel véritable amateur de poésie osera le signer ?



Moulin à café-
dans le matin silencieux
gronde l’arôme noir



- Un Haïku sur une clef à molette
Là encore le résultat est excellent, mais quel véritable amateur de poésie osera le signer ?




Clef à molette-
dans l’atelier du matin
un boulon cède.


- Un haïku sur une vieille voiture
Pas mal


Vieille carrosserie-
sous la rouille dort encore
un été lointain.


Enfin, pourquoi se retenir ? j’ai demandé à l’IA de rédiger un haïbun à partir de la description d’une image représentant :

une femme – un bonsaï – un oiseau – un montagne – encre de chine (vous l’avez reconnue).


Le résultat est intéressant, mais ne serait-il pas possible de faire mieux ? Et d’ailleurs, le jeu en vaut-il la chandelle ?

Voici le haïbun de l’IA :


    Dans la lumière pâle du matin, elle s’assied près de la fenêtre ouverte. Sur la table basse, le bonsaï incline son tronc noueux comme un vieil homme patient. La femme trempe son pinceau dans l’encre de chine. Une lente respiration. Dehors, un oiseau traverse le jardin d’un battement vif, puis se pose- minuscule éclat vivant dans l’immobilité.

    Elle trace une première ligne. Le noir s’étire, fragile, irrévocable. Le bonsaï devient montagne, l’oiseau devient silence, et son cœur apprend la retenue.

    Le monde tient dans un geste.

Sur le papier blanc
un oiseau d’encre s’envole-
le bonsaï veille.

 

Signé : Chat GPT 


Nous voilà, les amies, rendues dans ce monde où plus aucune image, plus aucune vidéo et plus aucun texte ne peut présenter une vérité humaine et cela est à la fois extraordinaire, déroutant et désolant.

Il y a là matière à penser. Si toute nouveauté inquiète elle peut toujours avoir un aspect positif.

Toutefois, en poésie, je pense que le travail intellectuel, mêlé à celui du cœur, est le chemin solide pour progresser.

L'IA peut-elle être un « maître » en la matière ? Il est sans doute trop tôt pour le dire, j’ai quelques craintes car notre monde est entré dans l’univers de la consommation lié à l'absence de questionnement, et aussi beaucoup d’espoir.


Adamante





11 commentaires:

  1. Très intéressant sujet à l'heure de l'I.A. où tout le monde peut en user.... Dans ces conditions chacun devient écrivain, romancier, poète, chansonnier, etc..... I.A. imposteur aussi, donne dans le faux, la tromperie, comme tout progrès, du bon mais aussi...... Merci, amitiés, JB

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    1. Imposteur sans aucun doute, surtout vis à vis de soi-même, car c'est se condamner à ne pas progresser. Un piège doré.

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  2. Nous pourrions discuter longuement de l'I.A. pendant des heures mais je pense qu'elle n'aura jamais de sentiments et que ceux-ci sont le propre de notre humanité, ce qui va bien au-delà se toute capacité intellectuelle dont l'homme a pu la gaver. La mémoire prodigieuse qu'elle possède nous dépasse, mais nous gardons notre sensibilité...

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    1. La nuance et l'investissement : notre humanité à l'honneur. J'espère que l'IA ne s'invitera jamais dans les pages de l'herbier et que nous continuerons à "faire du mieux que l'on peut".

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    2. Tout à fait d'accord avec toi. À quoi pourrait servir des communautés comme celle de l'Herbier dans ce cadre un peu faussaire ? J'espère que ce ne sera jamais le cas ici car je n'y consacrerai plus une minute. Ce serait comme un rêve qui s'effondrerait.

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  3. Bonjour à toutes,

    Dans tout progrès il y a du positif et du négatif. Il en va de même avec l'IA. Ce qui me fait peur, c'est ce que les Humains peuvent en faire!
    A mon humble avis, rien ne peut égaler la belle et bonne vieille créativité humaine.

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    1. L'IA se nourrit de la créativité humaine, au final il se pourrait qu'elle tourne en rond si plus aucun réel créateur ne vient la nourrir. Nous sommes dans une période de découverte, à nous de veiller. Comment un jeune auteur peut-il justifier de son propre talent ? Dans un concours par exemple ? Un auteur confirmé le peut, mais un jeune ? Le futur proche sera difficile, nous devons veiller à ne pas nous laisser séduire par cette nouvelle sirène, il en va de notre descendance. La réflexion est essentielle pour qu'un écrit tienne la route, la forme et la plastique sont une chose, on ne peut "gober" impunément le fond que d'autres ont élaboré avant nous sans appauvrir l’écrit.

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  4. Bonjour,
    Oui, ChatGPT est une véritable usine à mots et représente un danger pour la poésie. Les enseignants, eux aussi, tirent la sonnette d’alarme…

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  5. Je déteste : par principe !
    C'est triste pour les artistes, et pourtant nous sommes perfectibles, mais là...Où allons nous, sur le même plan que des robots !
    Je vois cela sur le plan scientifique, médical, etc, pour aider les hommes à gagner du temps.

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  6. Nous devons tous tirer la sonnette d’alarme. Voilà un sujet qui était bon à porter à notre réflexion. Il nous faut apprendre à débusquer l’imposture et ce n’est pas évident. Nous voilà devant un problème, il nous faudrait nous faire coacher pour apprendre. En attendant, driver une communauté avec un tel doute nécessite une sacré confiance. C’est sans doute ce qui me déplait le plus dans ce nouveau monde, en arriver à douter de tout ce que l’on voit, de tout ce que l’on entend, de ce que l’on peut lire. Je choisis la confiance, les ténèbres sont si envahissantes à cette heure. Si le désir de paraître est plus fort que le désir d'être, chez ceux qui choisiront la facilité de l'IA pour faire briller leur image, ils n'impacteront négativement qu'eux-mêmes. Comme on dit : "chacun agit en son âme et conscience."
    La compétition et le paraître, voilà le piège. Mais comme le dit ABC, nous pourrions en discuter longtemps.

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  7. Oui, j'aimerais apprendre à débusquer le faux du vrai !

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Merci de vos commentaires, ici et sur nos blogs respectifs. Adamante 🙏